Goldorak

Le retour du terrible géant des nouveaux temps
De
Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac, Guillo, d’après l’œuvre de Go Nagai
Kana Editions
168 p.
24,90 €
Notre recommandation
5/5

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Lu / Vu par

Thème

La guerre entre Goldorak et les forces de Véga menées par le grand Stratéguerre est depuis longtemps terminée. Actarus et sa sœur Phénicia sont retournés sur Euphor, leur planète natale, afin d’y refonder une civilisation. Leurs amis terriens sont depuis sans nouvelles. Le professeur Procyon a fermé le Centre et pris sa retraite. La Patrouille des aigles n’est plus qu’un lointain souvenir dont les deux derniers représentants, Alcor et Venusia, peinent à s’adapter à une vie normale. Le ranch du bouleau blanc est à l’abandon depuis l’accident qui a laissé Rigel handicapé et incapable de s’en occuper seul.

De la face cachée de la lune noire surgit une nouvelle menace : l’Hydragon, le plus puissant des Golgoths jamais construits par Véga. Mené par les troupes du général Arkhen, il menace de détruire le Japon si ses occupants ne l’évacuent pas dans les sept jours afin d’en faire une terre de peuplement pour les derniers survivants de Stykadès, planète d’origine de Véga. Seul Goldorak pourrait s’opposer à la puissance de l’Hydragon contre laquelle les armées conventionnelles ne peuvent rien. Mais nul ne sait où trouver le géant d’acier et son pilote Actarus.

Points forts

3 juillet 1978, Récré A2, deuxième chaîne de la télévision française, diffusion du premier épisode de Goldorak, robot emblématique crée par le génial Go Nagai. Octobre 2021, Goldorak renaît grâce au talent et à la magie des cinq auteurs : Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac et Guillo. Vouloir faire revivre un mythe tel que Goldorak en restant fidèle à l’esprit de son créateur est un premier défi dont l’ambition doit être saluée. Donner une suite de papier à la série TV d’origine tout en lui offrant une nouvelle dimension en est un deuxième, tout aussi fou et ambitieux. Devant le résultat, on ne peut que tirer un énorme coup de chapeau aux auteurs.  

Graphiquement et scénaristiquement, Goldorak s’inscrit dans une filiation assumée avec l’œuvre d’origine. Et pourtant, c’est semblable et différent. Graphiquement, la BD reprend tous les codes de la série TV tout en les modernisant grâce à un plus grand dynamisme et une précision accrue dans les détails. Le soin apporté aux couleurs renforce magnifiquement l’intensité du trait des auteurs.

Scénaristiquement, on retrouve également les thèmes chers à la série d’origine mais traités avec encore plus de profondeur : défense de la mère patrie, droit à la légitime défense, fraternité et dignité des combattants, recherche d’une terre d’accueil pour les déracinés et les exilés, réconciliation entre les adversaires d’aujourd’hui et ennemis d’hier, construction de la paix une fois la lutte terminée. Leur intemporalité nous frappe toujours autant et résonne particulièrement dans le monde d’aujourd’hui.

Enfin, le travail sur les personnages est remarquable. Ils sont tous là : Actarus, Vénusia, Alcor, Phénicia, le Professeur Procyon, Rigel, Mizar, Banta… mais dans une version d’eux-mêmes plus mûre, moins héroïque, plus complexe - bref, plus humaine. Ils ont vieilli, affronté des épreuves, testé leurs limites. Ainsi les réflexions très nietzschéennes qui rongent Actarus : « Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. » Le rôle donné à Rigel est particulièrement intéressant. Ce personnage parfois caricatural de la série prend une épaisseur nouvelle grâce aux révélations qu’il fait sur son rôle dans l’armée japonaise pendant la guerre du Pacifique. Portant le thème de comment gagner la paix, son intervention auprès d’Actarus constitue un moment pivotal de l’intrigue de l’ouvrage tout en renvoyant vers le joli Joyeux Noël de Christian Carion, sorti en 2005 avec notamment Guillaume Canet et Diane Kruger.

Quelques réserves

Qui sera désormais assez fou pour se lancer dans l’adaptation en BD d’une série TV après la réussite de ce Goldorak ? Tout le mal que l’on peut souhaiter aux séries TV et aux BD à venir est que cet opus d’excellence incite de nouveaux auteurs à relever le défi. 

Encore un mot...

Comme le disent les auteurs, merci à Go Nagai de les avoir laissés « jouer » avec Goldorak. Quand passion, talent et fidélité à ses amours de jeunesse se conjuguent avec une telle réussite, on a juste envie de dire bravo et merci. Merci donc au quintet d’auteurs - Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac, Guillo – d’avoir redonné à tous les quadras ayant grandi avec Goldorak le souvenir de la ferveur de leurs après-midis d’enfant. Merci également à eux d’offrir une magnifique opportunité de découvrir cet univers à ceux qui, trop vieux ou trop jeunes, n’ont pas eu l’opportunité de le faire lorsqu’ils avaient dix ans.

Une illustration

L'auteur

Les auteurs étant cinq, fait assez unique dans l’univers de la BD, j’ai choisi de limiter leur biographie à la présentation d’une sélection forcément subjective de leur œuvre. 

Denis Bajram : Cryozone, en collaboration avec Thierry Cailleteau, éd. Delcourt, 1996-1998 ; Universal War One (UW1), éd. Soleil Productions puis Quadrant, 1998-2006 ; Universal War Two (UW2), éd. Casterman, 2013-2016.

Brice Cossu : Rémission en collaboration avec Yves Swolfs, éd. Soleil, 2008 ; Paradis perdu, éd. Soleil Productions, 2009-2013 ; FRNCK, éd. Dupuis, 2016-2020. 

Alexis Sentenac : Les Hydres d'Arès, en collaboration avec Corbeyran, éd. Delcourt, 2007-2009 ; La Geste des Chevaliers Dragons, éd. Soleil, 2012-2015 ;  Siberia 56 en collaboration avec Christophe Bec, éd. Glénat, 2014-2016 ; Le triomphe de Zorglub, en collaboration avec Brice Cossu, éd. Dupuis, 2018.

Xavier Dorison : W.E.S.T., en collaboration avec Fabien Nury et Christian Rossi, éd. Dargaud 2003-2011 ; Long John Silver en collaboration avec Mathieu Lauffray, éd. Dargaud, 2007-2013 ; et les séries en cours Undertaker, éd. Dargaud ou Aristophania, éd. Dargaud.

Yoann Guillo : coloriste des séries FRNCK, éd. Dupuis, Largo Winch, éd. Dargaud.

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