Nous vivions côte à côte

Souvenir d’une jeunesse en Seine-Saint-Denis. Il faut avoir connu la vie en banlieue pour en dire la vérité, n’en déplaise à certains qui rêvent d’une réalité utopique
De
Alexandre Devecchio
Fayard
Parution le 14 janvier 2026
254 pages
21€
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Itinéraire d’un jeune homme, Alexandre Devecchio, devenu journaliste au Figaro Magazine. Parcours de sa vie méritante : issu de parents immigrés, classe moyenne, parcours d’études supérieures, il porte un regard sociologique à partir de celui-ci. Des faits, des dérives, ce qu’il a constaté, ce qu’il en dit. « Adolescent et jeune adulte, j’ai vu Epinay et surtout Saint-Denis se ghettoïser, devenir de véritables contre-sociétés. À la délinquance et aux violences des « racailles » se sont ajoutés le communautarisme, l'islamisme. Les commerces halal se sont multipliés, les boucheries ont disparu… Le lycée où j’ai passé le bac a été attaqué au mortier et incendié……à l’ombre des cités il existe une autre réalité : celles des pavillons en meulière ou en ciment, dont les habitants sont à peine plus privilégiés socialement, mais ne brûlent pas de voitures et ne demandent qu’à vivre de manière paisible. »

Points forts

  • La narration de son histoire personnelle. Enfant issu de l’émigration « petit-fils de Rital et de Portos » comme il l’écrit. Enfance en banlieue. Père commerçant accédant à la propriété à la force de son travail. Mixité des populations. Parents obligés de déménager car les incivilités et le terrorisme mental des populations pratiquant l’islamisme s’installe, s’impose au détriment des autres populations.

  • L’expression des dangers. Suprématie d’une seule sorte de population. Communautarisme et systématismes de pensées et de manières de vivre. 

  • Le besoin de dire ses craintes face à l’avenir. Ce face à face qui dit les ghettos. Le territoire devenu « occupé ». 

Quelques réserves

  • Un parti pris très précis. Les honnêtes « pauvres » et les « voyous ». Pas de nuances sur les raisons d’une bonne ou mauvaise éducation qui tend à des situations qu’il faut bien évidemment corriger. 

  • Une absence de regard sur les chrétiens et pratiquants la religion de l’Islam qui savent, nombreux, vivent “côte à côte”.  Dans la recherche des solutions n’aurait-il pas été utile d’en parler, de les invoquer pour « contrer ensemble » ces dérives ? 

  • L’absence aussi dans ce récit, s’il faut parler des extrêmes religieux, d’un regard plus vaste sur tout extrémisme dans toute religion. 

Encore un mot...

Ni tout à fait faux ni tout à fait vrai.

Exemple : « La gare du nord, point de deal et de bandes rivales. » Faut-il y voir que chaque minute représente un danger, un meurtre ? 

« Une partie de moi reste cependant en banlieue, où, encore aujourd’hui, je me sens à ma place loin du snobisme à trottinettes des parisiens. »

Ce point de vue affiché n’est-il pas malencontreux pour qui aimerait revoir du « côte à côte ». Glissons-nous dans un face à face inconscient ? 

Prévenir pour guérir est un bienfait mais j’y ai plus lu une sentence qu’un souci de dire pour mieux rassembler. 

Ne manque-t-il pas un avenir à projeter après tant de réalités écrites ? 

Une phrase

  • “ Contrairement aux juifs, nombreux à quitter Epinay pour les mêmes raisons, mes parents n’ont pas d’Israël pour faire leur Alya.” (p. 54)

  • "Des « décodeurs » m’expliqueront qu’en cherchant bien on peut toujours trouver de la viande non halal à Saint-Denis.” (p. 74)

  • “ Lorsque la laïcité est appliquée de manière stricte à l’école, elle reste un rempart contre les dérives communautaires.”  (p. 97)

  • “ Vivre dans une cité ou à proximité, c’est parfois avoir l’impression de nager dans une piscine remplie d’essence avec, tout autour, des gens qui jouent avec des allumettes.” (p. 125)

  • “ La colère et la haine ont été alimenté par la rhétorique des Frères musulmans et la poussée de l’Islam radical.” (p. 139)

L'auteur

Alexandre Devecchio est journaliste au Figaro au Figaro Magazine. A déjà publié plusieurs essais : Les nouveaux enfants du siècle -djihadistes, identitaires, réacs- enquête sur une génération fracturée (Le Cerf 2016), Recomposition, le nouveau monde populiste (Le Cerf, 2021).

Né en 1987, Alexandre Devecchio, diplômé de Sciences Po Bordeaux, a rejoint le Figaro au début des années 2010. Très vite, il y occupe des fonctions de responsabilité : reporter au service société, puis chef du service « débats et opinions » et responsable du Figaro Vox.

En parallèle de ses activités au Figaro Magazine, Alexandre Devecchio est devenu une figure familière des plateaux télévisés. 

En 2023, il lance une émission hebdomadaire sur Radio Classique, centrée sur l’actualité des idées, recevant aussi bien des philosophes que des écrivains ou des politiques.  

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Ils viennent de sortir