Les Fables
Parution en 2012
Texte lu par onze sociétaires de la Comédie-Française
Durée 1 h 12
CD : 7 Euros que l’on peut commander sur le site www.epmmusique.fr
(Edition intégrale parue en 1971, en Livre de Poche, 544 pages)
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Thème
La Fontaine fait parler les bêtes pour mieux pointer les failles humaines. Il scrute les travers de l’homme - orgueil, hypocrisie, cupidité - sous couvert de moralité et d’animaux bavards. Une leçon d’humanité sous forme de petits récits qui n’ont rien perdu de leur mordant.
Points forts
Une langue limpide, rythmée, poétique : La Fontaine manie l’alexandrin comme une lame : souple, précise, jamais pompeuse. On entend les dialogues, ça trotte, ça claque, ça chante, ça cogne. La musicalité de cette langue séduit d’abord l’oreille… puis frappe l’esprit.
Une ironie subtile : partout, mais jamais appuyée, elle fonctionne par décalage entre le ton léger de la forme et la gravité du fond. Dans Le corbeau et le Renard, le ton est badin, mais la leçon cruelle : il suffit d’un peu de flatterie pour manipuler n’importe qui, surtout les puissants ou les vaniteux. Les fables font sourire, mais un sourire un peu crispé, quand on comprend qu’on en est peut-être la cible.
La portée politique : sous leurs airs inoffensifs, La Fontaine montre comment le pouvoir écrase les faibles, comment la justice penche toujours du côté du plus fort, comment l’hypocrisie sociale devient une stratégie de survie. Le Loup et l’Agneau, c’est une caricature du procès truqué. Le Lion et le Rat, une leçon sur l’utilité des alliances inattendues. Les Animaux malades de la peste, un procès politique où les puissants s’en sortent, et les faibles paient pour les autres. Trois siècles plus tard, les rôles ont changé, pas les règles du jeu.
Quelques réserves
Une langue vieillie : certains mots ou expressions, inusités depuis, comme « son soû, reliefs d’ortolans, tenir chapitre...» peuvent rebuter les jeunes générations, voire induire des contre-sens. En effet, ma fille avait compris « achevons notre rôt » comme un problème d’éructation interrompu et non comme un repas à terminer !
Encore un mot...
On a eu tort d’enfermer La Fontaine dans les cartables. Ce n’est pas un poète pour enfants, c’est un sniper en vers. Derrière chaque fable, il tire sur les puissants, les lâches, les vaniteux - et souvent sur nous-mêmes. Il est temps de le lire pour ce qu’il est : un maître en ironie sociale, pas un décor de salle de classe. Ne faut-il pas avoir vécu pour apprécier le quatrain :
“ Ne faut-il que délibérer,
La cour en conseillers foisonne ;
Est-il besoin d'exécuter,
L'on ne rencontre plus personne.”
Une phrase
“ Un Chat, nommé Rodilardus
Faisait de Rats telle déconfiture
Que l'on n'en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.”
L'auteur
Jean de La Fontaine (1621-1695) est bien plus qu’un fabuliste. C’est un observateur acéré de la société de son temps, à la fois moraliste, libertin, et poète. S’il emprunte à Ésope et à Phèdre, il insuffle à ses textes une ironie toute française et une critique sociale qui traverse les époques. Sous ses airs de conteur, il cache un penseur libre, critique, et un styliste hors pair.
Les lecteurs :
Ces trente-huit fables sont interprétées par onze comédiens chevronnés à la diction parfaite : Jean Piat, Berthe Bovy, Béatrice Bretty, Gisèle Casadesus, George Chamarat, Jacques Charon, Mony Dalmès, Denis d’Inès, Robert Manuel, Hélène Perdrière et Louis Seigner.
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