Thêatre-Spectacles

Pièce en plastique

Dissection jouissive des moeurs tribales à Boboland
De Marius Von Mayenburg
Mise en scène : Adrien Popineau
Avec Aïda Asgharzadeh ;Charles Morillon ; Julien Muller ; Cassandre Vittu de Kerraoul, Auguste Yvon

Infos & réservation

Théâtre de Belleville
16 passage Piver
75011 Paris
Tél. : 01.48.06.72.34
http://www.theatredebelleville.com
Jusqu'au 28 janvier 2020, lundi, mardi 21H15 et dimanche à 17H30

Lu / Vu par

Jean-Pierre Hané
Publié le 24 jan . 2020

Recommandation

3,0BonBon

Thème

•  L’embauche d’une nouvelle aide-ménagère,  fait voler en éclats l’univers d’un couple parisien de bobos : petits mensonges, vraies lâchetés du quotidien, mépris de classe et autres vilenies méprisables se déversent en un flot interrompu et jubilatoire. 

• Rien n’est épargné des travers de notre société bien policée, découpés au scalpel par un auteur qui manifestement s’en donne à cœur joie. Cette fable moderne s’inscrit dans une remise en question d’une société consumériste, très individualisée, où le nombrilisme règne en maître et annihile l’écoute de l’autre.

Points forts

• Une interprétation rythmée et millimétrée pour une écriture de qualité, des mots précis qui dissèquent  les idées toutes faites et les certitudes dans lesquelles notre petit monde s’enferme : politique, culture, sexualité… pour ne rien dire de nos névroses, appréhendées et mises en pièces avec jubilation et délectation par l’auteur, qui combine la tragédie avec la farce.

• La fantaisie des interprètes, qui excellent à prendre à leur compte manipulations, enjeux, stratégies de prise de pouvoir, à nous faire douter de la place du  vrai et de l’authenticité, pour ne rien dire de la parole juste.

Points faibles

• La longueur du spectacle (presque deux heures) se fait un peu sentir aux deux tiers de la pièce.

• Le principe de logorrhée verbale utilisée comme moyen de jeu dans de nombreux monologues et dialogues met parfois notre attention à (trop) rude épreuve.

En deux mots ...

• On a beaucoup apprécié le fait que cette sorte de “tragi-comédie du faux” se donne ailleurs que dans  un “vrai“ lieu de théâtre normé, car cela favorise une porosité en comédiens et spectateurs, et donc un échange vrai et direct. 

• Rapidement, nous ne savons plus très bien où nous sommes - appartement, lieu d’exposition, scène de théâtre ? - et donc, pour ainsi dire, où nous en sommes. Bref,  ça change, ça bouscule, et ça fait du bien !

Un extrait

 « Une femme qui ne correspond pas aux exigences sociales de ta profession, tu ne peux l’amener nulle part. Ta gonzesse, tu dois la cacher à tes amis, et ça te détruit une relation tôt ou tard ; vaut mieux bétonner les barrières des classes et chercher les possibilités d’accouplement dans son propre enclos. »

L'auteur

Né à Munich en 1972 Marius von Mayenburg étudie d’abord langue, littérature et civilisation allemandes, avant de suivre au Conservatoire les cours d’écriture de Tankred Dorst. 

Collaborateur de l’équipe artistique de Thomas Osteremeïer, il rejoint la Schaubühne à Berlin comme auteur, dramaturge et traducteur.

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