Expositions

Jacques Monory

Infos & réservation

Fondation Hélène & Edouard Leclerc pour la culture
Landerneau
29000
Tél. : 0229624778
http://www.fonds-culturel-leclerc.fr
Jusqu'au 17 mai: Ouvert tous les jours de 10h.à18h. Sauf le 1er mai.

Lu / Vu par

François Vincens
Publié le 03 avr . 2015

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Il s’agit de la première exposition rétrospective importante (150 œuvres- tableaux, films, photos, gravures, objets-) consacrée à Jacques Monory, l’un des plus importants artistes contemporains , membre , avec Rancillac, Fromanger, Arroyo , Aillaud , de ce courant de la Figuration Narrative qui marquait dès le début des années 60 le retour à une figuration proche du pop art mais en opposition à l’abstraction et au nouveau réalisme.

Les œuvres de cette période sont présentées pour la première fois. Le parcours, grâce aux prêts de prestigieuses fondations comme de collections privées, permet ensuite de suivre le cheminement de l’artiste et de cerner les rapports étroits qu’il entretient avec le cinéma et le roman noir.

Points forts

- La scénographie, qui divise le couvent des capucins par des parois épaisses dont les tranches sont couvertes de grands miroirs, illustre parfaitement la relation de l’œuvre avec la vie du peintre, qu’elle soit réelle, imaginaire ou sublimée. L’œuvre qui se déploiepar grands thèmes s’affirme comme une écriture avec sa signature: l’utilisation de la monochromie , le plus souvent le bleu, la couleur de la nuit américaine au cinéma. L’espace met parfaitement en perspective ces immenses toiles.

Les thèmes que Monory affectionne sont traduits par des scènes cinématographiques mises en images avec des inserts et des ajouts, rappellant son passé de directeur artistique de magazine. Certaines toiles sont de vraies planches de contact. D’autres sont des arrêts sur image. Des miroirs incrustées introduisent le spectateur dans la toile.

- L’exposition nous invite à un formidable voyage dans l’espace et dans le temps. Les années 60-70 évoquent ses peintres de prédilection: Durer, Hopper, Manet. Monory peint alors ses proches, son chien, le tigre du jardin des plantes. Les paysages inhabités (Death valley, Velvet jungle),la mer, les oiseaux, les voitures , les inscriptions tout nous replonge dans l’époque jusqu’à son voyage de 1973 aux USA qui lui inspire des images  cinémascopiques. Le cinéma est très directement présent dans les séries des années suivantes: « meurtres » respire le film noir,« opéras glacés » a servi d’inspiration à J.J. Beineix pour son film "Diva" ; le clinquant de l’industrie hollywoodienne est cerné en s’appuyant sur les trois couleurs fondamentales, bleu, rose et jaune dans la série « Technicolor »; et la suite, « La voleuse », nous plonge dans l’ambiance de "Girl Crazy", son film préféré.

Le ciel est le sujet des années 80. Les 39 tableaux qu’il inspire s’appuient sur des images scientifiques, provenant d’observatoires astronomiques.On retrouve l’esprit de cette période dans sa fresque du Mac/Val.(Vitry)

- Les films qu’il a réalisés ponctuent le parcours. Ils établissent le passage à la réalité et, comme les miroirs, nous plongent au cœur de l’action, rendant l’ensemble extrêmement vivant.

Points faibles

Je n’en vois pas.

En deux mots ...

La force de ces images restitue si bien l’ambiance graphique du dernier demi-siècle que l’on ne peut que recommander de succomber à ce plaisir parfois coupable...

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