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Rouge impératrice

Au XXIIème siècle, une Afrique pacifiée et prospère accueille des “Sinistrés”, descendants des colons européens.
De Léonora Miano
Editions Grasset, 608 pages
Publié le 10 déc . 2019

Recommandation

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Thème

En ouverture, il y a les mots de Kwame Nkrumah (1909-1972), ancien président du Ghana : « Nous ne sommes pas face à l’Est ou à l’Ouest. Nous sommes devant »… Des mots pour lancer Rouge impératrice, le nouveau roman de Léonora Miano. Un pavé de près de 600 pages ; un texte fleuve pour célébrer l’avènement d’un continent : l’Afrique. Une Afrique futuriste, au 22ème siècle. « L'aventure humaine était faite de disparitions, d'évolutions. Il en avait toujours été ainsi », lit-on. Direction le Katiopa, pays nouveau dans cette Afrique qui respire l’union et la prospérité et accueille les migrants européens- renversement de l’Histoire.

Dans « Rouge impératrice », il y a aussi une belle partie romanesque avec Illunga, ce chef d'Etat qui souhaite l'expulsion des « Sinistrés », ces descendants des Français, venus se réfugier en Afrique subsaharienne pour trouver le respect auquel ils estiment avoir droit et qui n’envisagent pas de s'intégrer. Il y a aussi sa rencontre avec Boya, femme au teint cuivré, qui penche pour tendre la main aux « Sinistrés ». La rouge impératrice fera-t-elle changer d’avis au chef d’Etat ?

Points forts

-Un texte parmi les plus vertigineux, les plus ambitieux de cette année 2019. 

-Avec Rouge impératrice, Léonora Miano sonde la politique, les laissés-pour-compte, la féminité et l'amour.

-Une écriture furieusement emplie d’incantations, de lyrisme et aussi de mysticisme pour encore mieux évoquer, servir une africanité se jouant de toute frontière. 

-Une vision du monde de demain, loin de ce qu’on imagine, pense généralement …

Points faibles

-La densité, l’épaisseur, la multiplicité des thèmes, voilà un (tout petit) point faible qui risque de déconcerter certains lecteurs…

En deux mots ...

Avec  Rouge impératrice , Léonora Miano signe un dix-septième livre d’une force immense. Un texte « afropéen » qui, d’une écriture puissante, mêle grand roman d’amour, fable politique et réflexion philosophique. Un roman à lire d’urgence, à consommer sans la moindre modération !

Un extrait

« Comprendre en profondeur la tradition, c’était aussi savoir l’interpréter au mieux. L’ancien se plaisait à rappeler que les racines connaissaient une dégénérescence toute naturelle. Il leur fallait faire place à d’autres afin que la plante subsiste et se perpétue ».

L'auteur

Née à Douala (Cameroun) le 12 mars 1973, Léonora Miano est une écrivaine franco-camerounaise. En 1991 à 18 ans, elle s’installe en France, à Valenciennes puis à Nanterre pour étudier la littérature américaine. En 2005, elle publie son premier roman,  L’Intérieur de la nuit,  récompensé par six prix dont le Prix Louis-Guilloux et le Prix de l’Excellence camerounaise). L’année suivante, son deuxième roman,  Contours du jour qui vient, reçoit le Prix Goncourt des Lycéens. Considérée comme la représentante absolue de la littérature « afropéenne » dans la foulée de son livre  Afropean Soul  (2008), elle est récompensée en 2013 par le Prix Fémina pour  La Saison de l’ombre. Suivront  Crépuscule du tourment  (2016),

L’Impératif transgressif  (2016), Crépuscule du tourment 2. Héritage  (2017) et, cet automne 2019,  Rouge impératrice  (nommé sur la première liste du Prix Goncourt). La « marque de fabrique » de Léonora Miano : une écriture aussi étourdissante que puissante.

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