Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc
Durée : 1h10
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Thème
Adaptation théâtrale de deux textes de Charles Péguy, le spectacle est le résultat d’un montage d’une partie de la pièce Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910) - trop longue pour être représentée dans son intégralité - et d’un extrait de Jeanne d’Arc (1897).
A l’été 1428, dans son village de Domrémy, Jeannette prie sans relâche et s’inquiète de l’état de la France envahie par les Anglais durant la guerre dite de Cent ans : « Que faut-il faire pour sauver le pays ? » Face à la résignation et à l’inaction générale qui prennent la forme de l’insouciance de sa jeune amie Hauviette ou de la passion chrétienne de la religieuse Madame Gervaise, la future Jeanne d’Arc puise son énergie combattante dans l’espoir et la foi pour résister aux forces du Mal qui semblent inéluctablement dominer le territoire.
La guerre s’avère dès lors être la seule issue pour libérer le pays.
Points forts
Un texte puissant et poétique, porté par le jeu intense des comédiennes qui irradient littéralement la scène, en particulier celle qui tient le rôle-titre.
Une mise en scène sobre et épurée qui laisse toute sa place aux lumières et aux mots.
Quelques réserves
- La densité des dialogues suscite, par moment, une certaine torpeur...
Encore un mot...
Figure républicaine ayant migré à droite de la scène politique, Jeanne d’Arc peut-elle encore incarner, aujourd’hui, la “résistance au Mal“ ? Doit-on faire la guerre faute de l’avoir éradiquée ?
L’évidente actualité des thèmes évoqués tient au cas de conscience d’une héroïne qui s’interroge sur la question du silence de Dieu et des moyens de l’action, refusant la soumission à l’arbitraire de la force et le recours à la seule prière.
Écrite avant la guerre de 1914-1918, le texte entre en écho avec le chao
Une phrase
- Jeannette : « Alors, tu y tiens ? À ce que nous en fassions, ensemble, des digues et des levées de terre, avec la terre et la boue du fleuve, avec le sable, devant ce fleuve de perdition ?
- Hauviette : Voyons, Jeannette, il ne faut pas te fâcher. Tu as raison. Le mieux, si on pouvait, ce serait de tuer la guerre, comme tu dis. Mais pour tuer la guerre, il faut faire la guerre ; pour tuer la guerre, il faut un chef de guerre ; et ce n’est pas nous, n’est-ce pas ? qui ferons la guerre ? ce n’est pas nous qui serons jamais des chefs de guerre ? Alors nous, en attendant qu’on ait tué la guerre, il nous faut travailler, chacun de son côté, chacun de son mieux, à garder sauf, tout ce qui n’est pas encore gâté. » [extrait de Charles PEGUY, Mystère de la charité de Jeanne d’Arc.]
L'auteur
Né à Orléans, Charles Péguy grandit dans le culte que la ville voue à Jeanne d’Arc depuis la levée du siège des Anglais en 1429. Toute l’œuvre de l’écrivain, mort au front en septembre 1914, est traversée par cette héroïne.
Socialiste engagé dans la défense de Dreyfus au moment de « l’affaire », l’écrivain lui consacre satoute première œuvre, persuadé d’y trouver les ressorts de l’action politique avant de s’en éloigner.
Trois œuvres de Péguy, parmi les plus célèbres, sont dédiées à Jeanne d’Arc : Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910), Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1911) et Le Mystère des saints Innocents (1912).
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