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Les roses fauves

Les femmes attirent et piquent autant que les roses...un conte envoûtant, merveilleux et cruel
De Carole Martinez
Gallimard, parution en juin 2020 - 346 p. - 21€

Lu / Vu par

Didier Cossart
Publié le 29 oct . 2020

Recommandation

3,0ExcellentExcellent

Thème

Carole Martinez nous dévoile des  secrets de mères agonisantes, griffonnés sur des bouts de papiers qui sont enfermés pour l'éternité à l’intérieur de petits coussins brodés en forme de coeur. Ces coeurs se transmettent de filles en filles avec interdiction de les ouvrir mais un jour l’un d’entre eux, un vieux coeur usé jusqu’à la corde, se déchire et laisse échapper son histoire. Ce coeur mutilé se trouvait avec d’autres dans une vieille armoire de mariage, chez la postière boiteuse d'un petit village breton où Carole Martinez s’est réfugiée pour chercher de la matière pour son prochain roman. Et de la matière, elle en trouvera! ou alors c’est le roman qui engloutira l’écrivain dans un buisson de roses au parfum capiteux?  

Points forts

Avec sa belle écriture envoûtante Carole Martinez a le don des conteuses d’autrefois. Pour qu’un conte tienne en haleine le lecteur il faut qu’il soit mystérieux, merveilleux et cruel à la fois ce qu’elle réussit avec brio comme dans ses précédents romans.

Points faibles

Le lecteur se perd une peu dans ce roman à tiroirs. Ainsi pour le même prix on peut reprendre le livre et découvrir d’autres histoires !

En deux mots ...

Encore des histoires de femmes! Chacune racontant ses souvenirs sur des bouts de papier que personne ne lira. A l’image des grands papillons de la nuit, est-ce le destin de l’homme de disparaitre après avoir merveilleusement fécondé la femme ? Alors il ne restera plus que des femmes vieillissantes babillant dans la salle commune d’un EHPAD ou d’un bureau de poste. Finalement elles seront bien contentes qu’un bel homme bien vivant vienne les faire rêver ! 

Un extrait

J’ai séquestré un grand paon femelle, et tant que ma captive sera vierge, elle attirera tous les mâles des environs.  Des mâles animés par leur seul désir et capablent de sentir son parfum à des kilomètres à la ronde.  Des mâles mobiles, immenses et éphémères. Des insectes exclusivement dévolus à la reproduction, anatomiquement incapables de se nourrir, des créatures dont l’unique obsession est de suivre la trace d’une femelle si lointaine soit-elle, de voler sur leurs réserves jusqu’à elle, de se trouver une partenaire à féconder et de jouir peut-être en expirant. Et encore, ce n’est pas certain, la nature est économe, et il n’est pas utile qu’ils y trouvent satisfaction. Sauf si le souvenir de ce plaisir résiste à la mort et qu’il passe dans la génération suivante, poussant ses fils à se sacrifier à leur tour. (p.166)

L'auteur

Carole Martinez commence fort en 2007 avec son premier roman Le Coeur cousu qui obtient le prix Renaudot des lycéens. Puis en 2011 c’est encore les lycéens qui la consacre au Goncourt avec Le Domaine des murmures. Carole Martinez est née en 1966, par conséquent elle a encore beaucoup de temps devant elle pour continuer à nous émerveiller avec ses contes.

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