Histoires de crevettes

La performance comme fin en soi ?
De
Compagnie Hotel Modern
Mise en scène
Herman Helle, Arlene Hoornweg, Pauline Kalker, Arthur Sauer
Avec
Compagnie Hotel Modern : Herman Helle, Arlene Hoornweg, Pauline Kalker, Arthur Sauer
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre du Rond-Point
2bis, avenue Franklin Roose
75008
Paris
01 44 95 98 21
Jusqu’au 27 septembre Du mardi au vendredi à 21h, le dimanche à 15h.

Thème

  • Sur le plateau où de multiples tables sont disposées, un peu comme des paillasses de laboratoire, l’on aperçoit une multitude de petits objets fabriqués pouvant laisser à penser que l’on va assister à différentes expériences sur des crevettes, puisque celles-ci sont à l’affiche du spectacle.

  • Dès que l’obscurité se fait, les marionnettistes s’activent pour animer une série de scénettes dont le décor et les protagonistes crustacés se tiennent sur les tables. Chaque séquence est filmée par l’un des intervenants, et le résultat nous apparaît sur le grand écran dressé au fond du plateau. Des paroles, prononcées dans un français pas toujours correct mais néanmoins compréhensible, donnent voix aux crevettes qui interprètent les scènes.

  • Chaque spectacle est une performance unique en son genre, puisque le public assiste simultanément au tournage et à la réalisation du film.

Points forts

  • L’idée est très ingénieuse, tout comme les dispositifs mis en place – que le public est invité à regarder de plus près sur le plateau à la fin du spectacle – et il faut souligner la minutie des décors et l’économie générale qui préside à leur confection.

  • Dans cette animation, tout est pensé, calculé, et exige une précision dans l’exécution qui force l’admiration, les trouvailles sont légion et les astuces pullulent.

  • Il y a un cheminement circulaire - l’on part des préparatifs d’une cérémonie funèbre et l’on aboutit à sa tenue – qui entend montrer les divers aspects de la vie de l’être humain sur Terre au travers des moments cardinaux de son existence. 

Quelques réserves

  • La limite du spectacle tient peut-être au fait qu’une fois son dispositif général assimilé par le public, la succession des séquences peut générer, assez paradoxalement, un certain ennui, et surtout le sentiment que l’on assiste à une mécanique répétitive de performance pour la performance, dans un spectacle qui mobilise quelques 350 crevettes ! 

  • Par ailleurs, si le spectacle semble tout à fait (mais pas seulement) indiqué pour un public enfantin, il y a une séquence d’examen médical d’un corps de jeune fille décédée assez déplacée et qui jette un sacré froid dans la salle, compte tenu de ses connotations explicitement pédo et nécrophiles … de sorte que l’empathie du spectateur pour ces Histoires de crevettes en prend un sacré coup. C’est sans doute du second degré, mais pour autant, la scène reste difficile à passer par pertes et profits…

Encore un mot...

  • Il nous a semblé que l’enjeu central des Histoires de crevettes, à savoir saisir « les traits de comportement humain qui sont universels » n’apparaisse pas suffisamment, et semble s’effacer assez vite devant la multitude des « événements qui marquent de manière universelle la vie de chaque individu » (cf. la note d’intention ci-dessous).

Une phrase

  • « Nous avons réfléchi aux traits de comportement humain qui sont universels, ainsi qu’aux événements qui marquent de manière universelle la vie de chaque individu. Nous avons créé des scènes qui explorent ces aspects universels. Tout le monde naît ; tout le monde meurt. Chaque communauté sur Terre possède ses propres formes de religion, de science (sic) et de médecine. Partout, les gens pratiquent des sports, s’adonnent à des loisirs et nous des relations, ou les rompent. En même temps, l’humanité est aussi un fléau pour la planète. Les gens la polluent tout en l’explorant, et dans leur curiosité insatiable, il conçoivent des inventions destructrices, telles que la bombe atomique… » (extrait de la note d’intention).

L'auteur

  • La compagnie Hotel Moderne se compose de deux comédiennes et metteuses en scène (Arlene Hoornweg et Pauline Kalker), d’un performeur (Herman Helle) et d’un compositeur et interprète (Arthur Sauer). Elle a déjà créé divers spectacles sur le même principe : La Grande Guerre (2002), Kamp (2005), ou encore Notre Empire (2029) consacré aux colonies néerlandaises. Cette compagnie a reçu toutes sortes de distinctions et se produit dans le monde entier.

  • Les Histoires de crevettes appartiennent à un registre moins historique que comique, et ont été élaborées depuis un spectacle initialement donné à des enfants. 

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