Grand prince

Retrouver le goût de la vie à un âge très avancé : imagination, subterfuges et autres recettes !
De
Alexia Stresi
Flammarion
Parution en janvier 2026
278 pages
21 euros
Notre recommandation
4/5

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Lu
par

Thème

Simone Guillou a 85 ans et mène une vie paisible dans une petite commune au sud de la Loire, trop paisible sans doute jusqu’à émousser le désir de poursuivre un chemin déjà long.

Même si son fils unique lui octroie de temps à autre le plaisir d’une visite rapide, même si sa petite fille Céline lui manifeste régulièrement la marque de son amour entier, même si Marthe, son amie de toujours, l’entoure d’une affection indéfectible…

Le temps passe, imbibé d’une langueur mélancolique, mais se voit tourneboulé un matin par la disparition dans le jardin de cette octogénaire d’un ornement bétonné en forme de crapaud ! Vol crapuleux, plaisanterie de potaches avinés, vengeance d’un voisin hargneux pour une raison futile ? Les hypothèses soulevées par Simone, en dépit de l’aide de Marthe et de la maréchaussée locale, restent stériles. Mais la réception rapide d’une carte postale, suivie d’une autre, mettant en scène ce crapaud volage en des lieux improbables vont insuffler à Simone une volonté de découvrir la vérité de cette amusante mascarade et de révéler, au-delà du trouble engendré, la vérité de sa propre existence !

Points forts

  • Alexia Stresi dévoile de nouveau un talent d’écriture joyeuse, émouvante, malicieuse et sincère, tel que le lecteur avait déjà pu le constater dans son précédent roman, Des lendemains qui chantent. 

  • Les personnages simples et authentiques, les situations cocasses et touchantes, l’imagination d’une fertilité débordante, tout ceci orne le texte d’une saveur profondément humaine et réaliste.

  • Sans omettre une construction littéraire intelligente et surprenante, dont les divers éléments s’articulent peu à peu jusqu’à constituer un ouvrage à l’architecture parfaite !
    C’est un très joli roman, tout simplement…

Quelques réserves

Nulle envie ni nécessité ! Toute critique sonnerait faux…

Encore un mot...

Alexia Stresi chemine avec son roman dans les circonvolutions sociales et affectives de l’isolement du sujet âgé. Les vies, surtout lorsqu’elles ont été marquées par la rigueur d’une profession exténuante ou le relatif désintérêt d’une société dépourvue d’une moindre parcelle de reconnaissance, n’offrent à ceux qui la subissent que le mince espoir d’une fin épargnée par la souffrance physique. La douleur morale, quant à elle, ne soulève que peu de considération et la tentation est grande d’en faire l’abstraction, en se réfugiant dans une dialectique réductrice du genre : « c’est la vie ! ».

Ce roman est un remède au sens médical du terme, et se doit de faire méditer beaucoup de ceux qui vont le lire avec une certaine prise de conscience pour ne pas suivre Montesquieu quand il affirme avec justesse que « La tristesse vient de la solitude du cœur ».

Une phrase

« Et sa théorie, c’est qu’on a une réserve de fiction cachée dans nos vies. Une réalité augmentée qui nous est propre, une plus grande version de nous-mêmes. » P.256

L'auteur

Alexia Stresi est née à Nantes en 1971. Licenciée d’allemand et de philosophie, elle part étudier l’art du scénario d’abord à Prague puis à New-York avant de rejoindre la Villa Médicis où elle obtiendra en 1995 un prix de Rome, section cinéma.

Elle est également actrice et a tourné avec de nombreux cinéastes parmi le plus prestigieux, est à l’origine de divers scenarii avant d’écrire un premier roman, Looping en 2017 retenu dans la sélection des premiers romans par l’académie Goncourt. Grand prince est son quatrième roman, publié trois ans après Des lendemains qui chantent qui avait convaincu nombre de lecteurs.

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