En direct du Festival off d'Avignon - lundi 13 juillet

Pendant toute la durée du Festival, notre chroniqueur Jean-Pierre Hané voit pour nous les pièces à ne pas rater ... Voici sa sélection du jour 12
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Et aussi

 

  • FabuleuxFrançois Descraques

Théâtre des Gémeaux.
Mise en scèneFrançois Descraques et Valentine Roux 
Interprétation : Loïc Bartolini - Simon Froget-Legendre - Sara Sousa - Salomé Talaboulma
Du 4 au 25 juillet à 9h45, relâche les 8, 15, 22 juillet

Durant l'été 1857, Charles Dickens, le plus célèbre écrivain de son époque, reçoit la visite de Hans Christian Andersen, le plus grand conteur du monde, qui se révèle particulièrement maladroit et encombrant ! 

C’est un feu d’artifice de bonne humeur, de chansons et d’humour qui éclate aux Théâtre des Gémeaux dès le début de la matinée. Une salle qui réagit avec candeur aux sollicitations qui lui sont faites par les comédiens.
Des interprètes au tonus époustouflant , tous merveilleux chanteurs, sur des musiques aux tempos et au style varié qui contentent un public toute génération confondue. Un régal !

5 cœurs

 

  • L’homme de paroleGrégoire Delacourt

Le Théâtre des Gémeaux.
Mise en scène : Eric Metayer 
Interprétation : Véronique Boulanger 
Du 4 au 25 juillet à 16h, relâche les 8, 15, 22 juillet

Benoît est comédien. Ce soir il doit interpréter Franz Kafka sur scène. Mais ses mots sont comptés... Demain, il ne parlera plus. Alors plutôt que de dire les paroles d’un autre, il va se raconter.

Dans une mise en scène sobre d’Eric Métayer, Véronique Boulanger nous offre ici avec délectation le premier texte de théâtre de Grégoire Delacourt qui se penche le métier de comédien. C’est plein de verve, de saveur, de références délicieuses.
Son Benoît délivre une vérité fragile pleine d’humanité pour celui qui ne peut vivre dans le silence. Tantôt drôle, tantôt tendre, c’est une belle déclaration à ce métier qui a si souvent adapter son œuvre pour les planches. Le voici qu’il y pose le pied pour notre plus grand bonheur.

3 cœurs

 

  • Dessiner encoreCoco Adaptation : Salomé Villiers et Hélène Degy

Théâtre des Bêliers
Mise en scène : Georges Vauraz 
Interprétation : Hélène Degy - Anna Mihalcea - Salomé Villiers en alternance avec Jessica Berthe-Godart - Emma Pasquer
Du 4 au 25 juillet à 13h40, relâche les 9, 16, 23 juillet

Elle s’appelle Corinne, alias Coco. Le 7 janvier 2015, les attentats de Charlie Hebdo ont bouleversé sa vie en une poignée de minutes.

Dans une mise en scène et une scénographie dont il a le secret Georges Vauraz a su transposer cet hommage de cette dessinatrice dont la vie a basculé le jour des attentats de Charlie Hebdo.
Elles sont trois comédiennes formidables à figurer la protagoniste de ce drame qui lui vit tomber tous ses camarades chacune apportant sa touche particulière à cet bel hommage vibrant à « l’esprit de Charlie » qui a bouleversé la France entière et qui nous rappelle qu’ « il n’est point de bonheur sans liberté et de liberté sans courage ».

4 cœurs

 

  • ContractionsMike Bartlett

Le Coin de la lune
Mise en scène : Rana Khoury 
Interprétation : Melanie Bouexiere - Elara Le Floch
Du 4 au 25 juillet à 11h30, relâche les 8, 15, 22 juillet

Dans Contractions, une manageuse mène un interrogatoire froid et méthodique sur la vie privée d’une employée. Question après question, la frontière entre vie professionnelle et vie intime disparaît… jusqu’à l’absurde.

Construite comme une machine à broyer nous sommes pris dans une dramaturgie à dessein répétitive qui angoisse, étouffe, parfois jusqu’à l’absurde et l’insupportable. Cette pièce est un huis-clos dans lequel les deux excellentes comédiennes nous agrippent dès les premiers mots pour ne plus nous lâcher jusqu’à l’issue de cet entretien dont Georges Orwell pourrait reconnaitre la paternité.
C’est une pièce, c’est presque une performance dont la mise en scène froide et méthodique impulse un rythme qui se joue de nous comme des personnages. Le monde de l’entreprise est ici la cible et le reflet d’une réalité effrayante si nous n’y prenons pas garde. Chantage, intimidation, manipulation, harcèlement, les frontières sont minces au libre arbitre de l’employé. Quand l’intimité s’efface à cette seule injonction : « ce que vous êtes, ce que vous faites, cela regarde l’entreprise »
Glaçant, mais passionnant.

4 cœurs

 

  • Alice Guy, la pionnière du cinéma – Caroline Rainette

Théâtre des Corps saints
Mise en scène : Lennie Coindeaux - Caroline Rainette
Interprétation : Lennie Coindeaux - Jérémie Hamon - Caroline Rainette
Du 4 au 25 juillet à 15h, relâche les 9, 16, 23 juillet

Déterminée et portée par une intuition géniale, elle ouvre la voie au cinéma de fiction. De la création des studios Gaumont à la conquête d'Hollywood, elle réalise plus de 1000 films, à une époque en pleine effervescence où se croisent les frères Lumière, Georges Méliès ou encore Gustave Eiffel. Première femme réalisatrice au monde, elle nous entraîne dans le récit fascinant d’une vie hors norme.

Partez à la découverte du destin extraordinaire de cette femme qui fonda les plus grands studios hollywoodiens et à qui le Cinéma rend aujourd’hui un hommage tardif.
Une mise en scène où s’enchainent documents d’archives, animations et dans une interprétation d’une grande justesse. Ça se déguste comme une friandise théâtrale. Un spectacle rythmé, riche, enlevé. Laissez vous « embobiner » !

4 cœurs

 

  • Katte – de Jean-Marie Besset

La condition des soies
Mise en scène : Frédérique Lazarini
Interprétation Valerian Geay – Philippe Girard - Marion Lahmer – Marie-Christine Letort – Tom Mercier – Thomas Paulos - Stéphane Valensi
Du 3 au 25 juillet à 20h50, relâche les 8, 15, 22 juillet

En 1730, dans le tout nouveau Royaume de Prusse et sa nouvelle capitale Berlin, le Roi Guillaume impose sa démesure martiale à tout l'état et fait régner la terreur dans sa propre famille. Ce qui fit dire plus tard à Mirabeau « La Prusse n'est pas un État qui possède une armée, c'est une armée ayant conquis une nation ». Les choses ne pouvaient que mal aller entre un père qui ne s'intéressait qu'à la guerre et à la chasse, et un fils qui ne voulait que jouer de la flûte et lire des poètes français.
Confronté à la brutalité croissante du Roi, le jeune prince Frédéric, 17 ans, trouve comme allié, en plus de sa sœur aînée Mine, sa confidente de toujours, un fringant officier de la garde royale, Hans-Hermann von Katte, dont il tombe amoureux. Un jour où Frédéric a été battu et humilié publiquement par son père, il décide de s'enfuir vers la France, avec la complicité de Katte.

Une tragédie en vers comme on n’en écrit plus aujourd’hui au souffle romantique et aux accents de Schiller nous surprend à la Condition des soies. Étonnant par sa parfaite maîtrise technique et son interprétation puissante avec une mention toute spéciale pour ses deux protagonistes principaux, Valérian Geay et Tom Mercier qui véhiculent dans leur jeu une puissance virile et poétique qui sublime cette histoire d’amour impossible au royaume de Prusse.
L’ensemble de la distribution complète cette atmosphère lourde de colères et de complots sous l’autorité effrayante de Philippe Girard. Frédérique Lazarini réalise là une très belle direction de comédiens qui nous transporte le temps d’une soirée dans une autre temps, à l’écoute d’une langue travaillée avec soin. « De la belle ouvrage » , surtout ne vous en privez pas !

4 cœurs

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