Albertine Sarrazin

Adaptation de textes d’Albertine Sarrazin par Mona Heftre
Mise en scène
Manon Savary
Avec
Mona Heftre
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de Poche Montparnasse
75 Boulevard du Montparnasse
75006
Paris
0145445021
Jusqu'au 3 mai: Du mardi au samedi 21h, et dimanche 15h00

Thème

Il s’agit, grâce à des textes autobiographiques d’Albertine Sarrazin, de sa triste vie d’enfant adoptée, très brillante mais indisciplinée et révoltée, de ses méfaits, de ses emprisonnements, de sa fureur de vivre et de son enthousiasme toujours intacts malgré les accidents de sa vie, et enfin de sa mort trop jeune, à 29 ans, alors que les succès littéraires commencent à arriver, et avec eux la reconnaissance. Et l’amour aussi, le vrai, enfin… Trop tard !

Points forts

1 L’auteur/comédienne incarne avec beaucoup de talent son personnage. On peut ressentir le lien profond qui l’unit à Albertine et le respect qu’elle lui voue. Elle nous tient en haleine pendant une heure un quart ! 2 C’est une très belle comédienne, gracieuse, élégante, et toute en finesse qui, avec rien du tout, occupe l’espace et le temps, avec beaucoup de réalisme. Elle nous fait, grâce à des textes autobiographiques et des poèmes chantés, assez joliment d’ailleurs, pénétrer dans ce monde glauque, sans nous apitoyer, juste en nous faisant suivre le parcours déjanté de cette adolescente, puis jeune femme, défiant la société et dont la fin tragique est à la hauteur de sa légende… 3 La mise en scène est intéressante. Des images d’archives en noir et blanc, sur son visage très expressif, ou sur ses pieds qui cavalent indéfiniment vers on ne sait quoi, donnent chair à ce récit.

Quelques réserves

Si vous avez envie de vous distraire joyeusement, il vaut mieux aller voir autre chose! Le sujet est vraiment dur et froid, et ne fait pas rêver, même si Mona Heftre arrive à y mettre de l’humanité et de l’âme. D’ailleurs, je l’ai entendue dire à la fin du spectacle : « je crois qu’Albertine fait peur ». C’est possible !

Encore un mot...

Albertine Sarrazin a laissé une œuvre intéressante, "La Stragale", "La Cavale" et enfin "La Traversière". Son écriture est très belle et la lire a du sens ; c’est que nous suggère la vision de ce spectacle. Et Mona Heftre, qui s’acharne à mettre dans ce portrait, un coin de ciel bleu, devrait, grâce à la sobriété et la subtilité de son interprétation, attirer de nombreux spectateurs ! C’est tout le bien qu’on lui souhaite…

Une phrase

« Lorsque l’interrogatoire devient interview, on aurait mauvaise grâce à ne pas rire de joie ! Mais est-ce que j’ai jamais douté, jamais désespéré d’y parvenir ? »

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Un vibrant hommage à une femme tragique et incandescente.

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