Gérard Garouste, un artiste virtuose et intranquille

Gérard Garouste au Centre Pompidou. Une rétrospective majeure consacrée à l'un des plus grands peintres contemporains français
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Centre Georges Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004
Paris
Jusqu’au 2 janvier 2023 de 11h à 21h sauf le mardi. Nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Lu / Vu par

Thème

Cette immense rétrospective se déploie dans 19 salles du 6ème étage du Centre Pompidou ! Elle nous conduit dans la vie et l’œuvre du peintre, ses recherches autour du fonctionnement de la peinture, sa réflexion sur le sujet, activateur du regard et de la pensée.

L’artiste, ardent défenseur d’une peinture figurative dont il explore tous les genres,

revisite l’histoire de l’art à travers les différents genres de la peinture, qu’il cherche à absorber. Ses tableaux font dialoguer des personnages exubérants souvent angoissés, des contes et des symboles.

Les 120 tableaux exposés, pour la plupart de très grand format, révèlent des sujets puissants, dans une matière riche aux couleurs intenses.

L’art de Gérard Garouste questionne, fascine ou dérange.  Il fait réfléchir, tout en étant accessible par sa substance figurative et éblouissante.

Le parcours de l’exposition met en scène les différentes périodes de création du peintre.

La première période oppose deux figures complémentaires que l’artiste crée et reconnaît en chaque individu : le Classique et l’Indien. Gérard Garouste explore également de façon allégorique la mythologie grecque, le portrait et la nature morte, en s’inspirant des grands maîtres qu’il a étudiés assidûment : Poussin, Le Greco, Le Tintoret.

Les salles suivantes sont consacrées à la découverte du récit de la Divine Comédie de Dante. Le peintre explore la descente aux enfers jusqu’à l’abstraction et prolonge cette thématique sur les supports de toile de la série Les Indiennes.

Une œuvre circulaire monumentale La Dive Bacbuc, inspirée de Rabelais, trône au milieu d’une autre salle. Peinte sur deux faces, la face interne se découvre grâce à des œilletons et place le visiteur en situation de voyeur.

La peinture de Gérard Garouste fait par la suite émerger des récits de textes sacrés pour lesquels l’artiste se passionne. En effet, à partir de 1990, il apprend l’hébreu et  étudie le Talmud et le Midrach. La question de l’interprétation des textes suscite une nouvelle thématique et devient un sujet central dans son œuvre. Il explore le rapport à la légende, à l’inconscient et au sacré.

Dans les années 2000, le peintre réalise surtout des portraits et s’oriente ensuite vers une série d’œuvres sur le thème de l'Ânesse et la figue, qui présentent une proximité de consonance en hébreu.

La série suivante La Bourgogne, la famille et l’eau tiède évoque son enfance et la violence de ses rapports avec son père.

A la fin des années 2000, Gérard Garouste choisit d’illustrer le Faust de Goethe, dont les personnages variés sont une grande source d’inspiration.

La dernière série est conçue autour de Kafka, avec la complicité du philosophe et rabbin Marc-Alain Ouaknin. Le triptyque  Le Banquet en constitue l’œuvre majeure et renvoie à de multiples clés de lecture.

Points forts

C’est un véritable privilège et bonheur de pouvoir admirer les nombreux tableaux qui jalonnent la carrière de l’artiste, notamment ceux issus de collections particulières.

Le superbe catalogue (45 €) édité par le Centre Pompidou pour l’exposition, constitue la première monographie complète de l'artiste, et comprend trois essais qui abordent les différentes facettes de son oeuvre, une sélection de textes du philosophe et rabbin Marc-Alain Ouaknin, ainsi qu’une chronologie richement illustrée.

L'ouvrage présente un corpus d'environ 200 œuvres, dont les pièces monumentales.

Quelques réserves

Aucune réserve bien sûr !

Encore un mot...

L’exposition permet également de découvrir les sculptures et l’œuvre graphique qui illustrent la richesse du parcours singulier de Gérard Garouste, l’Intranquille, titre de son récit autobiographique dans lequel il révèle le poids de son histoire familiale et ses problèmes psychiatriques.

La frise chronologique à l’extérieur de l’exposition, reprend de façon exhaustive et didactique la biographie de l’artiste.

Une phrase

Né en 1946, Gérard Garouste fait ses études aux Beaux-Arts de Paris de 1965 à 1972, dans l'atelier du peintre abstrait Gustave Singier, où il découvre Marcel Duchamp et l'art conceptuel.

Après avoir pratiqué le dessin d'humour, il crée des scénographies pour son ami l'auteur et metteur en scène de théâtre Jean-Michel Ribes.

A la fin des années 1970, une exposition de Jean Dubuffet et des œuvres d'art brut le décident à s'orienter vers la peinture figurative.

En 1979, Gérard Garouste s’installe dans l’Eure avec sa famille. Sa femme Elizabeth Garouste, designer reconnue, l’encourage à fonder une famille et croit en son talent.

« C’est l’art et ma femme qui m’ont fait vivre”, confie l’artiste.

Dans les années 1980, alors qu’il est peu connu, le jeune peintre Gérard Garouste conçoit les décors baroques du Palace, night-club mythique où se croisait le tout-Paris.

Sa notoriété naissante lui permet ensuite d’exposer ses œuvres à la galerie Durand-Dessert à Paris et d’avoir sa première exposition internationale à la Holly Solomon Gallery de New York en 1982.

A partir de 1987, il acquiert une reconnaissance institutionnelle grâce à l’exposition de son travail au CAPC de Bordeaux et à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain.

Il a également réalisé des œuvres ou des décors pour le palais de l'Élysée, des sculptures de la cathédrale d'Évry, le plafond du théâtre de Namur, puis en 1989, le rideau de scène du théâtre du Châtelet.

Gérard Garouste décide de créer en 1991, l'association La Source, à La Guéroulde dans l'Eure, pour aider des enfants et des jeunes issus de milieux défavorisés, ou en situation d'exclusion, à s'épanouir en participant à des ateliers animés par des artistes professionnels. “C’est, dit-il, ce que j’ai réussi de mieux”.

En 1996, il reçoit une commande d'une œuvre monumentale pour la Bibliothèque nationale de France, mêlant peinture et fer forgé.

Sur commande d'État en 2008, il crée la maquette d'une tapisserie monumentale d'Aubusson, le Murex et l'Araignée, qui sera installée dans l'escalier d'honneur de l'hôtel de ville d'Aubusson.

Gérard Garouste est élu, le 13 décembre 2017, à l'Académie des beaux-arts, au siège du peintre Georges Mathieu.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Expos encore à voir