Mort à crédit

Voyage au bout de l’enfance
De
Louis-Ferdinand Céline
Adaptation de Géraud Bénech
Durée 1h15
Mise en scène
Géraud Bénech
Avec
Stanislas de la Tousche
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de la Contrescarpe
5, rue Blainville
75005
Paris
01 42 01 81 88
Jusqu’au 27 décembre. Le dimanche à 17h jusqu’au 5 novembre, et à 18h30 du 12 novembre au 24 décembre. Le mercredi à 21h

Thème

  • Publié en 1936, quatre ans après Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit retrace les jeunes années de Ferdinand, l’alter ego littéraire de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline. 
  • Le spectacle se focalise plutôt sur l’enfance du narrateur et sur ses parents, des petits bourgeois logés passage de Choiseul à Paris

Points forts

  • Ce seul-en-scène est avant tout l’histoire d’une solitude, celle d’un petit garçon du début du XXe siècle, fils unique qui grandit à la va-comme-je-te-pousse, maladroitement, sous le regard tendre de sa grand-mère et les reproches incessants de ses parents. Cette « recherche du temps perdu » mêle tristesse et humour, désenchantement et tendresse, mais sans apitoiement.
  • Céline, c’est évidemment un style, unique, reconnaissable entre tous, novateur, révolutionnaire même : l’intrusion de la langue parlée dans un texte très écrit, une syntaxe bousculée, un choix d’adjectifs surprenant mais toujours pertinent, un esprit titi, anar et frondeur. Cette langue très rédigée passe admirablement la rampe et semble même être faite pour être dite. Elle a tout à fait sa place sur le théâtre. Parfois abrupte, elle suscite une émotion intense.
  • Des événements aussi simples, aussi anodins que la vie quotidienne dans un petit magasin de brocantes, une sortie en automobile à la campagne ou le passage du certificat prennent des couleurs vives, éclatantes, inattendues sous cette plume alerte.
  • Même visage sculpté, même coiffure en arrière, vêtu d’un pantalon en velours côtelé, d’un petit paletot sans manches et d’une courte étole de soie, Stanislas de la Tousche ressemble physiquement à Céline comme une photocopie à son modèle, comme un acteur de biopic à son personnage. La similitude extérieure est troublante et facilite d’autant l’identification au narrateur.

Quelques réserves

  • Ceux qui s’expriment admirablement, qui manient le style avec maestria - c’est le cas de Céline - peuvent parfois s’égarer. Sous le charme des mots, de la forme, leurs lecteurs en oublient le fond. C’est le cas ici, lorsque l’auteur nous raconte par le menu une traversée houleuse de la Manche en bateau. Tous les passagers attrapent le mal de mer et se mettent à « nourrir les petits poissons ». Le tableau est apocalyptique, très amusant au début. On se lasse vite pourtant de patauger dans le vomi. Mort à crédit est certes un livre sur la nausée, mais ce passage semble bien long…

Encore un mot...

Le titre étrange que Céline a choisi pour son deuxième livre peut s’expliquer ainsi : vivre, c’est acheter sa mort à crédit. Une jolie trouvaille.

Une phrase

  • À propos des difficultés financières que connaissaient ses parents : « Avec ma naissance en plus, on s'enfonçait dans la mistoufle. »

L'auteur

  • Louis-Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline, (1894-1961) est un écrivain, médecin et collaborationniste français. Il est notamment célèbre pour son livre Voyage au bout de la nuit, publié en 1932 et récompensé par le prix Renaudot. On lui doit aussi Guignol's Band, Casse-pipe, Rigodon… ou Guerre, que Benjamin Voisin vient d’interpréter avec succès au Théâtre du Petit Saint-Martin.
  • Grand novateur en matière d’écriture, son style très travaillé, très littéraire s’inspire de l’argot et du langage parlé.
  • Céline est aussi connu pour son antisémitisme et sa collaboration active sous l'Occupation durant la Seconde Guerre mondiale.

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