The Servant

Bon, mais dans l'ombre basse du film
De
Robin Maugham
Mise en scène
Thierry Harcourt
Avec
Maxime d’Aboville, Roxane Bret ou Juliette Petiot, Xavier Lafitte, Adrien Melin, Alexie Ribes
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Studio des Champs-Elysées
15 Avenue Montaigne
75008
Paris
0153239919
Jusqu’au 27 juillet

Thème

Après avoir trop longtemps végété en Afrique, Tony est de retour à Londres par la grâce d’un héritage inespéré. Le jeune homme y retrouve la femmes qu’il aime et son meilleur ami dans le petit hôtel particulier que ce dernier a loué pour lui. 

Une grande maison suppose un domestique, et voici l’excellent Barrett – the servant – engagé avec les meilleures références. Valet de chambre, parfait cuisinier, tapissier ou plombier s’il le faut, il fait tout, et même plus, prenant pas à pas le contrôle de la vie de son maître. La jeune fille aimée et l’ami d’enfance gênent : il les écarte insidieusement... Et ce n’est pas fini ! L’enserrement psychologique auquel Tony se laisse prendre va-t-il aboutir à l’inversion des rôles entre les deux hommes ?

Points forts

Maxime d’Aboville est épatant en serviteur pervers et dépravé (il a obtenu le Molière du comédien 2015 pour ce même spectacle, mais au Poche-Montparnasse) et ses partenaires lui donnent parfaitement la réplique. Dans le rôle de Tony, Xavier Lafitte met tout son charme (n’est-ce-pas Mesdames !) et donne au personnage, sur la fin, une sorte de lucidité tragique bien menée. Tout cela baigne dans une ambiance anglaise très années 1950 avec, entre les scènes, l’accompagnement musical qui va avec.

Quelques réserves

Si vous avez adoré le film, vous risquez d’être déçu par la pièce, d’abord parce que vous connaissez la fin, ensuite parce que le théâtre, tenu par le jeu de scène, a du mal en regard des artifices infinis du cinéma, surtout lorsque Joseph Losey est derrière la caméra et Dirk Bogarde devant… Enfin, la tension homosexuelle qui, peu à peu, lie le manipulateur à sa proie imprègne le roman et le film ; elle est plus effleurée dans la pièce, et la profondeur psychologique des personnages en souffre.

Encore un mot...

On dirait bien que ce pauvre Tony n’a que ce qu’il mérite. Non content, par pure paresse – à moins que ce ne soit l’ennui, cette maladie imbécile des oisifs aisés –, de laisser Barrett prendre en main son existence, il s’abandonne à son penchant pour les soubrettes que le valet place opportunément dans son lit dans le but de... Mais on ne va pas tout vous dire!

Une phrase

« Vous pouvez être sûr, Monsieur, que je ferai tout pour vous être agréable… »

L'auteur

Publié en 1948, The Servant est, pour le public français, le roman le plus connu de Robin Maugham (1916-1981), sans doute à cause de l’adaptation magistrale qu’en fit Joseph Losey au cinéma, en 1963, avec Dirk Bogarde et James Fox à l’affiche. Neveu de Somerset Maugham, ascendance qui n’est pas étrangère à son goût pour l’écriture, membre de la chambre des Lords mais l’âme résolument à gauche, sir Robin avait toute l’éducation gentry nécessaire autant qu’une distance marquée à l’égard de ses origines sociales pour camper le sulfureux face-à-face entre un jeune aristocrate anglais et son étrange domestique.

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