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BOREALES

Un panégyrique parfois excessif mais subtil et convaincant
De Olivier BARROT
Gallimard 96 p.

Lu / Vu par

Jean-Pierre Tirouflet
Publié le 08 oct . 2019

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Dans la lignée des écrivains voyageurs, Olivier Barrot nous emmène cette fois-ci en Suède, dans un petit opuscule intitulé, bien entendu, Boréales, et publié dans la collection blanche de Gallimard. C’est l’occasion pour l’auteur d’illustrer sa passion pour la Suède dont il décrit plusieurs facettes, et surtout pour le cinéma suédois, notamment Ingmar Bergman qu’il révère.

Points forts

Pour ceux des lecteurs qui n’auraient qu’une connaissance lointaine de la Suède et de son histoire, Boréales constitue une introduction utile pour combler cette lacune. Olivier Barrot connaît manifestement bien son sujet ; mêlant des notations personnelles avec ce que doit contenir un bon dépliant touristique, il peut espérer convertir un homme du Sud aux charmes de ce paradis du Nord. Il fait étalage d’une culture assez étendue, de la gastronomie au cinéma.

C’est d’ailleurs sur ce dernier domaine qu’il est le plus convaincant et manifeste une réelle virtuosité, dénotant une vraie et longue fréquentation du 7ème art local et affichant une fascination pour Bibi Andersson.

Points faibles

N’est pas Claudio Magris qui veut et Boréales n’est point Danubes. A lire M. Barrot, on retire plutôt l’impression que l’auteur a plus cherché à enfourner dans un espace restreint un maximum d’informations glanées ici et là sans que le lecteur y trouve d’autre fil conducteur que la Suède. Ainsi, ce pauvre lecteur doit-il subir des énumérations sans fin et sauter en permanence du coq à l’âne. D’ailleurs s’agit-il d’une série d’impressions sur la Suède ou d’une façon astucieuse de tracer un portrait en creux du “bobo“ parisien, amateur de Suède, pays de transparence, multiculturel, profond comme son cinéma, modèle de la gauche “moderne“ depuis des décennies ? Parfois cela frise le ridicule, comme lorsque M. Barrot s’interroge gravement sur les goûts musicaux d’Hitler (page 64), mais c’est souvent assez ennuyeux.

Enfin, ébaubi devant ce pays de cocagne, M. Barrot n’en aborde les faiblesses que très brièvement à la fin de son opuscule, presque, dirait-on, par devoir…

En deux mots ...

Une introduction bien parisienne à la réalité suédoise ou au fantasme suédois ?

Un extrait

 « Combien d’années depuis cet autre voyage en Suède, en automobile depuis Paris cette fois,  hivernal, étendu jusqu’à la Norvège ? Des heures de parcours entre lacs gelés et forêts de sapins, paysage immuable, sans fin, semé de fermes isolées que j’imagine peuplées de personnages comme chez Strinberg ou Tchékhov, dans une attente existentielle. » ( p.72)

L'auteur

Olivier Barrot est journaliste, écrivain ; très introduit dans le milieu littéraire parisien, il animait une émission sur FR3, “un livre, un jour“.

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