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Le sixième sommeil

Peut faire beaucoup mieux
De Bernard Werber
Editions Albin Michel

Lu / Vu par

Serge Bressan
Publié le 12 jan . 2016

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Au départ, une belle proposition: « Imaginez que vous puissiez revenir vingt ans en arrière et retrouver, en rêve, la personne que vous avez été plus jeune. Imaginez que vous ayez la possibilité de lui parler. Que lui diriez-vous ? » 

Donc, tout commence avec l’Acte 1 : Apprenti dormeur. On est embarqué dans le monde de Jacques Klein. On le découvre dans un de ses rêves alors qu’il a 28 ans: il rencontre un homme qui a quelques cheveux gris et le visage marqué par quelques rides et qui lui ressemble étrangement; il dit s’appeler Jacques Klein (comme lui) et avoue son âge : 48 ans. Le commun des mortels, à ce sujet, évoquera un phénomène extraordinaire ou encore paranormal. Pas Jacques Klein parce que, lui, il a créé une façon de se transporter dans le temps, de figurer dans ses rêves de jeunesse. Mais il faut aussi savoir que le jeune homme, en son plein arbitre, peut à tout moment et s’il le veut changer le cours de la vie à venir…

Points forts

- Après Les Fourmis - la saga au succès mondial, et Les Thanatonautes, dans un voyage de Paris à la Malaisie, Bernard Werber plonge dans le monde du sommeil. Il y a, dans ce Sixième sommeil, la science, l’ésotérisme, le temps, la psychanalyse et la médecine. « On passe, en moyenne, trente ans de notre vie à dormir et sept à rêver, confie le romancier. Pourtant, le sommeil et les rêves restent très mystérieux. Comme un continent mal exploré. Qu'est-ce qui se passe vraiment lorsque l'on rêve ? Et pourquoi rêve-t-on ? »

- En bon journaliste scientifique qu’il a été, Bernard Werber nous raconte le sommeil. Il le décompose en six phases : assoupissement, sommeil léger, sommeil lent, sommeil très profond, sommeil paradoxal… et, phase 6, le sixième sommeil. Celui de tous les possibles. Celui où arrive le Jacques de 28 ans guidé par le Jacques de 48 ans pour retrouver Caroline Klein, sa mère neurophysiologiste de renom qui a étudié les cinq premiers stades du sommeil, et qui affirmait : « C'est un domaine dans lequel nous sommes tous égaux. Face au sommeil, les riches et les pauvres, les gagnants et les perdants, les beaux et les laids, les mariés et les célibataires sont sur le même oreiller récalcitrant ».

- La présentation des Senoïs, cette tribu de Malaisie qui maîtrise le rêve lucide mais qui est en voie de disparition (conséquence de la déforestation massive) et dont les membres savent comment atteindre ce fameux « sixième sommeil. Celui de tous les possibles ».

Points faibles

- Depuis ses premiers succès, Bernard Werber est critiqué pour la faiblesse de son style, ce qui n’est pas toujours justifié. Mais cette fois, dans « Le sixième sommeil », il donne vraiment la sensation de pêcher par facilité. A aucun moment, dans ce livre de plus de 400 pages, ne surgit la moindre fulgurance stylistique.

- L’écriture  est simple, pour ne pas dire simpliste.

- Le principe de « philosophie-fiction » que met en avant Werber pour définir ses écrits mais qui, dans ce roman, semble prétexte à quelques fantaisies scientifiques.

En deux mots ...

Le roman d’un double voyage : dans le temps, vingt ans en arrière; et sur terre, dans la tribu des Senoïs, en Malaisie. Pour (tenter de) parvenir à ce fameux sixième sommeil de tous les possibles et rappeler que le rêve est une activité fondamentale du cerveau, et essentielle pour l’équilibre psychique.

On reste sur sa faim.

Une phrase

« A 8 ans, les étagères de Jacques Klein étaient remplies de coquillages bizarres et de bonzaïs tordus. Son père ne se contentait pas de lui offrir ces mini-sculptures marines, il tenait aussi à lui en expliquer la nature ».

L'auteur

Né le 18 septembre 1961 à Toulouse, Bernard Werber est romancier. Enfant, il voulait devenir dessinateur professionnel. Il débute dans le monde du travail comme journaliste scientifique au « Nouvel Observateur » et connait le grand succès dès son entrée dans le monde des livres avec sa trilogie des « Fourmis » dont le premier tome est paru en 1991. Traduit dans une trentaine de pays et un des auteurs les plus vendus en France, Bernard Werber, qui aime définir son style comme de la « philosophie-fiction », a également réalisé un film, « Nos amis les Terriens », en 2007.  « Le sixième sommeil » est son 17ème livre, auquel il faut ajouter 14 recueils de nouvelles, 8 bandes dessinées, 2 pièces de théâtre et 6 « livres expérimentaux »...

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