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La France dans le monde qui vient

De Jean Viard

Editions de L'Aube

Lu / Vu par

Rodolphe de Saint Hilaire
Publié le 07 jan . 2014

Recommandation

3,0BonBon

Parce qu'il est temps de relever la tête !

Thème

Un remède au pessimisme ambiant et d'abord en comprendre les raisons: pourquoi la France, le pays le plus pessimiste du monde après l'Afghanistan selon les dernières études, se complait-elle dans l'auto flagellation? Le Mal Français c'est le Malheur des Français ! L'auteur tente de nous faire oublier cette nostalgie du passé qui nous étouffe: "Il faut accepter que la Révolution (en tout cas pour une certaine majorité ! ndlr) ne soit plus un modèle, de même qu'il ne faut plus considérer les valeurs issues des Lumières comme indispensables ".

Points forts

1 Une grande générosité de pensée, doublée d'une recherche d'objectivité malgré un parti pris politique de départ.

2 Beaucoup de clarté dans cet essai de démonstration avec des illustrations chiffrées, spectaculaires et parfois amusantes comme ses "statistiques du bonheur".

3 Le Diagnostic. Il est établi de manière très convaincante. Puisse-t-il favoriser une prise de conscience chez nos concitoyens confrontés à une crise de confiance! Comme dirait Madame Michu, "C'est dans la tête que ça se passe".

Points faibles

1 La grande question reste posée: si l'auteur mène une réflexion de fond sur les raisons de notre désenchantement (cette manie que nous avons toujours de nous comparer aux autres au nom du principe républicain de "l'égalité"),s'il explique les causes de la montée des extrémismes, il ne donne guère de solutions. Elles sont sans doute à rechercher au fond de nous même ... conclut Jean Viard. Un peu court... On est loin de la "vision" d'Edgar Morin, compagnon de route et de maison d'édition.

2 Le style: plus celui d'un géographe ou d'un ethnographe que d'un sociologue qui se pique de philosophie. Des faits bruts sans images fortes. A ranger, de ce point de vue, plutôt dans la catégorie des "Que sais-je ".
 

En deux mots ...

Nous aimons Jean Viard quand le sociologue donne de l'émotion aux chiffres et de la chair à l'économie. Nous saluons son courage lorsqu'il condamne, contre sa propre chapelle, les archaïsmes de 1981. Les réflexions de Jean Viard sur les bouleversements de la société constituent pour moi un outil de travail.

Mais il était sans doute plus original dans ses analyses du malaise du monde paysan ou des méfaits de l'urbanisme rampant. Et regrettons dans cet essai une sorte d'angélisme post soixante-huitard.

L'auteur

Jean Viard, docteur en sociologie, économiste, est directeur de recherche au CNRS et au CEVIPOF, Centre de recherche politique de Sciences Po. C'est également un élu local "engagé". Il fait partie de ces hommes de réflexion et ces humanistes contemporains qui luttent contre la sinistrose ambiante tout en pointant les archaïsmes de notre pays.

Après "Le sacre du temps libre", "L'éloge de la mobilité"," Les fragments de l'identité française" et sa" Lettre aux paysans" , il signe aujourd'hui un essai sur "La France dans le monde qui vient , la Grande Métamorphose", aux éditions de l'Aube, qu'il a créées. Tout un programme, dans la ligne des travaux de J.Fourastié ou plus récemment de Claudia Zenik.

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