L’incroyable imposture du Fakir Birman
Parution le 17 octobre 2025
496 pages
22 euros
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Thème
En près de 500 pages, l’auteur mène l’enquête sur un certain Charles Fossez (1901-1952), escroc de son état qui, après quelques tentatives foireuses et notamment celle de prétendre qu’il avait vaincu la roulette au casino de Monte Carlo, a monté sa plus célèbre escroquerie : celle du fakir Birman, dont l’exposition occupe la plus grande partie de l’ouvrage. L’affaire, qui commence en 1932 et prend fin en 1939, est double.
D’abord un faux mage baptisé fakir Birman qui exerce ses soi-disant dons de voyance dans une pièce du local de son inventeur et menteur. Ensuite une entreprise d’horoscopes stéréotypés, censés émanés du même fakir, vendus très cher par correspondance à des naïfs alléchés par les publicités constantes et abondantes que Fossez achète dans les journaux de l’époque. Cela ressemble à une entreprise de vente par correspondance sauf que tout est de la poudre aux yeux. Tout cela se terminera par des procès et un rebond dans une entreprise très connue de lingerie féminine Barbara, qui eut beaucoup de succès en son temps.
Points forts
L’enquête est fouillée, précise, abondante. L’auteur ne cache rien des lacunes, des manques dans ses informations et de ses regrets, car son travail s’est heurté souvent à des archives absentes ou disparues. Il ne ménage pas son personnage, Charles Fossez, qu’il a manifestement pris en grippe, même dans les aspects de son activité qui pourraient mériter un peu d’indulgence.
Quelques réserves
Mais il en fait un peu trop, comme s’il s’obligeait à exposer la totalité des documents et témoignages obtenus. Les lecteurs avides des moindres détails, des moindre tenants et aboutissants de l’affaire, s’attarderont sur tous ces faits patiemment accumulés. D’autres préféreraient peut-être une présentation plus resserrée. Toute l’iconographie (100 illustrations) est en noir et blanc - la photo couleur n’ayant pas encore été inventée à l’époque des faits.
Encore un mot...
On doit admirer le travail de documentation et l’obstination dans la recherche de documents, ainsi que la précision avec laquelle ces documents sont exposés pour abonder le travail et la mise en œuvre du récit.
Une phrase
“ En 1935 il publie le premier tome d’une Initiation aux sciences mystérieuses…En une heure, affirme-t-il, le lecteur pourra devenir Oriental er connaître l’avenir ! Birman vend du rêve. Heureux soient les clients du mage.” Page 179
L'auteur
Olivier Cariguel est un historien de la vie culturelle et collabore régulièrement au Magazine littéraire et à la Revue des Deux Mondes. Parmi ses ouvrages publiés, citons L’Histoire des Editions du Rocher 1943-2003 (Rocher, 2003) et un Panorama des revues littéraires sous l’Occupation (IMEC, 2007).
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