Ponant Express
Parution en avril 2026
420 pages
22, 50 €
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Thème
Au sein des eaux maritimes de la Manche puis de l’Atlantique, nous parcourons en balade les îles du Ponant. Le titre n’est pas sans évoquer les haltes de l’Orient-Express.
Chausey, Bréhat, Batz, Ouessant, Molène, Sein, Les Glénans, Groix, Belle-Île, Houat, Hoëdic, L'Île aux Moines, L'Île d’Arz, Yeu, Aix : l’auteur évoque leur beauté et nous en livre une description enthousiaste. Le temps est suspendu entre les tapis d'armées, les bruyères, les carrières de granit bleu, les chapelles, les phares et les bistrots accueillants.
Les roches sont unies à la mer. Tout est attachant, chaque île révèle son histoire, ses marins, pêcheurs, gardiens de phare, poètes, bardes, écrivains, cinéastes, hommes de science.
L’auteur n’hésite pas à confier ses impressions ; il glisse ses souvenirs, réveillés par ses découvertes ; nous partageons ainsi de nombreuses références, citations, extraits.
L’humble Bretagne peut susciter bien des étonnements, joies, passions et rêves.
Points forts
Malgré ce qui pourrait introduire trop de ressemblances en parcourant les côtes, les landes et les sentes de ces îles, une belle écriture, alerte, riche, claire, nous invite à chaque fois à des aventures différentes. La surprise est au tournant des chemins. Les paysages, les portraits sont brossés de vive main, la couleur est de mise, l’élégance aussi.
Le livre est revigorant, avec une impression d’humanisme et d’universalité. Energie, respect, harmonie sont au rendez-vous.
L’intérêt est relancé de sorte que nous accompagnons l’auteur jusqu’au bout sans nous lasser et le sourire aux lèvres. Notre curiosité ne se relâche pas et le suspense n’est pas loin.
Quelques réserves
Vraiment très peu si ce n’est un désir de rencontrer plus de personnages iliens anonymes afin de connaître leurs impressions concernant leur vie sur ces îles.
Thierry Clermont aime sortir son appareil photo et nous le dit à plusieurs reprises; nous attendions ici, mais en vain, un recueil de ses images.
Encore un mot...
Loin d’être désuètes, les valeurs de ce récit sont universelles. La sincérité des propos, les descriptions légères et minutieuses, courtes et précieuses, invitent au réconfort malgré l’âpreté bien réelle de la vie en ces lieux ; l’optimisme est ambiant malgré les tempêtes, les naufrages, les guerres.
Ce séduisant carnet de bord nous emporte allègrement au son des ballades dans une ambiance poétique et romantique.
Un livre à poser, bien visible, à reparcourir et feuilleter avec grand plaisir ; un bravo à Julia Bourdet pour la couverture.
Il semble juste de rapprocher Ponant Express de Par les champs et par les grèves de Gustave Flaubert et Maxime Du Camp .
Une phrase
« Dés la sortie du bourg, à partir du hameau de Stang ar Glan, la palette de couleurs s’enrichit : les gris d’hier ont fait place au vert scintillant pour les prés ou les arpents de landes, au roux des fougères et des ronceraies, au jaune vif des ajoncs, au vert-de-gris des pins courbés, au bleu électrique des volets des maisons, orientées est-ouest, au beige de ce faisan de Colchide, perché sur un muret, pas du tout effarouché par ma présence. » P. 110
« Tous les personnages apparaissant dans son cycle océanique ont été recrutés sur place et pour la plupart, jouent leur propre rôle. Epstein avait exclu la présence de tout acteur professionnel afin de favoriser l’expression et l’épanouissement de la vie intérieure de ces hommes et de ces femmes à qui il voulait rendre hommage, à travers tempêtes, naufrages, déboires, espoirs et rêves, menus plaisirs, mauvais tours du sort. » P.120
« Poète, romancier, traducteur, Henri Thomas tombe sous le charme de Houat dès sa découverte en 1971.
« Ce qu’il aime ici : la pleine mer agitée, les courants entre les îlots, soulevant les varechs, le calme des criques et la solitude de la lande, le roulement des flots, la renverse des marées, les baignades sous un soleil ardent, le lyrisme des tempêtes, les îlots voisins, le mélange des rochers et de l’eau, tous ces paysages qui l’inspirent et d’où émergent la parole qu’il attendait, comme des mains de naufragés. Et, par-dessus tout, cette frange mouvante entre la terre et cet animal vivant qu’est la mer, et qui lui « paraît la seule vraie ligne de contact entre l’esprit et …la planète. » P. 281
L'auteur
Né en 1966 , Thierry Clermont est critique musical, journaliste, écrivain, poète. En 2005, devient journaliste au Figaro Littéraire. Il est aussi membre de la Commission “Poésie” du Centre National du Livre, juré de plusieurs prix, membre de la Commission Littérature Classique et critique littéraire. En 2022, il révèle dans le Figaro la découverte de poèmes inédits de Robert Desnos. Parmi ses nombreux ouvrages, citons San Michele (Le Seuil, 2014) reçoit le prix Méditerranée de l’essai; Barroco bordello (Le Seuil, 2020); Long Island, Baby (Stock, 2022) finaliste du prix Nicolas-Bouvier; Vilna Tango (Stock, 2024).
Plusieurs de ses poèmes paraissent dans l’anthologie du Printemps des poètes, Là où dansent les éphémères, publiée au Castor Astral en 2022, ainsi que dans Le Nom du son, florilège consacré au jazz et à la poésie (Le Castor Astral, 2024).
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