Le Chant des Lions

De Kessel à Druon souffle l’esprit de la Résistance
De
Julien Delpech et Alexandre Foulon
Mise en scène
Charlotte Matzneff
Avec
Marina Pangos, Elodie Colin, Eric Chantelauze, Thierry Pietra, Thibault Pinson et Mehdi Bourayou.
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre Tristan Bernard
64 rue du Rocher,
75008
Paris
01 45 22 08 40
Jusqu’au 30 mai 2026. Les mardis, mercredis et samedis à 19h ; les jeudis et vendredis à 21h

Thème

  • En 1933, la célèbre chanteuse Germaine Sablon se produit dans un cabaret parisien. Dans la salle, parmi les spectateurs, il y a ce soir-là Joseph Kessel, aviateur, journaliste, baroudeur et accessoirement aventurier. Un incorrigible séducteur. A ses côtés, sa compagne du moment, la belle Katia, et Maurice, le jeune neveu de Kessel. Darrier, le patron du cabaret, n’est pas loin.

  • Joseph Kessel, subjugué par l’artiste, demande à lui être présenté. Katia connait Germaine et, bonne âme, joue les intermédiaires : c’est le coup de foudre. L’idylle durera quelque temps, mais la guerre approche et le couple se sépare... Retour sur image : on est en 1920, et l’on voit Lazare, le frère cadet de Joseph, en proie à ses démons existentiels, qui se suicide en laissant derrière lui un fils, Maurice… Celui-ci, dans l’ignorance du drame, sera adopté par Kessel et deviendra célèbre sous le nom de Druon.                                                           

  • Nous sommes à présent en 1943 et Darrier, sergent recruteur pour l’armée secrète de la Résistance, et qui a la tête de l’emploi, convainc la joyeuse bande de rejoindre l’AS,  y compris Germaine, chanteuse à « la voix d’or ».

  • Là, ils retrouvent une jeune femme très courageuse, dite « la Carpe » tant elle est muette, et le restera, même sous la torture.  Tous vont se retrouver à Londres répondant à l’Appel du 18 juin ! C’est là que va naître, dans un studio de la BBC, Le Chant des Partisans.  Maurice est aux manettes, Germaine au micro, Kessel, en coulisses, participe avec  son neveu à l’écriture du texte.

Points forts

  • Tout d’abord la mise en scène : dynamique, inventive et en même temps lisible, malgré le flou entretenu entre fiction et réalité, au nom d’une dramaturgie qui tient le spectateur en haleine. Les petites histoires (d’amour) se mêlent à la Grande Histoire.
  • Un coup de théâtre génial, efficace,  impeccablement exécuté. Charlotte Matzneff rapproche deux scènes, à des époques décalées, qui s’opposent sur scène simultanément, dans des décors animés.  C’est vivant comme au cinéma ! Une technique mise en œuvre assez souvent au cours de la pièce.
  • Le jeu des interprètes, en particulier Elodie Colin, excellente dans le Rôle de Katia, la compagne de Kessel, dans son numéro d’approche  de Germaine Sablon, jouée par Marina Pangos à la voix puissante et mélodieuse à la fois. Les “seconds“ rôles sont assez exceptionnels, tels La Carpe interprétée par une Elodie Colin, encore elle, dans un rôle de mime étourdissant,  et Darrier, plein de gouaille et d’énergie (Thierry Pietra). 

Quelques réserves

  • Eric Chantelauze (Joseph Kessel), accroc à la dive bouteille plus qu’à son tour, en fait des tonnes, tandis que Thibaut Pinson qui joue un  Maurice qui n’est pas encore Druon, n’en fait pas tout à fait assez, à notre sens !

  • Quelques esprits chagrins (et documentés) entonneront l’air du « Ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça. » Qu’importe, c’est une belle romance !

Encore un mot...

  • Concernant la création du Chant des Partisans, une petite précision pour les passionnés de la Seconde Guerre mondiale : le Général de Gaulle, chef de la France Libre à Londres, commanda à Kessel le texte d’une chanson destinée à devenir l’hymne de la Résistance. 

  • Le baroudeur, à la peine pour trouver les rimes, appelle son neveu à la rescousse. Pas de problème ni d’états d’âme, d’autant que Kessel apporte sa pièce à l’édifice en recyclant un air joué devant lui la veille par une réfugiée russe, Anna Marly (née Betoulinsky), mais sans paroles, et pour cause... 

  • Un tube était né et une voix d’or célèbre pour la postérité.  

Une phrase

…et un couplet :

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur les plaines ?
 Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »

L'auteur

  • Julien Delpech et Alexandre Foulon sont deux très jeunes auteurs. Julien Delpech est né en 1999 et, le bac en poche, il monte sa société de production Gaité production et se met tout de suite à écrire des pièces de théâtre. Une des premières sera «  Molière l’Imposteur » jouée 30 fois.

  • A 18 ans, il rencontre Alexandre Foulon, avec qui il écrit Les Téméraires, puis Le Chant des Lions. Alexandre Foulon est un artiste éclectique, à la fois comédien, metteur en scène, auteur, régisseur.  Il a été formé au conservatoire du XVème à Paris après ses études à Aix en Provence. 

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