Pourquoi je n’ ai jamais été heureux en amour
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Thème
C’est l’ histoire d’ un petit garçon né au bord de la Méditerranée, et qui a oublié de grandir. Flanqué d’une mère juive convertie et « plus juive que toutes les mères juives » dixit l’auteur, sans que cela n’explique tout. Mais il y a aussi une mer chaude, avec ses odeurs de sel sur la peau, ses sensations de plénitude – et là on comprend un peu mieux. Bref, voilà de quoi prolonger indéfiniment l’enfance avec quelques balises : l’amour de la vie, des femmes , l’éblouissement des rencontres.
Oui, au fond, à quoi bon grandir ? Après tout, la confidence de l’aumônier du Vercors à André Malraux sur sa longue expérience de confesseur se résumait à ceci : « Les gens sont beaucoup plus malheureux qu’on ne croit, et puis le fond de tout, c’est qu’ il n’ y a pas de grandes personnes. »
Ainsi donc, Patrick Massiah est en bonne compagnie, il se livre à corps perdu, le coeur en bandoulière, au jeu cruel et âpre de la vérité : une enfance dans les années 1960, ballottée au gré des errances familiales entre le Maroc, Montpellier, Nice, et ce petit roseau tendre et fragile qui cherche sa place. Morne torpeur des dimanches, premiers émois amoureux, apprentissage de la liberté, découverte de la puissance du langage avec ces mots qui mènent au théâtre et séduisent parfois les jeunes filles, à condition de croire en soi, de disposer d’ un bon capital de confiance. Hélas, le fait d’ avoir eu des parents aimants ne permet pas forcément d’ acquérir cette richesse.
Il faut se débrouiller, comme on peut, et Patrick Massiah s’en sort plutôt bien, la preuve, sur sa vie rêvée ou réelle, il a écrit, après avoir longtemps tourné autour du pot, un livre dont il a tiré ce spectacle.
Points forts
Une confession intime, drôle, pudique, traversée par des moments de vrai théâtre, tirades classiques, mimiques d’ Arlequin, imitations célèbres (mention particulière à l’accent pied noir de Roger Hanin), un tête-à-queue surprenant.
Une mise en scène sobre, épurée, ponctuée par de belles chansons a capella, comme autant de “ bornes de mémoire. “
Des portraits de femmes, mère, grand-mère, amoureuses (ou pas) attachants et respectueux .
Quelques réserves
- Très peu, si ce n’est ça et là de petites longueurs, mais lors de la représentation, j’avoue avoir ri de bon cœur.
Encore un mot...
- L’exercice de la confession est souvent périlleux. Mais ici, la sincérité du propos emporte tout.
Une phrase
- « Toutes les autorisations et les permissions, mots magiques de l’enfance, que je n’ai pas eues depuis ma naissance, se présentent et dansent devant moi. Elles m’invitent. Aller me baigner, jouer au tennis, faire du judo, sortir avec mes potes, conduire une grosse moto, marcher les mains dans les poches, fréquenter qui je veux et surtout les filles que je voulais fréquenter. Du plus loin que je me souvienne, depuis tout petit j’aime les filles. »
L'auteur
Patrick Massiah a mis en scène Feydeau, Courteline, Cocteau, et adapté pour le théâtre Monsieur Butterfly d’après le roman d’Howard Buten.
Comédien, il enseigne l’art dramatique auprès d’acteurs, et développe un travail pédagogique auprès d’adolescents.
Commentaires
Un « seul en scène » plein d’émotion et d’authenticité
Un beau jeu de rôle, de mime
On se laisse porter au cœur de sa vie en quête d’amour et de reconnaissance
Un spectacle sensible et profondément humain.
Patrick Massiah offre une interprétation juste et touchante, portée par un texte fin, mêlant humour et émotion. La mise en scène épurée crée une vraie proximité avec le public et invite à une réflexion douce sur l’amour et les fragilités intimes. On ressort ému et apaisé, avec le sentiment d’avoir vécu un moment sincère et précieux.
Pièce de théâtre très interessante et très émouvante Un comédien très professionnel il a su mettre en scène sa vie je n’en dirais pas plus je vous recommande d’aller la voir et découvrir cette mise en scène exceptionnelle
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