Expositions

Josef Koudelka

Un grand photographe nomade, capteur de hasards

Infos & réservation

Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
Tél. : 0144781233
http://www.centrepompidou.fr
Jusqu'au 22 mai: Tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 21h.

Lu / Vu par

Virginie Romefort
Publié le 24 mar . 2017

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

A la suite de sa donation des 75 photographies composant  la série « Exils », ouvrage de référence en matière de bibliographie photographique, le Centre Pompidou présente une sélection des ces photos , ainsi que d’inédits tirés pour l’occasion.

L’exposition invite à comprendre comment s’est élaboré ce projet.

Le fil conducteur débute par une photo emblématique, prise Place Venceslas à Prague, juste après l’invasion par les troupes du pacte de Varsovie, le 22 aout 1968, à l'heure à laquelle une manifestation de protestation devait débuter. La rumeur du risque de forte répression de celle-ci a circulée dans la ville.

Un avant bras s’avance dans l’image, les rues sont vides à l’heure dite.

Cette photo instaure un compte à rebours installant une chronologie à son exil de vingt ans, qui débutera en 1970 lors d’un voyage à l’étranger.

Il s’en suivra une vingtaine d’années de vie de nomade, au cours desquelles  il réalisera de nombreuses séries de photos dont les plus célèbres sont celles sur les gitans et celles rassemblées dans le recueil « Exils »

Points forts

- Le visiteur plonge dans la genèse du célèbre recueil de photographies, dans les cahiers et planches de catalogue du photographe, montrant ainsi comment il choisit ses images.
 
- La reconstitution d’associations de photos  dans un travail de cohérence et de recherche des axes forts de la série, comme par exemple les photos mains /pieds /tapis à l’entrée de l’exposition.
 
- L’inquiétante étrangeté qui ressort de ces images. On plonge dans l'atmosphère de l’Europe Centrale de Kafka.
 
- La grande qualité de leur composition.
 
- Une douzaine d’inédits, principalement des autoportraits, en format 13/18, réalisés au cours de ces voyages, montrant Koudelka dormant dans les rues, les champs, sur les routes ou encore dans les bureaux de l’agence Magnum.
Le visiteur prend alors la mesure de ce qu’a pu être sa vie de nomade, vivant sans famille, sans domicile fixe, pendant plus de vingt ans.

Points faibles

J’aurais aimé découvrir un plus grand nombre de ses photos prenantes.

En deux mots ...

Le parcours de vie d’un grand photographe aux « semelles de vents », qui « vit » sa photo.

Un extrait

- « Etre en exil, c’est tout simplement le fait d’avoir quitter son pays et ne pouvoir rentrer. Chaque exil est une expérience individuelle, différente. »

- « Moi, je voulais voir le monde et le photographier. « 

- « Cela fait quarante cinq ans que je voyage. Je ne suis jamais resté nulle part plus de trois mois. »

L'auteur

Né en 1928 en Moravie Joseph Koudelka est un photographe français, d’origine tchèque.

Jeune ingénieur aéronautique, il réalise ses premières photos en 1950.

En 1968 il couvre l’invasion de Prague, et pour éviter la répression, signera ses photos sous les initiales P.B . 

Il recevra anonymement le prix Robert Capa, pour ces images qui seront publiées aux Etats Unis.

En 1970, il quitte son pays et deviens apatride. A partir de cette date, il va parcourir les routes d’Europe pendant vingt ans, sans domicile fixe, sans attache, avec son sac de couchage et ses appareils photos en bandoulière.

Au printemps et en été, il suit les festivals, les fêtes de solstices d’été, les gitans …
Pendant l’automne et l’hiver, il s’installe à Londres et à Paris pour éditer les photos réalisées l’été.

En 1974, il rejoint l’agence Magnum, dont il est toujours membre, et devient proche d’Henri Cartier Bresson.

Il a également participé à la mission photographique de la DATAR, avant d’être naturalisé français en 1987.

En 1990, il retourne dans son pays natal, ou ses photos sont alors publiées.

Son travail a été récompensé par de nombreux prix et distinctions :Grand Prix National de la Photographie Paris, Prix Henry Cartier Bresson, Prix International de la fondation Hasselbad.

Il n’avait pas exposé en France depuis 29 ans.

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