Killer Joe
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Thème
Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars, ou l’on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance-vie, en l’occurrence celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars.
Mais qui va se charger du sale boulot ? Killer Joe est alors appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris, raide comme un passe-lacets.
Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin : monsieur a des principes… jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris. Alors, Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance, si on le laisse “jouer“ avec Dottie.
Points forts
Le décor imaginé par George Vauraz est plutôt bien pensé : un bar circulaire en formica au milieu de la scène, avec un four crasseux et un frigo uniquement rempli de bières, et dont la porte ferme mal, une télé en hauteur allumée en permanence, deux sièges en skaï rouge miteux, tout semble branlant, fragile, comme prêt à s’effondrer, en miroir avec l’état général de cette pièce.
Neil Chablaoui, le guitariste au blouson en cuir avec des ailes dans le dos, présence annonciatrice du destin funeste des protagonistes, tient une partition sans fausses notes. Le son écorché de sa guitare électrique nous ravit chaque fois qu’il survient.
Rod Paradot et Carla Muys, les deux jeunes de cette histoire, font l’un et l’autre une composition de personnage plutôt crédible. Ils sont sincères et intenses, sans chercher à en faire trop ou à entrer dans la caricature… on ne peut pas en dire autant de leurs partenaires aînés.
Quelques réserves
On est sensé être mal à l’aise tout le temps dans cette pièce, on devrait sentir le danger prêt à surgir à tout moment, même avant l’arrivée de Joe, et une fois qu’il est là, on devrait être terrorisé, se ratatiner sur son siège, avoir même envie de quitter la salle … De fait, on a envie de la quitter, mais pas pour les raisons invoquées plus haut !
On pourrait croire que l’on assiste à une adaptation comique, burlesque, presque de boulevard, et alors on pourrait se dire « Pourquoi pas ? C’est un parti pris ! »… malheureusement, tout ici est au premier degré…
Joe Cooper, avec ses yeux bleus qu’il fixe pour mieux voir, et son phrasé poli et calme pour mieux entendre, nous terrifie presque autant que le loup des Trois petits cochons…Pauline Lefèvre et Olivier Sitruk dont tellement caricaturaux qu’on ne peut que les voir essayer de jouer quelque chose…
On attend évidemment la scène du KFC, et on est évidemment déçus, puisque même là, le malaise et la peur ne surgissent pas.
Encore un mot...
On ressort avec l’envie non point de revoir cette pièce, mais plutôt l’adaptation cinématographique réalisée par William Friedkin en 2011, ce qui pour le coup ne serait pas une perte de temps…
- Killer Joe étant déconseillé au moins de 16 ans, l’on serait tentée d’ajouter « et même aux autres »…
L'auteur
Tracy Letts est un acteur américain, un scénariste et un dramaturge. Il commence sa carrière au Steppenwolf Theatre avant de faire ses débuts à Broadway en tant que dramaturge avec sa pièce August :Osage County (2007), pour laquelle il reçoit le prix Pullitzer for Drama et le Tony Award for Best Play.
Il écrit de nombreuses pièces de théâtre, dont il signe aussi pour certaines, l’adaptation cinématographique, dont Bug et Killer Joe, toutes deux réalisé par William Friedkin.
- A la télévision, il est connu pour son rôle d’Andrew Lockhart dans la série Homeland et bien d’autres encore ! Il est marié depuis 2013 à l’actrice Carrie Coon.
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