Modigliani, un peintre et son marchand

Une rencontre décisive pour des portraits en majesté
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Musée de l’Orangerie (côté Seine)
Jardin des Tuileries, Place de la Concorde
75001
Paris
01 44 50 43 00
Jusqu’au au 15 janvier 2024. Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche de 09:00 à 18:00 – Nocturnes exceptionnelles jusqu’à 21:00 tous les vendredis
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Thème

1914, Paris : Amedeo Modigliani fréquente la communauté artistique cosmopolite de Montparnasse et de Montmartre où il était arrivé en 1906 depuis son Italie natale. Au départ peintre, Modigliani a été bouleversé par sa rencontre avec le sculpteur Brancusi en 1909 et jusqu’en 1913, a délaissé totalement la peinture pour s’adonner uniquement et résolument à l’art de la sculpture sur pierre. Mais en 1914, il rompt brutalement et définitivement avec la sculpture et se consacre désormais exclusivement, jusqu’à la fin prématurée de sa vie en 1920, au dessin et à la peinture de portraits de la figure humaine.

En ce début de Première Guerre mondiale, sa rencontre avec le jeune marchand d’art Paul Guillaume, à l’initiative du poète Max Jacob, s’avère déterminante pour l’évolution de son art et sa carrière.

La centaine d’œuvres, peintures, dessins et sculptures, présentées dans l’exposition ont toutes un rapport étroit avec le marchand, qu’elles lui aient appartenu, aient été vendues par lui ou qu’il les ait commentées dans sa revue Les Arts à Paris.

Points forts

Pour Modigliani, tout est sculpture, plans et construction. L’exposition permet d’admirer des sculptures remarquables mal connues de l’artiste, qui éclairent pourtant ses recherches ultérieures en composition picturale au moins autant que l’influence cubiste de ses pairs Cézanne, Braque et Picasso et sa fascination pour la statuaire africaine.

Son admiration de l’art africain et son goût pour la poésie, qu’il partage avec le jeune galeriste, établissent un pont majeur entre les deux hommes.

Le rôle essentiel du marchand dans la diffusion de l’œuvre de Modigliani sur le marché de l’art des années 20 est mis en avant tout au long du parcours par l’exposition de nombreuses œuvres de l’artiste que l’on retrouve accrochées dans les appartements successifs de Paul Guillaume et des exemples des articles que celui-ci lui consacre dans sa revue. 

On notera un superbe portrait daté de 1915, du jeune Paul Guillaume, 23 ans, portant l’inscription Novo pilota illustrant la force de leur relation et l’impact aux yeux de l’artiste, du soutien du marchand pour lui-même comme pour l’ensemble des artistes d’avant-garde.

Les portraits exposés illustrent avec éclat le talent unique de Modigliani pour l’expression de la figure humaine, grâce à sa palette singulière et ses compositions hiératiques. 

Ils reflètent aussi combien Modigliani baignait dans le milieu artistique et intellectuel parisien, nombre de ses amis lui ayant servi de modèle, outre sa compagne Jeanne Hébuterne.

Quelques réserves

Aucune, peut-être un petit goût de « trop-peu… »

Encore un mot...

Profitez de votre venue pour voir ou revoir les merveilleuses pièces maîtresses de la collection Paul Guillaume qui font partie de la collection permanente de l’Orangerie : Monet, Renoir, Cézanne, Derain, Utrillo et les autres…

Et si vous avez encore de la disponibilité émotionnelle, ne manquez pas d’aller méditer devant les Nymphéas, les compositions géantes de Claude Monet.

Une illustration

La chevelure noire 1918 © RCM-Grand Palais ( Musée national Picasso-Paris)/ Adrien Didierjean

Une phrase

« …poète ardent et peintre grand parmi les grands(…). Il passa tel un météore : il fut tout grâce, tout colère, tout mépris. Son âme hautaine d'aristocrate flottera longtemps parmi nous dans le chatoiement de ses beaux haillons versicolores. »
Paul Guillaume

L'auteur

Amedeo Modigliani naît en 1884 à Livourne en Toscane (Italie) dans une famille aisée et cultivée d’origine juive sépharade.

Confronté dès l’enfance à de graves problèmes de santé qui se poursuivront jusqu’à sa mort à l’âge de 36 ans d’une méningite tuberculeuse, il décide à quinze ans de consacrer sa vie à la peinture. 

Après s’être formé à Florence puis à Venise, il arrive à Paris en 1906 ; il s’installe à Montmartre et fréquente assidûment la communauté artistique d’avant-garde. Il découvre le cubisme qui marquera fortement et durablement ses créations.

Établi à Montparnasse à partir de 1909, il y rencontre en 1917 sa future compagne, Jeanne Hébuterne, qui pose pour Foujita et étudie à l’Académie Colarossi.

Leur premier enfant naît en 1918.

En décembre de la même année, Paul Guillaume organise une grande exposition dans sa galerie, qui rassemble des toiles de Modigliani, Picasso, Utrillo, Matisse.

Modigliani décède le 24 janvier 1920 ; sa compagne, enceinte de leur deuxième enfant, se suicide deux jours plus tard.

 

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