Terre des hommes

Perdu dans le désert, entre hallucinations et espoirs
De
Antoine de Saint-Exupéry
Adaptation : Pierre Devaux
Durée : 1h05
Mise en scène
Thierry Harcourt
Avec
Pierre Devaux (qui signe également l’adaptation)
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre Le Contrescarpe
5, rue Blainville
75005
Paris
01 42 01 81 88
Du 28 août au 19 décembre 2026. Tous les vendredis et samedis à 19 heures

Thème

  • Récit autobiographique publié en 1939 en forme de parabole, adapté à la scène, Terre des hommes fait partie des textes classiques du célèbre écrivain-aviateur Antoine de Saint-Exupéry, qui finalement disparaît en vol en Méditerranée en juillet 1944.

  • Jeune pilote au service de l’aéropostale, son avion échoua dans le désert du Sahara lors de son premier vol officiel vers Dakar, entamé le 29 janvier 1926. 

  • Après plusieurs jours sans eau et sans nourriture, il se retrouve, avec Prévot le mécanicien qu’il apprend à mieux connaître, au bord de la folie et torturé par la soif, dans un état de faiblesse aigüe, avant d’être secouru par des Bédouins.

Points forts

  • Un seul en scène porté par un comédien charismatique, dans un décor épuré qui, avec quelques costumes, évoque la trajectoire de Saint-Exupéry.

  • L’exaltation juvénile est restituée sans exagération.

Quelques réserves

  • Quelques longueurs dans l’adaptation qui retardent un dénouement facile à deviner, tant le texte est connu.

Encore un mot...

  • La découverte de la terre et de la fraternité humaine fait partie du legs littéraire de Saint-Exupéry, dont l’œuvre est saturée d’une vision optimiste de l’humanité qui transcende les frontières liées à la condition sociale, à la nationalité et à toutes les appartenances. 

  • La survie s’inscrit chez lui dans une parabole du vivant. Ainsi, ces deux hommes, isolés en plein désert, redécouvrent des gestes archaïques pour trouver dans leur environnement les réflexes d’une faune dépendante des éléments.

L'auteur

  • « Guillaumet m’avait précédé sur les routes. Guillaumet connaissait les trucs qui livrent les clefs de l’Espagne. Il me fallait être initié par Guillaumet. Quand j’entrai chez lui, il sourit : “ Je sais la nouvelle. Tu es content ?“ Il s’en fut au placard chercher le porto et les verres, puis revint à moi, souriant toujours : “Nous arrosons ça. Tu verras, ça marchera bien.“

Il répandait la confiance comme une lampe répand la lumière, ce camarade qui devait plus tard battre le record des traversées postales de la Cordillère des Andes et de celles de l’Atlantique Sud. Quelques années plus tôt, ce soir-là, en manches de chemise, les bras croisés sous la lampe, souriant du plus bienfaisant des sourires, il me dit simplement : « Les orages, la brume, la neige, quelquefois ça t’embêtera. Pense alors à tous ceux qui ont connu ça avant toi, et dis-toi simplement : ce que d’autres ont réussi, on peut toujours le réussir. »

Cependant, je déroulai mes cartes, et je lui demandai quand même de revoir un peu, avec moi, le voyage. Et, penché sous la lampe, appuyé à l’épaule de l’ancien, je retrouvai la paix du collège.

Mais quelle étrange leçon de géographie je reçus là ! Guillaumet ne m’enseignait pas l’Espagne; il me faisait de l’Espagne une amie. Il ne me parlait ni d’hydrographie, ni de populations, ni de cheptel. Il ne me parlait pas de Guadix, mais des trois orangers qui, près de Guadix, bordent un champ : « Méfie-toi d’eux, marque-les sur ta carte… » Et les trois orangers y tenaient désormais plus de place que la Sierra Nevada. Il ne me parlait pas de Lorca, mais d’une simple ferme près de Lorca. D’une ferme vivante. Et de son fermier. Et de sa fermière. Et ce couple prenait, perdu dans l’espace, à quinze cents kilomètres de nous, une importance démesurée. Bien installés sur le versant de leur montagne, pareils à des gardiens de phare, ils étaient prêts, sous leurs étoiles, à porter secours à des hommes. »

Et aussi

  • Écrivain, humaniste et aviateur, Saint Exupéry (1900-1944) était déjà une légende de son vivant. Il fait partie de ces pionniers de l’aviation pour lesquels voler était une entreprise dangereuse. 

  • Saint Exupéry a survécu à plusieurs accidents, jusqu’à l’été 1944 où il perd la vie lors d’un vol de reconnaissance en Méditerranée. 

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche