Cinéma/Séries TV

NOTRE DAME

De VALÉRIE DONZELLI
Avec VALÉRIE DONZELLI, PIERRE DELADONCHAMPS, BOULI LANNERS…

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 18 déc . 2019

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Née dans les Vosges, mais vivant à Paris, mère de deux enfants et architecte, Maud Crayon (Valérie Donzelli), remporte, sur un énorme malentendu, le grand concours lancé par la Mairie de Paris pour réaménager et moderniser le parvis de Notre-Dame.

Entre cette nouvelle mission, son amour de jeunesse qui ressurgit subitement, le père de ses enfants avec lequel elle n’arrive pas vraiment à rompre, et ses enfants à surveiller, Maud va vivre une tempête… Une tempête qu’elle va affronter avec humour et fantaisie, pour s’affirmer et se libérer.

Points forts

-C’est le scénario d’une cinéaste en pleine forme, qui est revenue à ce qu’elle sait faire de mieux et qui lui a valu son succès et sa popularité : un récit inspiré par les aventures et évènements – heureux ou pas – de sa propre vie. Car Maud Crayon, l’héroïne de son film, c’est elle, Valérie Donzelli, elle ou presque, dans ses doutes, ses enthousiasmes, sa naïveté, ses excentricités, ses échecs, amoureux et professionnels, sa loufoquerie et son… talent. Jetés en vrac et s’enchaînant ou se télèscopant à vive allure, tous ces éléments, donnent à son film un ton très particulier et le colorent d’une gaieté contagieuse.

 -Dans le tourbillon des péripéties narrées  avec une indéniable drôlerie dans ce qui est son cinquième long métrage, la cinéaste en profite pour «  balancer » quelques critiques sur la société d’aujourd’hui,  sa violence, ses aberrations, son retard en matière d’écologie, son sexisme etc… Rien n’est asséné évidemment, mais ces petits « messages » donnent de la profondeur à son film et apportent la touche de réalisme nécessaire pour rendre crédible toute bonne comédie. 

-Réunissant des acteurs venus de divers horizons (Pierre Deladonchamps, Bouli Lanners, Philippe Katerine, Virginie Ledoyen… ), le casting ajoute encore à la fantaisie de ce Notre Dame si peu conventionnel.

-Dire enfin, pour les nostalgiques et amoureux du patrimoine, que ce film est le dernier où l’on peut encore voir la cathédrale de Paris telle qu’elle était avant son ravage par un incendie en avril dernier.

Points faibles

Quelques baisses de régime de-ci de-là, quelques lourdeurs par-ici par-là, mais rien qui entrave la gaieté tourbillonnante et malicieuse de cette fantaisie.

En deux mots ...

 Ecrit et tourné avant l’incendie de la cathédrale de Paris, empruntant un peu à Jacques Tati pour sa loufoquerie, aux films de Jacques Demy pour son rythme, sa musique et ses couleurs et à Raymond Peynet pour son romantisme naïf, Notre Dame est une comédie délicieusement folle, subtilement décalée, diaboliquement facétieuse et indéniablement féminine. C’est un cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année.

Un extrait

« Le scénario, c’est un point de départ mais je ne veux surtout pas m’y attacher. Je réinvente des choses, souvent à la veille de tourner. Tout ce que je vis, tout ce qui m’entoure, participe à la fabrication du film. Rien n’est jamais verrouillé : c’est comme si il y avait un grand courant d’air autour de moi et que j’attrapais tout ce que je pouvais. C’est un peu bizarre parce que le cinéma a besoin d’être organisé et qu’au contraire, moi, je désorganise tout pour ensuite le réorganiser ». (Valérie Donzelli, réalisatrice)

Le réalisateur

Petite fille du peintre et musicien Dante Donzelli, Valérie Donzelli, née à Epinal en 1973, finit de «grandir» à Paris où elle commence des études d’architecture. Mais après s’être inscrite au Conservatoire du X° arrondissement, elle plaque l’architecture pour devenir comédienne, vivement encouragée par celui qui deviendra son compagnon et le père de ses enfants, Jérémie Elkaïm. Elle commence d’abord par être actrice dans des films de jeunes réalisateurs, dont Sandrine Verset, Thomas Bardinet, Guillaume Nicloux. Puis elle se lance dans la réalisation. En 2008, son premier court-métrage, Il fait beau dans la plus belle ville du monde est sélectionné à Cannes.

En 2009, son premier long métrage, La Reine des pommes est projeté à Locarno. Son deuxième, La Guerre est déclarée fait l’ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes. Son succès international vaudra à la cinéaste de tourner ensuite assez rapidement Main dans la main (2012). En 2015, Marguerite et Julien est présenté en première mondiale en compétition officielle au Festival de Cannes. Est-ce à cause de l’accueil calamiteux (et assez injuste) que reçut, aussi bien du public que de la critique, cette inclassable mais passionnelle histoire d’amour ? La cinéaste a attendu quatre ans pour sortir son nouveau film, au générique duquel, comme à son habitude, son nom figure en bonne place.

Et aussi

 

– « Emma Peeters » de Nicole Palo – Avec Monia Chokri, Stéphanie Crayencour, Andréa Ferréol…

A bientôt 35 ans, Emma Peeters, qui rêvait d’être actrice, végète toujours dans un boulot qui l’ennuie si mortellement qu’elle décide d’en finir. Elle va donc programmer son suicide et se faire aider dans son funeste dessein par un employé de pompes funèbres aussi bizarre que excentrique. En attendant le jour J, Emma  va se débarrasser petit à petit de ce qui l’encombre. Mais plus elle va s’alléger, mieux elle va aller, « se rendre compte que si on ne peut pas faire ce qu’on aime, on peut quand même arriver à aimer ce qu’on fait, et même à aimer tout court ».

Qu’on ne se méprenne pas : Emma Peeters n’est pas un film dramatique. C’est au contraire une comédie thérapeutique, aussi fantaisiste que légère, à l’adresse de tous ceux qui portent leur existence comme un boulet. Question cinéma, sa réalisatrice en connait un rayon, qui emprunte ici avec humour et habileté malicieuse à Woody Allen, à la comédie musicale et au cinéma muet. C’est délicieux, par moments féerique, souvent décalé. On pense aussi aux films de Valérie Donzelli, notamment dans la façon dont joue Monia Chokri, qui interprète Emma. Pas étonnant que Emma Peeters, deuxième film de la réalisatrice belge Nicole Palo se soit retrouvé à la dernière Mostra de Venise.

Recommandation: excellent

 

– « Après la nuit » de Marius Olteanu – Avec Judith State, Christian Popa, Alexandru Potocean…

Dana et Arthur, la quarantaine, sont mariés depuis près de dix ans. Mais entre eux, quelque chose s’est fêlé. Elle, n’a plus envie de rentrer chez elle,  lui, se laisse aller à une liaison homosexuelle. Quelque chose les étouffe l’un et l’autre, qui a beaucoup à voir avec le non-dit et aussi le rigorisme de la société roumaine. Après avoir pensé à se rendre leur liberté, ils se retrouvent…

Conçu en trois mouvements – le premier sur Dana, le deuxième sur Arthur, le troisième sur les deux –, très brillamment mis en scène, ce premier long métrage du réalisateur roumain Marius Olteanu est, à sa manière, une brillante et grinçante variation sur le couple, et les compromis qu’il faut faire ou pas, pour qu’il dure ou se dissolve. Dommage qu’il lui manque  le recul de l’humour.  

Recommandation: bon

 

– «La Sincérité » de Charles Guérin Surville – Avec Charles Guérin Surville, Jeanne Dams, Charles Pépin, Jacky Terrasson, Manon Palmer…

Pour séduire la jeune comédienne Louise, Jean décide de se lancer dans le tournage d’un film. Il réunit une équipe dans une maison cossue de la campagne française. Pas de scénario, mais un happening quotidien, en fonction des conditions météo et des humeurs des présents : deux actrices, une jeune chanteuse, un philosophe respecté (Charles Pépin), un jazzman renommé (Jacky Terrasson)… La Sincérité devait être un film réalisé dans une totale liberté d’improvisation, mais plus il va avancer plus chacun des ses protagonistes va se sentir prisonnier de son personnage et de ses sentiments. Le résultat de ce paradoxe (imprévisible ?) aurait pu être intéressant si, hélas, chacun ne finissait par  s’enfermer aussi dans son nombrilisme. Dès lors, arrive ce qui devait arriver : à force de pose et mise en scène, la « superficialité va prendre le dessus sur la sincérité. Cela réduit considérablement la sympathie que le film inspirait au début.

Recommandation : bof 

Commentaires

Jojo
Le 02 jan. 2020
à 10h21

Terriblement déçu par ce film. Où est passé la force de "La guerre est déclarée" ??
- Scénario qui va dans tous les sens et nul part au final.
- Acteurs fades : le premier amour de Donzelli est très fade, Philippe Katerine existe à peine et ne fait rien de truculent (sa marque de fabrique), l'ado de Donzelli n'est pas crédible, ...
- Des clichés, des clichés, des clichés !
- L'histoire est bancale, mal construite, certaines scènes n'apportent rien. Le tout est tellement creux !

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