Exilium, T1, Koïos

Rythmé, Très bien illustré, mais scénario un peu faible
De
Cédric Simon & Cédric Stalner
Editions Glénat - 56 pages
Notre recommandation
3/5

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Lu / Vu par

Thème

Le luxueux vaisseau spatial Le Glory quitte la Terre le 27 septembre 2189 pour emmener ses passagers vers la station Paradis Lunella. 244 ans plus tard, le capitaine Sonntag sort de son sommeil artificiel sur Kayenn, planète hostile, ainsi baptisée par les survivants du Glory qui s’y sont échoués.

Sonntag se confronte rapidement à l’organisation de la petite colonie établie de nombreuses années auparavant par les premiers passagers à s’être réveillés après avoir survécu à la longue dérive de l’appareil. Il découvre également une nature aussi tropicale qu’hostile et fait la connaissance de Sara, membre d’une organisation rebelle au sein de la colonie, et de sa sœur Luz, personnage énigmatique.

Mais qui est vraiment ce Sonntag ? Quel lien a-t-il avec Koïos, cette entité qui nous parle tout au long de l’épisode ? Et que sont exactement ces ombres qui effraient tant la petite population ?

Points forts

Le dessin d’Eric Stalner met tout de suite le lecteur dans l’ambiance, entre le post apocalyptique et l’enfer vert d’inspiration amazonienne. Le gris du métal et le vert sombre de la végétation alternent sur des fonds ocre et poussiéreux. Le trait est soigné, les personnages rapidement identifiables, les décors sont précis.

L’album est rythmé et ne laisse pas une minute au lecteur pour souffler, les révélations s’enchaînent alors que l’action ne se déroule que sur 3 jours à peine. Le découpage des vignettes, varié, avec de nombreuses superpositions, maintient le lecteur en alerte.

Malgré un scénario un peu faible, le suspens s’installe, et l’envie d’en savoir plus tient le lecteur jusqu’au bout de l’épisode, créant l’attente du prochain numéro.

Quelques réserves

Pour un album de science-fiction, Koïos donne un peu une impression de « déjà vu » et rebat sans beaucoup d’originalité quelques clichés déjà bien usés comme, par exemple, Big-Brother ou les zombies.

Le rythme haletant sur lequel se déroule l’histoire évite certes l’ennui, mais m’a laissé à plusieurs reprises une sensation de survol. Les personnages meurent aussi vite qu’on les rencontre, sans que l’on ait eu le temps de connaître leur personnalité ni de s’y attacher, ce qui empêche à l’émotion de s’installer pour vivre plus intensément la lecture. De grands thèmes sont abordés, aussi variés que la survie en milieu hostile d’une petite communauté, ou les dangers de l’avancée de la technologie qui risquerait de nous dépasser, mais aucun d’entre eux n’est vraiment développé.

Encore un mot...

Koïos est la première partie d’un triptyque appelé Exilium. Comme tout premier épisode d’une série, il pose le décor et les personnages, ainsi que l’intrigue, ce qui éveille la curiosité du lecteur ; mais il ne brille pas par la profondeur du scénario.

Cet album vous plonge rapidement dans une ambiance poisseuse, le malaise étant renforcé par la « voix off » qui vous suivra tout au long de votre lecture. 

J’attends donc avec une certaine impatience la suite, pour savoir si les thèmes évoqués dans ce premier volet seront creusés avec plus d’originalité.

Une illustration

L'auteur

- Eric Stalner

Né en 1959 à Paris, il a commencé sa carrière dans les années 80 avec son frère ainé, en réalisant de nombreuses pochettes de disques, des affiches et des travaux publicitaires. Ils se sont ensuite tournés vers la BD, en démarrant en 1989 la trilogie « Les Poux ». Ils ont été à l’origine de plusieurs séries dont « Le Boche ». Dix ans plus tard, ils ont décidé de suivre chacun leur chemin. Eric Stalner a alors imaginé « Le Roman de Malemort » puis a créé en 1999, avec son ami Pierre Boisserie, la série « La Croix de Cazenac ».

- Cédric Simon 

Il est le co-scénariste d’Exilium avec son père Eric Stalner. Né en 1992, c’est un jeune débutant dans l’univers de la B.D. Il est détenteur d’une licence en sociologie économique qu’il a obtenu en parallèle de ses études d’art (Ecole Supérieure des Arts Visuels de la Cambe). Français vivant à Bruxelles, il avait jusqu’ici surtout travaillé dans l’art contemporain.

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