Expositions

Malick Sidibé - Mali Twist

Témoin et messager de la gaieté

Infos & réservation

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261 Boulevard Raspail
75014 Paris
Tél. : 0142185650
http://www.fondationcartier.com
Jusqu'au 25 février: Tlj de 11h à 23h, Mardi jusqu'à 22 h. Fermé le lundi.

Lu / Vu par

Virginie Romefort
Publié le 18 jan . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Un an après sa disparition, La Fondation Cartier rend hommage au photographe malien Malick SIDIBE, avec  une grande rétrospective qui réunit ses photographies exceptionnelles et emblématiques, réalisées  des années 1960 à 1980. Principalement consacrées aux soirées bamakoises, sorties balnéaires et aux portraits, elles  illustrent le parcours exceptionnel de cet artiste.

Points forts

- J ‘ai été tout d’abord emportée par l’atmosphère joyeuse dans laquelle le visiteur est plongé dés son arrivée. 
André Magnin, commissaire de l’exposition, en collaboration avec Manthia Diawara, a eu l’excellente idée de concocter une play-list originale de plus de 60 titres des années 60/70, dont la diffusion transporte immédiatement dans une ambiance « Swing » et donne au visiteur le plus concentré, une sérieuse envie de «bouger ».

Cela accompagne parfaitement les magnifiques instants saisis dans le clubs de Bamako qui montrent la joie bonne enfant et l’énergie de acteurs de ces soirées. Leurs tenues vestimentaires  « yéyés » comme les disques qu’ils brandissent devant eux tels-  des trophés, sont à la pointe de l’actualité musicale de cette période.« La musique est comme un rêve identitaire sur mesure » 

- Les « chemises » composées des multiples petits clichés que l’artiste présentait  aux participants des soirées afin qu’ils choisissent ceux qu’ils souhaitaient faire reproduire.

- L’atmosphère pleine d’humour et d’auto-dérision  qui se dégage des images captées sur les plages du fleuve Niger, où la jeunesse locale se retrouvait.

- La grande qualité des tirages argentiques, réalisés par l’artiste, et  qui font également toute l’histoire et l’ambiance d’une photo.

-L’Installation d’un studio photo à la manière de celui de l’artiste, où le visiteur peux s’amuser à  prendre la pose avec les accessoires rappelant l’univers « Mali Twist » .- J’ai également beaucoup aimé les oeuvres des artistes JP Mika et  Pa Joe, crées spécifiquement pour cette exposition et qui révèlent l’ascendance du travail de Malick Sidibé sur toute une génération d’artistes africains.

Points faibles

Je n’en vois pas, au delà d’un accrochage peut-être un peu trop en hauteur dans la première salle, qui ne permet pas à tous les visiteurs d’apprécier totalement la qualité des photos exposées au plus haut.

En deux mots ...

Très belle rétrospective d’un artiste qui incarne la mémoire d’un époque où il faisait particulièrement bon vivre à Bamako.

Un extrait

« Je crois, que la jeunesse à cette époque a beaucoup aimé les musiques twist, rock ou afro-cubaines, car elles permettaient aux garçons et aux filles de se rapprocher, de se toucher, de se coller. C’était impossible avec la musique traditionnelle. »

« Le dimanche pendant les grosses chaleurs on se retrouvait au bord du fleuve Niger. Les garçons apportaient des électrophones et des disques, on faisait du thé, on se baignait et on dansait en plein air. Je faisais beaucoup de photos à l’improviste. Cela me plaisait beaucoup. »

« Le client doit oublier l’appareil photo et le photographe se faire oublier ».

L'auteur

Né en 1935 au sud de Bamako, au sein d’une famille peule, Malick Sidibé obtient un diplôme d’artisan bijoutier, avant de s’intéresser à la photographie. L’aventure débutera  en 1955, grâce à sa rencontre avec Gérard Guillar-Guignard, dit « Gégé la pellicule », qui lui propose de décorer sont magasin-studio et de devenir son apprenti.

Il ouvre son propre studio en juin 1962 dans le quartier de Bagadagji, et réalise en 1963 sa photographie iconique , « Nuit de Noel ».  Prise lors d’une soirée au club les « Happy Boys », cette photo immortalise deux adolescents, frère et sœur, dansants. Elle est sélectionnée par le magasine Time comme une de « 100 photographies les plus influentes de l’histoire ».

Jusqu’en 1976, la réputation de son studio ne cesse de grandir .Tel un reporter, il suit la jeunesse locale dans les fêtes. Son regard, son art du positionnement et sa bonne humeur sont reconnus par la jeunesse locale dont il devient « l ‘idole ».Il se consacre part la suite aux portraits pris en studio.
A partir de 1992 il va collaborer avec André Magnin et Seidou Keita (autre grand photographe malien dont le Grand Palais a réalisé la rétrospective  en 2016), à la constitution de la Pigozzi Collection.

En 1995, la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain organise la première exposition hors Afrique de son travail. A partir de 1996, il sera soutenu sur le marché international de la photographie par plusieurs galeries à Paris, Londres et Anvers.

Il obtiendra par la suite de nombreuses récompenses dont un Lion d’Or d’honneur à la 52e Biennale d’Art Contemporain de Venise et l’Infinity Award for lifetime Achievement du Centre International de la photographie de New York; et sera nommé Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Quelques semaines avant sa disparition, en 2016, les Rencontres D’Arles l'ont mis à l‘honneur dans l’exposition « Swinging Bamako ».

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