Mentor

Sous l’emprise de la musique… et de son maître : une autre version du harcèlement
De
Lara Aubert
Mise en scène
Bénédicte Budan
Avec
Lara Aubert, Alexis Desseaux, Nicolas Biaud-Mauduit, Sandrine Le Berre.
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Studio Hébertot
78bis boulevard des Batignolles
75017
Paris
01 42 93 13 04
Jusqu’ au 27 mai 2026. Les mardis et mercredis à 19h

Thème

  • Devenir une grande contrebassiste classique, c’est l’obsession de la jeune Lola. Sous la pression de ses parents, musiciens intransigeants, elle intègre, enthousiaste et soumise, une classe préparatoire de formation réputée, sous la férule d’un musicien renommé. 

  • Lola est subjuguée et suit à la demi croche près les enseignements du maître, répétitifs, et quelquefois dérisoires. Lola, jeune naïve, fragile (et pure) parait prête à tout pour atteindre son rêve.
    Hélas, sous la tension et la peur de mal faire ou de déplaire, la pauvre Lola n’en dort plus.

  • Du coup, elle va consulter un psy qui, de gourou, devient vite un confident.  On se doute que quelque chose ne va pas (trop bien ?) entre le maître et son  élève : trop de compliments soudain… un léger chantage ? Une monnaie d’échange pour passer dans la classe supérieure ?

  • Jusqu’au jour où le mentor manipulateur déclare à la maman qu’il croit Lola amoureuse de lui. Le masque tombe…

Points forts

  • Une mise en scène forte et originale autour d’une comédienne qui interprète très bien son rôle, immobile mais immense, sans paroles et sonore en même temps, la contrebasse… et qui, trônant au milieu de la scène, capte notre attention durant tout le spectacle.

    • Un sujet sensible et d’actualité interprété par un quatuor de comédiens touchants et sincères, chacun dans son registre  Philippe, l’excellent Alexis Desseaux en mentor et professeur parfaitement convaincant, masquant jusqu’au bout  une personnalité de pervers narcissique tout à fait détestable ; 

    • Lola (Lara Aubert), l’élève, jeune fille sous emprise, luttant courageusement contre son tyran et contre elle-même avec sa folle envie de réussir à tout prix ; 

    • la mère, Anna, aimante et maladroite, interprétée par Sandrine Le Berre qui, déterminée est dotée d’une  tessiture vocale unique lui permettant de se faire entendre du haut des escaliers ! 

    • enfin Jacques (Nicolas Biaud-Mauduit), le confident secourable, sorte de psy à la retraite et effectivement légèrement en retrait parce que sans solution.

Quelques réserves

  • L’intensité dramatique est sacrifiée progressivement au profit de séquences répétées mais un peu convenues avec un psy sympathique certes et avec une mère inquiète, sans doute à juste titre. Du coup le spectateur se rassure et en vient à relativiser le danger, ce qui est dommage pour l’émotion. On a failli avoir peur !

Encore un mot...

  • L’intention de la production et de l’auteur est de sensibiliser enseignants et élèves sur les risques de harcèlement, hors harcèlement sexuel, en milieu éducatif par des échanges avec les artistes. Ce projet prend forme avec le Syndicat Enseignant d’Orléans et le lycée Carnot à Paris.

Une phrase

  • Laura [tableau final] : « J’ai réussi à m’extraire de ce cauchemar et je dors maintenant, mais je ne peux plus jouer de ma contrebasse. Alors je me suis complètement plongée dans le théâtre. » (histoire vécue)

L'auteur

  • Lara Aubert, comédienne, musicienne et auteure, commence par étudier la contrebasse au Conservatoire régional de Paris puis au Conservatoire supérieur de Düsseldorf. Elle jouera à l’Opéra du Rhin puis à la BBC Opera ; elle adapte pour le théâtre du Funambule Montmartre la pièce La Parisienne d’Henri Becque. Par la suite, elle interprétera des rôles de cantatrice et de musicienne (Coups de foudre, pièce écrite et mis en scène par Pauline Dragon). Elle a créé sa propre société de production, dédiée à la formation aux activités du théâtre 

  • Bénédicte Budan, metteuse en scène de théâtre et d’opéra, a suivi un cursus de danse, piano et chant. Elle a monté, entre autres, les Noces de Figaro de Mozart,  Miracle en Alabama de W. Gibson, les Sortilèges de Ravel… On lui doit ici cette direction d’acteurs impeccable.

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