Seul autour du monde sur un voilier de onze mètres... et autres livres sur la mer

Les exploits de quelques navigateurs fameux !
De
Joshua Slocum
Préface de Björn Larsson -
Arthaud Poche - 6.90€
Notre recommandation
Excellent

Infos & réservation

Thème

La mer est une insatiable trappe à la fascination et à l’aventure. L’été est la période propice pour mettre un petit livre de poche dans la serviette de bain ou à l’arrière du jean. Désormais, depuis une quarantaine d’années, les éditeurs ont chouchouté la littérature maritime...Bien d’indigestes pavés sont à jeter au fond de l’eau (le papier n’est pas sur la liste des polluants durables). Il existe quelques incontournables pour les amateurs de navigation dite de plaisance, ou «à voile», fort heureusement réédités en format poche.

Alors, embarquement immédiat en commençant par le commencement : Un bon début à l’initiation plaisancière est Seul autour du monde sur un voilier de onze mètres de Joshua Slocum, récit-carnet de bord (longtemps confidentiel) d’un tour du monde de plus de 46.000 kilomètres,  effectué en solitaire à partir d’avril 1895. Enfin traduit en français en 1930 et réédité à partir de 1975. Slocum  est considéré comme le « père de la navigation en solitaire » par tous ses adeptes, de Gerbault à Le Toumelin, de Chichester à Tabarly, en raison de son «aventurisme sage» : le goût des tentatives incertaines lié à une préparation méticuleuse….Rien ne nous est épargné, de la conception du fameux Spray, sa construction, les avaries, les tempêtes et les calmes désespérants. Parti de Boston, le voilier et son skipper y revinrent après avoir franchi le Horn, visité les Samoa, la côte-est de l’Australie, les îles Thursday puis Rodrigues, Cape Town, Sainte-Hélène et Trinidad.

Points forts

Rien de plus réjouissant que de lire sur la Mer au bord de la mer. Et même « en Mer » mais gare aux embruns ! Il n’est pas recommandé de tirer des bords en tournant des pages...Ce n’est pas l’homme qui prend la mer, c’est «la Mer qui prend l’homme» proclame le chanteur…(Renaud)

Points faibles

Il existe désormais pléthore d’ouvrages dits « maritimes » qu’ils soient poétiques ou techniques. Certains, consacrés à la construction des bateaux, sont passionnants bien qu’un peu arides. 

En deux mots

Pas question ici d’évoquer tous les ouvrages consacrés à la mer et à la navigation, il en existe des milliers… Je n’en ai évoqué que quelques uns que personnellement, j’ai plaisir à lire et relire parce que je les ai sous la main ! J’en ai sûrement oublié… notamment le livre superbe sur le Néo-Zélandais Peter Blake, trop peu connu des Français, qui a gagné la coupe de l'America et le Fastnet. Il portait toujours des chaussettes rouges. Il est mort en mer comme Tabarly. Encore un que j’admire beaucoup !

Une librairie des plus riches en navigation, bateaux et histoires maritimes en tous genres est celle de La Corderie à Rochefort où l’on peut passer des journées entières à fureter dans de littéraires aventures (Erik Orsenna et Bernard Matussière lui ont consacré un ouvrage chez Glénat).

Une phrase

“Des deux côtés de ma famille, on était marins, et s’il pouvait arriver qu’un Slocum ne naviguât pas, il avait au moins un penchant pour les maquettes de bateaux et les voyages au long cours… Quant à moi, la mer magnifique me charma au premier coup d’oeil. A huit ans, j’avais déjà navigué sur la baie avec d’autres galopins de mon âge, au risque de tous nous noyer…” (chapitre I)

L'auteur

Joshua Slocum (1844-disparu en mer en 1909) Seul autour du monde sur un voilier de onze mètres  ainsi que son autre ouvrage Navigateur en solitaire, ont été publiés par plusieurs maisons d’éditions et sont aisément disponibles en format poche. 

Francis Chichester (1909-1972) dont quelques unes seulement des oeuvres sont traduites : Seul en course (Librairie Maritime le Yacht, 1962) ; La fièvre océane (Editions du Rocher, Monaco, 1965) ; Le tour du monde de Gipsy Moth (Arthaud, 1998) ; Défi aux trois caps : sur la route des clippers (Arthaud, 1967)

Eric Tabarly (1931- disparu en mer en 1998) Le Tour du monde de Pen Duick VI, a été publié en 1974 aux Éditions du Pen Duick Arthaud-diffusion ; ses Mémoires du large, aux éditions De Fallois, en 1997.

Alain Colas ( 1943 - disparu en mer en 1978). Ses deux livres ont été publiés par Arthaud et Flammarion, plusieurs biographies lui sont consacrées ainsi que des documentaires.

Bernard Moitessier (1925-1994) : la plupart de ses ouvrages, d’abord publiés chez Artaud, ont été repris dans la collection “J’ai lu”.  Une  biographie Moitessier, Dieux et Dragons est parue chez Glénat par Gérard Janichon.

Eric Newby (1919-2006) : On peut lire en français Tempêtes en Mers du Sud, son  best-seller Un petit tour dans l'Hindou Kouch (Payot, 1992) et son voyage sur un cargo vers l'Australie qui lui a inspiré La Dernière Course du blé (Payot  1992). 

Dougal Robertson (1924-1992) Survivre est paru en poche chez “J’ai lu”.

Olivier de Kersauson (né en 1944) a publié une dizaine d’ ouvrages aux éditions Le Cherche Midi.

Charles Bernard Nordhoff (1887-1947) et James Norman Hall  ont co-écrit une dizaine de livres dont Dix hommes contre la mer et  les Révoltés de La Bounty parus aux éditions Phébus, préfacé par Michel Le Bris.

Gustave Caillebotte (1848-1894) : Un livre merveilleux de Daniel Charles Le mystère Caillebotte architecte naval, peintre impressionniste, jardinier, philatéliste et régatier (Grenoble, Glénat, 1994, collection « Patrimoine maritime »)  avec une préface de J.F. Deniau). On visite avec intérêt sa propriété à Yerres (Yvelines).

Et aussi

Deux petits livres se complètent l’un l’autre, inséparables qu’il faut lire dans l’ordre  : Le ciel et la mer de Sir Francis Chichester  «l’inventeur» de la Transat en solitaire en 1960, après avoir été un superbe pilote aérien, avoir bourlingué dans tout le Pacifique. Il narre avec humour comment il est devenu un héros à l’âge de 11 ans et comment cette sensation ne l’a plus quitté. Un caractère de chien, un amour immodéré pour son Gypsy Moth II. Sa seconde tentative, 15 années plus tard où il réussit la traversée en 30 jours mais il n’est que second :  un dénommé Eric Tabarly l’a précédé.

Le Tour du Monde de Pen Duick VI d’Eric Tabarly explique ce qui le relie à son illustre prédécesseur, leur passion commune, leur amour immodéré pour leur « merveilleuse machine ». Gagner en 1973 le Tour du Monde par les 3 Caps était, après la Transat, un exploit. Le récit connut un succès mondial et lança en Europe la « nouvelle vague » de la plaisance à voile. Ses Mémoires du Large sont un livre tardif, un an avant sa disparition en Mer d’Irlande en 1998,  dans lequel il raconte son parcours depuis ses premières navigations avec son père à l’âge de 3 ans.

 On trouve désormais facilement les récits d' Alain Colas, de Bernard Moitessier, l’aventure du mystérieux Manureva, la réédition de Victoire en solitaire de Tabarly, Tempêtes en Mers du Sud d’Eric Newby, et surtout le terrifiant Survivre de Dougal Robertson qui, en 1973 naviguait paisiblement en famille au large des Galapagos lorsque son  schooner la Lucette fut dévasté et coulé en 10 minutes par une meute d’épaulards. Commence alors une odyssée de survie de 38 jours, sans cartes ni compas, à cinq sur un canot pneumatique, assaillis par la faim, la soif et l’épuisement, recueillis par un thonier japonais après avoir parcouru 290 milles.

Enfin,  les superbes et déroutants (c’est le cas de le dire !) récits d’ Olivier de Kersauson : Tous les océans du Monde en 1997 et le plus récent Promenades en bords de mer et étonnements heureux.en 2016  où il évoque la grande Isabelle Autissier et où l’on plonge avec ravissement dans les eaux bleues des lagons.

Enfin, rendons hommage aux Dix-neuf hommes contre la mer, de Nordhoff et Hall, inlassables navigateurs des îles de la Société, auteurs des trois volumes consacrés à la Bounty ; ils ont narré, à partir des témoignages et récits des protagonistes, les 42 jours de traversée en chaloupe du Capitaine Blyth en octobre 1789. Récit sidérant s’il en est.  Pas vraiment une régate !

 N’oublions pas, un grand plaisancier-régatier  Gustave Caillebotte, riche bourgeois industrieux, peintre longtemps méconnu, mécène des Impressionnistes, vainqueur de multiples compétitions entre 1880 et 1890. Il dessina et fit construire pas moins de 14 voiliers de course : les Condor, Cul blanc, Mouquette, et le plus beau, le dernier, le Mignon de 12 mètres sur lequel il n’eut pas le temps de naviguer (il est mort jeune). Son ami Pierre-Auguste Renoir fut son exécuteur testamentaire.

Ne pas manquer également d’admirer les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) avec Jean-Luc Yvon,  les périlleux voyages des Marion Dufresne de la Marine nationale chargés de les ravitailler. Les rotations de quatre semaines constituent une expérience unique, intense par sa beauté et son exceptionnelle utilité.

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