Écrire le monde noir Premiers textes, 1928-1939
Publication le 19 avril 2024
Textes rassemblés et présentés par Brent Hayes Edwards et Eve Gianoncelli
379 pages
17 euros
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Thème
Il est temps que l'écrivaine, la traductrice et la journaliste martiniquaise Paulette Nardal (1896-1985) trouve la place qu'elle mérite pour avoir favorisé la renaissance du monde noir.
Ce livre rappelle, entre autres, qu’elle fonde en 1931 La Revue du Monde Noir, une publiction bilingue.
Paulette Nardal évoque également son “salon” de Clamart bouillonnant d'idées, d'images et de mots au cœur duquel de nombreuses personnalités discutaient et débattaient de la condition noire. Son oeuvre intéressante rappelle que Paris a été une capitale intellectuelle qui a favorisé l'émergence de ce vaste mouvement durant l'Entre-deux guerres.
Points forts
Cette anthologie montre que Paulette Nardal et sa soeur Jane sont des théoriciennes novatrices qui aspirent à écrire le monde noir et décrivent l'avénement d'une culture diasporique.
Il faut souligner, non sans un certain étonnement, que les trois poètes, considérés comme les pères de la Négritude, les poètes Césaire, Senghor et Léon Gontran Damas ont été lents à reconnaître les apports des sœurs Nardal.
Ces deux belles figures de femmes, connues et reconnues, à présent, par les spécialistes de la Négritude, méritent aujourd'hui d'être appréciées par un plus large public.
Au fil des pages de ce livre, on découvre aussi le souci internationaliste féminin de Paulette Nardal.
Quelques réserves
Quelques naïvetés peuvent apparaître, ici et là, au fil de certains articles. Il est cependant délicat de juger en 2025, ce qui a été écrit, dans un contexte totalement différent, presque un siècle plus tôt.
Encore un mot...
Certains récits sont tout à fait révélateurs des blocages d'hier, par exemple: Histoire martiniquaise, Guignol Ouolof, Harlem à Montparnasse où on défrise les cheveux crépus. Paulette Nardal a su relier les diasporas noires en pleine émergence et prendre conscience de leurs personnalités en ayant le courage de se confronter aux idées alors en vigueur dans la métropole. Il est important d'apprécier le monde noir mais cette fois au féminin.
Une phrase
"Les Blancs veulent qu'on les fasse rire, moi, je veux bien...au moins je peux manger." P 237
L'auteur
Martiniquaise, installée à Paris dans l'Entre-deux-guerres, Paulette Nardal fut une femme de lettres, pionnière de la modernité noire à la fois en France et dans le monde. Longtemps invisibilisée par le rayonnement des grands auteurs de la Négritude, elle fait aujourd'hui l'objet d'une attention renouvelée pour son rôle sur la scène parisienne à partir des années 1930.
Nul doute que Paulette Nardal fut une protagoniste majeure de l'essor d'une conscience noire diasporique au XXème siècle.
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