Thêatre-Spectacles

Richard III

Shakespeare dans les bas-fonds de l'âme humaine
De William Shakespeare

Infos & réservation

Odéon Théâtre de l’Europe
Place de l’Odéon
75006 Paris
Tél. : 0144854040
http://www.theatre-odeon.eu
Publié le 12 jan . 2016

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Richard III, c’est la quête insatiable et tragique d’un enfant, mal aimé et difforme, qui, malgré un destin chargé de malédictions – à cette époque on y est sensible -, décide d’obtenir la couronne d’Angleterre. Pour accéder au trône, depuis  plusieurs décennies, les York et les Lancastre se livrent une guerre fratricide, la guerre des Deux-Roses. Richard III est loin d’être le premier dans l’ordre de succession de son frère Edouard IV (duc d’York), roi depuis le meurtre d’Henri VI (dynastie Lancastre). Diaboliques stratagèmes, trahisons multiples et meurtres lui permettront d’arriver à ses fins. Personne n’est à l’abri de sa toute puissance exercée par la violence et la force. Les haines féroces s’accumulent alors même que les pensées amères l’assaillent. Confronté aux premiers doutes sur lui-même, Richard III ne pourra faire face à une fronde venue de France, qui l’emportera.

Points forts

- Thomas Jolly,  metteur en scène et principal acteur, dans le rôle de Richard, engage tout son être et tient formidablement la scène pendant tout le spectacle. Entre difformité et diabolisme, il est omniprésent, fascinant et séducteur dans la première partie. Voulant sans doute, dans la seconde, souligner l’outrance et les fragilités du personnage, son jeu devient plus maniéré.

- Grand spectacle autant que pièce de théâtre ! Jets de lumière tournoyants et éblouissants, déchainements de projecteurs, architecture lumineuse du décor… la lumière est un acteur à part entière de cette pièce. Elle la rythme avec énergie et en amplifie les propos et le sens.

-Face à tant de puissance, tous les acteurs résistent et assument eux aussi leur présence et leur rôle avec justesse et délicatesse pour dépeindre les incertitudes et l’angoisse ambiantes.

- Les codes de la mise en scène sont ceux des concerts dans les stades et des shows télévisuels. Les décors (échafaudages métalliques) et les costumes sont en phase avec ce parti-pris : les acteurs sont à l’image de chanteurs pops ou rocks. Provocation, grotesque, et burlesque sont présents, sans trop d’excès.

Points faibles

- 4h30, c’est un peu long! Certains passages pourraient sans dommage être supprimés. Le metteur en scène semble n’avoir pu résister à prolonger son plaisir...

-Malgré un effort louable, à la fin de la pièce, de présentation des familles au travers de portraits géants, on se perd un peu dans les personnages. Avoir assisté aux représentations des pièces précédentes de la tétralogie (récemment mises en scène par Thomas Jolly) ou avoir révisé son histoire d’Angleterre  facilite la compréhension.

En deux mots ...

- Un enfant mal aimé à la naissance, difforme, héritier des conflits de ses aïeux, devient pour exister un monstre sans repères et cruel. On ne peut manquer de s’interroger sur les séquelles physiques et psychiques  et le comportement  des enfants qui durant plusieurs générations n’ont connu que la guerre.

- La mise en scène retenue incite à s’interroger aussi sur l’actualité du propos dans notre société du spectacle («je peux tromper » dit Richard III) : ne génère-t-elle pas les mêmes corruptions, destructions, violences, insatisfactions… ?

Une phrase

« Hideux démon, …Tu as fait ton enfer de la terre heureuse » dit Lady Ann à Richard III qui la convoite (scène 2).

L'auteur

La pièce fait partie des oeuvres de jeunesse de William Shakespeare (1564-1616). Elle est la dernière d’une tétralogie, écrite entre 1588 et 1593, rapportant l’histoire des Plantagenêts, de la mort d’Henri V, en 1422, à celle de Richard III, en 1485. Elle fait suite à Henri VI, première, seconde et troisième partie, trois pièces consacrées au règne d’Henri VI d’Angleterre et à la guerre des Deux-Roses, et conclut ainsi le récit d’un conflit poursuivi au travers de plusieurs générations. 

La traduction est de Jean Michel Déprats.

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