Le Horla

Mystère de l’invisible
De
Guy de Maupassant (adaptation : Frédéric Gray)
Durée : 1h40
Mise en scène
Frédéric Gray assisté par Olivier Troyon
Avec
Guillaume Blanchard et Olivier Troyon (en alternance avec Frédéric Gray)
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

À La Folie Théâtre
6, rue de la folie Méricourt
75011
Paris
01 43 55 14 80
Jusqu’ au 1er février 2026, le jeudi à 19h30, le samedi et le dimanche à 18h.

Thème

  • C’est, au début de son journal intime, un homme sans histoires, amoureux de la nature, d’humeur tranquille, un homme normal. Mais Il semble pourchassé par un être invisible. 
  • Le doute s'installe alors : ce Horla existe-t-il vraiment ? Ne sombre-t-il pas peu à peu dans la folie ? Il devient progressivement obsédé par une mystérieuse présence.
  • Maupassant nous entraîne dans les abysses de l'angoisse et les méandres de l’âme humaine, entre hallucinations, hypnose, et cauchemars. Un soir, il rencontre lors d’un dîner un hypnothérapeute, qui l’impressionne à propos du pouvoir de suggestion sur l’esprit. Le héros est tellement perturbé qu’il finira par se mettre en danger, lui et ses nombreux domestiques.

Points forts

  • Le texte de Maupassant est très beau, très évocateur de la Normandie où vit le personnage principal, et où l’auteur a passé presque toute sa vie, entre les boucles de la Seine, Rouen, le Mont Saint Michel et les forêts. 

  • Les réflexions du moine au Mont Saint Michel, terre de légendes, sur les limites de la perception humaine sont très évocatrices, presque philosophiques. Même la vie politique de l’époque est évoquée avec malice lors de sa visite à Paris 

  • L’interprétation du comédien principal, Olivier Blanchard est très expressive, dans un décor dépouillé (cadres de tableaux, bougies, pénombre, éclairages subtils). Il exprime bien le sentiment de peur qui l’envahit peu à peu, et ses efforts désespérés pour réagir et comprendre ce qui lui arrive. Cette interprétation permet de mieux s’imprégner du récit et de le vivre intensément

Quelques réserves

  • Le décor est très dépouillé et l’interprétation convaincante, cependant, on aurait aimé avoir une vraie interprète pour jouer le rôle de la femme, sa cousine Madame Sablé, sous hypnose (elle est jouée par l’un des deux comédiens). 

  • Le côté expressif de l’interprétation est un peu exagéré et manque de nuances dans la seconde partie, lorsque le comédien en prise à son mal adopte un ton parfois excessivement poussif. 

  • Ce spectacle, qui se joue depuis cinq ans, a visiblement conquis son public. Il mériterait d’être « rafraichi » tant pour les décors que pour le rythme de la pièce.

Encore un mot...

  • Ce texte a pour particularité d’être la première œuvre de fiction à présenter l’évolution d’un trouble mental sous son angle médical, à travers les pensées de celui qui le subit, ce qui est particulièrement troublant pour le lecteur, qui peut s’identifier au personnage principal, et donc mieux ressentir la progression de son angoisse. Il est intéressant de suivre en parallèle les troubles du personnage et ce que l’on apprend sur l’évolution de la médecine, en particulier les questions d’hypnose et d’emprise. Même la presse est évoquée avec le crieur de journaux qui rapporte dans la Revue du monde scientifique des événements qui pourraient expliquer le mal du personnage. 

  • La question de la santé mentale et des dangers de l’emprise restent des sujets d’actualité. La pièce peut fournir l’opportunité d’une réflexion renouvelée sur la fragilité humaine.

Une phrase

  • « Je le sens près de moi, m’épiant, me regardant […] Ai-je perdu la raison ? »

L'auteur

  • Guy de Maupassant est né, à Fécamp, le 5 août 1850. Fils d’une bourgeoise, Laure le Poitevin et d’un noble, Gustave de Maupassant, il passe sa petite enfance à Paris mais ses parents se séparent et il est élevé à Etretat par sa mère, éprise de littérature et amie de Flaubert. Il fait des études de droits à Paris, travaille dans des ministères, puis se tourne vers le journalisme et l’écriture après le succès de Boule de Suif.
    Il publie six romans et plus de 300 contes et nouvelles, ainsi que des récits de voyages et des correspondances. Sa santé physique et morale se dégrade à la fin des années 1880. Il a des hallucinations et souffre de la syphilis. Il meurt le 6 juillet 1893 dans la clinique ou il est interné.

  • Après avoir créé plusieurs compagnies théâtrales, Frédéric Gray devient membre fondateur de la Compagnie La Clique en 2001. Menant parallèlement un travail de comédien et de metteur en scène, il met en scène, en autres, La valse du hasard de Victor Haïm, La nuit de Madame Lucienne de Copi, Les tas de couples création de sa compagnie, Les Artoasts.
    En 2004-2005, il adapte et met en scène Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde dans une version contemporaine qui connaît un beau succès à Paris. Il met également en scène un spectacle d’après des textes de Jean Tardieu La comédie des mots dits qui ravira le public parisien. En 2008, Fr. Gray devient Directeur d’A La Folie Théâtre (Paris 11e), où il dispense notamment des cours de théâtre pour adultes.
    En 2013, il co-met en scène, avec Géraldine Clément, Mademoiselle Frankenstein de Thierry Debroux, dans lequel il joue également. Ce spectacle est nommé cinq fois aux P’tits Molières 2014 (meilleure scénographie, meilleure mise en scène, meilleur visuel, meilleur comédien, meilleure comédienne). Mademoiselle Frankenstein remporte le P’tit Molière 2014 de la meilleure scénographie et du meilleur visuel.
    En 2016, ce spectacle remporte la Salamandre d’Or du meilleur spectacle. Ce spectacle se jouera plus de 120 fois, à Paris et en province, de 2013 à 2017. De 2018 à 2022, il met en scène et joue En couple, situation provisoire sur des textes de Jean-Michel Ribe, nominé aux p’tits Molières 2018 en tant que meilleur spectacle d’humour. Son Horla a reçu une nomination 2022 pour la meilleure mise en scène, aux Cyranos.

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