Monsieur Motobécane

Le ravisseur n’est pas celui que l’on croit
De
De Bernard Crombey, d’après Le ravisseur de Paul Savatier
Troupe : Compagnie Macartan
Durée : 1h15
Mise en scène
Catherine Maignan et Bernard Crombey
Avec
Bernard Crombey
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre du Petit Saint-Martin
17 rue Boulanger,
75010
Paris
01 42 08 00 32
Jusqu’au 6 juillet 2024. Du jeudi au samedi, 19h

Thème

  • Monsieur Motobécane est en prison, dans une cellule de « 9 mètres au carré ». Il y purge une peine pour le rapt d’une petite fille, alors que c’est elle qui est venue spontanément chez lui pour fuir une mère qui la maltraite. Adaptant un roman racontant un fait divers – également adapté au cinéma par Jacques Doillon (La drôlesse) Bernard Crombey réécrit l’histoire de Victor, personnage candide et modeste.

  • Cet homme timide, luttant quotidiennement pour sa survie en sillonnant la campagne sur sa mobylette – la fameuse Motobécane – et qui ne ferait pas de mal à une mouche, est accusé du pire délit tant sa naïveté est grande face à une société soupçonneuse et impitoyable, incapable de comprendre l’innocence des cœurs. Il décide alors de rédiger son « cahier de vérité. »

Points forts

  • Transposée dans la Picardie natale de Bernard Crombey, la pièce fait de son héros un “gilet jaune“ avant l’heure – elle a été écrite il y a dix ans – un déclassé magnifique et poignant. Il n’aurait jamais dû s’aventurer dans une histoire qui l’a pris dans sa toile d’araignée. Il émane de ce personnage une humanité généreuse, qu’il prodigue en accueillant et hébergeant la petite Amandine. Et même s’il sent confusément qu’il risque de s’y perdre, il ne peut se résoudre à la renvoyer chez elle.

  • Nous assistons à la rencontre entre l’homme et l’enfant, qui partagent une même solitude et une sensibilité dévastée par l’injustice. Essayant de guérir ensemble, ils se retranchent de la communauté des humains qui les menace. Bernard Crombey vit pleinement cette rencontre : tout en retenue, en finesse et en délicatesse mais avec une rare intensité, il livre une performance en forme de témoignage.

  • L’extraordinaire langue développée par l’auteur, inspirée sans doute d’un dialecte picard hybridé d’une créativité toute personnelle, fait fleurir de minuscules bouquets de poésie suggestive et drôle au détour des phrases.

Quelques réserves

  • D’une pièce aussi bien rodée, on pourrait s’attendre à une mise en scène qui intègrerait les deux éléments constitutifs d’un décor volontairement réduit à sa plus simple expression : la mobylette et le casque. Il y avait de quoi jouer avec ces éléments, mais le comédien reste plutôt statique durant presque toute la pièce.

  • Tout en comprenant ce parti pris de sobriété qui permet à la puissance des mots de s’épanouir pleinement, on peut regretter cette austérité. 

Encore un mot...

  • Cette rencontre surprenante et troublante avec cet Autre des marges de la vie productive et civique - l’enfant maltraité, le perdant social, tous deux indifférents aux lois, aux règles et aux préjugés -, surgit d’un langage authentique et vibrant. La douce petite musique de l’humilité dit ici le beau malheur des candides et des ratés, des « quitte l’école à quatorze.»

  • Depuis sa création au Rond-Point en 2009, la pièce a joué à guichet fermé au festival d’Avignon durant dix saisons, détenant le record du “Off“, et a été programmée chaque année en régions, rencontrant un succès constant.  Voilà un spectacle  qui, parti comme tel, est devenu un classique.

Une phrase

  • « Je suis tout seul dans ma chambre à barreaux, 9 mètres au carré. Parce que Monsieur le juge a dit, ce que j’ai fait avec la petiote fillette Amandine, c’est un cas très grave. »

  • « Monsieur Motobécane, on me connaissait de réputation, toujours collé à la scène sur une mobylette bleue. »

  • « J’veux me marier à la bague avec toi. »

L'auteur

  • Après un prix de comédie moderne et classique au Conservatoire National d’art dramatique en 1974 et une proposition d’intégrer la Comédie Française, Bernard Crombey rejoint le cinéaste Alain Cavalier, co-écrit et collabore à la réalisation de Libera Me, primé au Festival de Cannes en 1992.

  • Au théâtre, il joue dans une vingtaine de pièces dans les théâtres privés et publics. Il a interprété de nombreux rôles à la télévision, et on le retrouve également au cinéma, dirigé par B. Blier, P. Chesnais, Cl. Lelouch, ou J. Becker …

  • Un documentaire Six portraits XL – Bernard  a été réalisé par Alain Cavalier pendant la tournée de Monsieur Motobécane en 2018.

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