Une Amitié si française - Madame de Sévigné, Madame de Lafayette
Parution le 22 janvier 2026
248 pages
21,80 €
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Thème
Marie de Rabutin- Chantal (1626-1696), marquise de Sévigné et Marie-Madeleine Pioche de Lavergne (1634-1693), comtesse de La Fayette étaient très différentes : la première avait eu une enfance joyeuse et très familiale dans la famille de sa mère, les Coulanges (financiers) et était dotée d'une santé à toute épreuve, la seconde avait eu une adolescence difficile et était souvent malade et dépressive. Elles avaient épousé l'une un marquis breton coureur et dépensier, et l'autre un vieux comte veuf qui avait besoin d'argent ; ayant fait leur devoir et donné une descendance à leurs époux, elles se retrouvèrent à Paris, l'une veuve et l'autre séparée, dans le Salon des Précieuses à l'Hôtel de Rambouillet, aux côtés de Boileau, Racine, Molière, La Rochefoucauld, La Fontaine, Bossuet…
C'était “ un cadre intellectuel et stimulant pour elles, mal mariées à des hommes sans envergure et prisonnières d'unions arrangées et frustrantes”. La Marquise de Sévigné fût toujours locataire car sa fortune servit à éponger les dettes de son mari et de son fils ; à Paris, elle ne quitta pas le quartier du Marais (sa dernière demeure fût l'Hôtel Carnavalet), elle voyageait beaucoup en carrosse pour aller au château des Rochers en Bretagne et à Grignan chez sa fille en Provence, ce qui explique les échanges épistolaires constants.
Madame de La Fayette, au contraire, tenait de son père le fastueux Hôtel de la rue de Vaugirard dans le quartier du Petit Luxembourg et recevait beaucoup. La marquise et la comtesse s'adonnaient toutes deux aux joies de la conversation et de l'esprit. Elles sont les auteures d'œuvres littéraires célèbres, l'une sa Correspondance et l'autre ses romans célèbres mais aussi ses biographies.
Points forts
Madame de Sévigné avait pour grand-mère Sainte Jeanne de Chantal (fondatrice de l'ordre de la Visitation avec saint François de Sales) et pour cousin Bussy-Rabutin ; elle tenait beaucoup du clan Rabutin pour l'art épistolaire, l'humour, la vivacité, la formule piquante...Boileau disait d'elle que c'était « la femme de France qui avait le plus d'esprit et qui écrivait le mieux » ; elle était très généreuse et ne cessait jamais de s'inquiéter de la mauvaise santé de Madame de La Fayette.
Madame de Fayette, très proche de La Rochefoucauld « le plus brillant des hommes de sa vie », écrivit des biographies (dont celle de son amie Henriette d'Angleterre) et des romans tout à fait novateurs en matière de psychologie et de sobriété : La Princesse de Montpensier et La Princesse de Clèves.
Quelques réserves
Aucune réserve pour cet essai qui évoque un duo littéraire féminin sans précédent.
Encore un mot...
Les chapitres sont entrecoupés parfois de courtes notifications d'auteurs de bibliothèques ou d'aphorismes qui leur sont particuliers.
Une phrase
« Les Précieuses redoutaient les tyrannies de la passion, lui préférant la distance poétique des sentiments platoniques et des codes courtois. » P. 72
« Ses lettres peuvent être lues comme un manuel de survie pour tout supporter avec patience, élégance et humour, sans jamais se plaindre. » P.106
L'auteur
Jean-Noël Liaut, né en 1966, est biographe, journaliste, écrivain et traducteur. Il est l'auteur notamment de Les Soeurs insoumises: Elsa Triolet et Lili Brik, prix de la biographie de l’Académie française 2015 (Robert Laffont), Nancy Mitford, La dame de la rue Monsieur (Allary Éditions, 2019) et dernièrement de La Princesse insoumise (Allary Éditions, 2023).
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