Expositions

Dolce Vita ? Du Liberty au design italien (1900-1940)

Infos & réservation

Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris
Tél. : 0140494814
http://www.musee-orsay.fr
Jusqu’au 13 septembre: du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h; et le jeudi, jusqu’à 21h45
Publié le 22 mai . 2015

Recommandation

3,0BonBon

Thème

A l’aube du XXème siècle, alors que se trament les heures les plus sombres de son histoire, l’Italie est le théâtre d’une véritable révolution artistique qui, par son audace et sa diversité, ébranlera les sphères créatives jusqu’à définir les codes du design industriel que nous connaissons aujourd’hui. Au cours d’une rétrospective sobre, intimiste mais fondamentale, le Musée d’Orsay retrace l’itinéraire artistique d’une Italie en proie à la montée du fascisme, dont le carcan a pourtant stimulé une créativité étonnante et un esprit furieusement visionnaire.

Points forts

• Le Musée d’Orsay a choisi de suivre une muséographie simple, linéaire et chronologique, un choix sage tant la richesse de l’exposition et la multiplicité des courants présentés suffisent à immerger le visiteur dans ces quarante années de fourmillement artistique ininterrompu. Ainsi, aux courbes florales de l’Art Nouveau succèdent les lignes raides mais mobiles du futurisme ; en réaction se développe ensuite la Métaphysique, combinant art classique et pinceau moderne, dans un mélange qui flirte avec l’absurde – son chef de file, Chirico, inspirera d’ailleurs les surréalistes, notamment Magritte, dont la ressemblance de style est parfois troublante. La tendance explose ensuite dans le Novecento, qui modernise, non sans un certain humour, les symboles du classicisme et de l’antiquité, avant de prendre le tournant de l’abstraction et du rationalisme, à l’origine du design industriel moderne.

• Comme le montre justement l’exposition, ces mutations plastiques continuelles sont, dans la plupart des cas, profondément influencées par les changements politiques qui ébranlent le pays. Par ailleurs, chaque courant et chaque artiste, ou presque, fustigent leurs prédécesseurs mais se nourrissent de leurs apports, à l’origine d’autant de ruptures que de continuité. De la même manière, la peinture, la sculpture, les arts décoratifs s’influencent mutuellement – et les visiteurs les plus attentifs seront surpris de retrouver des œuvres de Vittorio Zecchin dans la salle réservée au courant Liberty puis dans celle du Novecento, ou les nombreuses productions de Gio Ponti, d’abord rattaché à la Métaphysique avant de devenir l’un des pères du design industriel.

• L’exposition est aussi l’occasion pour le Musée d’Orsay de présenter avec fierté certaines de ses plus récentes acquisitions : on appréciera de découvrir le mobilier Art Nouveau de Bugatti ou les Mille et Une Nuits de Zecchin, qui étonne par sa monumentalité et sa force chromatique. Ne manquez pas non plus le Profil en Continu du Duce de Renato Bertelli, portrait impertinent de Mussolini, qui tranche radicalement avec la solennité de ceux produits à la même époque par Adolfo Wildt (à découvrir, pour les curieux, jusqu’en juillet au Musée de l’Orangerie/ cf notre récente chronique). Enfin, les plus sensibles au Liberty ne manqueront pas s’attarder sur le très rare triptyque de la Légende d’Orphée de Luigi Bonazza, condensé majestueux des sujets, du style et de la philosophie symbolistes.

Points faibles

Malgré sa richesse incontestable, l’exposition semble souffrir d’un relatif manque d’affluence. Si la rétrospective simultanée sur Bonnard capte probablement de nombreux visiteurs, l’on peut aussi s'interroger sur la stratégie de communication adoptée pour cette exposition : le nom « Dolce Vita? » vise à confronter production artistique et chaos politique dans une Italie en transformation – encore loin du portrait idéal brossé par Fellini dans les années 1960 – mais il me semble manquer de clarté et d’une puissance symbolique à la hauteur de son exhaustivité ; enfin, l’affiche de l’exposition, qui reprend le Cirque Equestre de Donghi, magnifique mais dérangeant, ne contribue probablement pas à accroître son attractivité...

En deux mots ...

Un aperçu à la fois complet et synthétique de la naissance du style italien ; l’on regrette cependant que son austérité apparente lui fasse du tort.

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Une expo meilleure que son titre.

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