Madame Sourdis
Texte lu par Bernard Petit
Durée 1 h 1
7,90 euros en téléchargement
(Edition brochée, première parution (posthume) en 1929 chez Fasquelle 48 pages)
Infos & réservation
Thème
Nul besoin de gravir les sommets des Rougon-Macquart pour goûter au brio de Zola. Avec Madame Sourdis, le lecteur découvre en moins d'une heure une nouvelle d'une remarquable efficacité. Sous l'apparente simplicité de l’intrigue se déploie une réflexion subtile sur la peinture, le génie, le travail dans l'ombre et les équilibres fragiles du couple
Points forts
L'évolution des personnages : Le couple Sourdis se transforme selon un mouvement aussi progressif que inexorable. Adèle, d'abord reléguée à un rôle effacé, apparaît comme une femme de patience, de travail et de détermination. Son ascension contraste avec le déclin de Ferdinand. Ce dernier, ancien surveillant de collège, semble pourtant doté de dispositions prometteuses. Peu à peu gagné par l'oisiveté et la dissipation, il renonce aux efforts qu'exige toute œuvre ambitieuse.
Une réflexion sur le couple : Si Adèle semble, dans les premières pages, animée par un amour sincère et admiratif pour son mari, ses sentiments se transforment au contact du réel. Naît alors une forme d'association fondée sur l'habitude, l'intérêt mutuel et les compromis. Adèle ferme les yeux sur les écarts de conduite de Ferdinand ; en retour, celui-ci lui abandonne tacitement la réalisation d'une partie croissante de sa production, tandis qu'il lui prête son nom et sa renommée.
Quelques réserves
Fiction ou réalité ? De nombreux commentateurs ont ainsi rapproché Madame Sourdis de la situation d'Alphonse Daudet et de son épouse, dont l'implication dans le travail de son mari était connue de leur entourage. À l'image d'Adèle Sourdis, elle participait activement à la création littéraire, sans pour autant bénéficier de la même reconnaissance publique. Un siècle plus tard, cette controverse semble s'être largement dissipée.
Encore un mot...
Une adaptation à redécouvrir. Disponible sur le site de l'INA, ce téléfilm éponyme, réalisé en 1979, restitue avec justesse l'atmosphère de ce bref récit. Portée par l'interprétation remarquable de Nathalie Baye, Pierre Clémenti et Michel Auclair, cette adaptation permet de redécouvrir sous un autre angle les thèmes centraux du texte. Quelle que soit la porte d'entrée choisie, la lecture ou l'écran, on trouvera dans cette histoire une richesse qui justifie pleinement le détour.
Une phrase
“Tous les samedis, régulièrement, Ferdinand Sourdis venait renouveler sa provision de couleurs et de pinceaux dans la boutique du père Morand, un rez-de-chaussée noir et humide, qui dormait sur une étroite place de Mercoeur, à l’ombre d’un ancien couvent transformé en collège communal.”
L'auteur
Émile Zola (1840-1902) fut le chef de file du naturalisme, ce courant qui ambitionnait de peindre la société avec la précision d’une enquête scientifique. Son engagement ne fut pas sans conséquences. Longtemps, on crut à la mort accidentelle de Zola. Aujourd’hui, certains historiens accréditent l’hypothèse d’un assassinat commis par un antidreyfusard.
Le lecteur :
La version audio de Madame Sourdis doit également beaucoup au talent de son lecteur, Bernard Petit. Après avoir exercé dans le secteur social durant de nombreuses années, il s'est réinventé dans l'univers de la voix-off, où il a su mettre à profit les qualités d'expression et de sensibilité acquises au fil de son expérience professionnelle. Sans jamais surjouer les émotions, il laisse toute sa place à l'écriture de Zola.
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