Thêatre-Spectacles

Les caprices de Marianne

Une adaptation réussie, mais Musset est-il vraiment si actuel ?
De Alfred de Musset
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Avec Marie-Armelle Degu, Laurence Roy, Sébastien Eveno, Denis Fouquereau, Jan Hammenecker, David Migeot, Yvette Poirier, Sarah-Jane Sauvegrain, Olivier Blouineau, Lucie Collardeau, Jean-Pierre Prudhomme

Infos & réservation

Théâtre de la Tempête
Tél. : 01 43 28 36 36
http://www.la-tempete.fr
Jusqu'au 11 décembre 2016
Publié le 28 nov . 2016

Recommandation

2,0BonBon

Thème

Coelio est éprit de la belle Marianne, jeune épouse du magistrat Claudio, mais son amour pur – donc mélancolique – l'empêche de lui faire une cour éloquente. Blessé par l'indifférence de Marianne, il confie à son ami Octave, cousin de Claudio, le soin de plaider sa cause. Noceur désinvolte et sans attache, celui-ci incarne tout le contraire de son ami. Bientôt, l'aisance avec laquelle Octave échange avec la belle fait naître en Coelio une sombre jalousie...

Points forts

-       Un très beau texte sur le désœuvrement et les dérives d'une jeunesse sans cause. Le parti pris d'ancrer la pièce dans l'époque contemporaine rend le sujet d'autant plus intemporel.

-       Un décor grandiose, agrémenté de nombreux effets scéniques. Capable d'accueillir chacune des scènes, il permet aussi d'en moduler l'atmosphère.

-       Le contraste entre l'idéalisme mélancolique de Coelio et le cynisme festif d'Octave est parfaitement rendu par le jeu des acteurs.

Points faibles

Si le clivage entre cynisme et idéalisme est toujours d’actualité, la transposition contemporaine de Marianne est un peu moins pertinente. A l’entendre s'exprimer comme une Parisienne d'aujourd'hui, on peine à croire au mal-être spécifique à sa condition : celle d'une femme mariée très jeune et par convenance, injustement suspectée par un mari brutal, jugée cruelle lorsqu'elle refuse les hommages d'un inconnu et capricieuse quand elle accepte enfin de s'ouvrir à la passion.

En deux mots ...

Bélier-Garcia nous propose une version modernisée et bien rythmée de ce classique du romantisme, qu'on redécouvre avec plaisir.

Une phrase

Ou plutôt un extrait:

« - C'est un peu triste de s'enivrer tout seul.

- Le monde entier m'abandonne; je tâche d'y voir double, afin de me servir à moi-même de compagnie. »

L'auteur

Alfred de Musset n'a que 22 ans lorsqu'il signe cette pièce reconnue aujourd'hui comme typique du mouvement romantique. Après une réception défavorable lors de sa création, la pièce connaîtra un succès retentissant 20 ans plus tard, ouvrant à Musset les plus grandes salles parisiennes.

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