Invisibili

Dancing with mister D.
De
Aurélien Bory
Mise en scène
Aurélien Bory
Avec
Avec la Compagnie 111 (Blanca Lo Verde, Maria Stella Pitarresi, Arabella Sclalisi, Valeria Zampardi), Gianni Gebbia (instruments) et Chris Obehi (chant)
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de la Ville – Les Abbesses
Place des Abbesses
75018
Paris
01 42 74 22 77

Thème

  • Alors que la gauche du plateau est occupée par le multi-instrumentiste Gianni Gebbia (orgue, saxophones), au centre, on discerne un grand rectangle noir posé au sol. Lorsque le spectacle commence, il s’élève verticalement et majestueusement pour révéler une vaste reproduction du Triomphe de la mort, fresque du XVe siècle réalisée par un peintre inconnu.
  • Dès lors, le chanteur Chris Obehi ainsi que les danseuses de la Compagnie 111 enchaînent des séquences qui évoquent les affres de la mort par le cancer, la guerre, la sénilité, ou lors des périlleuses migrations empruntant la mer Méditerranée.

Points forts

  • La plupart des danses macabres sont prenantes : des danseuses, incarnant des Parques, très justes, précises et inventives dans leurs gestes, des messages expressifs, des morceaux de bravoure tragiques (un ballet en suspension avec la Mort) mais aussi comiques (un dialogue décoiffant entre personnages du tableau interprété en Italien par l’une des danseuses). 
  • Soulignons l’inventivité déployée par Aurélien Bory dans l’utilisation de la toile – souple – servant de support à la reproduction du tableau, lequel peut avancer, reculer, engloutir littéralement dans la mort, se faire vague, ou bien drap, dans des usages multiples et judicieux.
  • Enfin une incursion des voiles et d’une caméra go pro pertinente, alors que tant de fois, ces accessoires - réduits au statut de gadget en vogue - sont des intrus superflus dans les spectacles ! 
  • Le final - en radeau de la Méduse moderne et revisité - est aussi déroutant que surprenan

Quelques réserves

  • Les interventions du personnage masculin ne sont pas toujours pertinentes, notamment lorsqu’il massacre allègrement l’Alleluia de Léonard Cohen, ce qui est un comble vu la simplicité du morceau. 
  • Des séquences parfois un peu pesamment didactiques, comme celle des migrants embarqués dans un zodiac au milieu des éléments déchaînés.

Encore un mot...

  • Cette belle chorégraphie repose sur une grande fresque peinte sur un mur du Palais Sclafani de Palerme, un hôpital des pauvres. L’œuvre sert donc d’accompagnement des patients vers une mort qui – maigre consolation - n’épargne personne, vu la variété des statuts et âges des personnages représentés.

Une phrase

« J’ai cherché à donner vie au plateau à de grands fléaux contemporains. » (interview d’Aurélien Bory, La Terrasse, n°317, janvier 2024)

L'auteur

  • Aurélien Bory a d’abord étudié la Physique, puis s’est tourné vers l’acoustique architecturale, avant de se consacrer aux arts de la scène.
  • Il dirige depuis 2000 la Compagnie 111, basée à Toulouse, où il propose un théâtre de l’espace et du corps faisant intervenir aussi bien la danse que le cirque, la musique ou les arts visuels.
  • Il a déjà à son actif La trilogie de l’espace, Espaece (2016), aSH (2018) ou encore, plus récemment, Je me souviens Le Ciel est loin de la terre aussi (2019). Bory a également scénographié La Disparition du paysage, présenté en 2021 avec Denis Podalydès.
  • A l’origine, il a créé Invisibili pour le Théâtre Biondo de Palerme, une ville dont le maire, en 2014, avait déclaré les migrants (qui commençaient alors à s’échouer sur les côtes italiennes) citoyens d’honneur de sa ville.

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