Les Chouans
Texte lu par Alain Lawrence
Durée 12 h 45
26,50 Euros
(Edition brochée, première parution en 1829 chez Urbain Canel, 497 pages en livre de poche)
Infos & réservation
Thème
En 1799, la France du Consulat est encore secouée par des soubresauts de guerre civile. En Bretagne, les Chouans — royalistes armés — affrontent les troupes républicaines.
Au cœur de ce conflit : une relation explosive entre Marie de Verneuil, espionne de Fouché, et le marquis de Montauran, chef des insurgés.
Balzac mêle habilement roman historique, drame politique et intrigue sentimentale dans une œuvre où chacun joue un double jeu.
Points forts
- Un style remarquable : l’auditeur se délecte de cette maîtrise parfaite du français, de cette écriture dense, précise, parfois lyrique et, le sujet l’imposant, souvent brutale.
- Une atmosphère pesante : le romancier excelle à camper des scènes d’action intenses, notamment le sauvetage de M. d'Orgemont, qui ne sont pas sans rappeler l’art de Walter Scott.
Quelques réserves
- Des descriptions pléthoriques : on connaît la méthode balzacienne. D’abord, la description avec une minutie qui a fait sa réputation, du cadre géographique, puis des personnages, dont l’apparence extérieure est souvent révélatrice de leur psychologie. Une fois ceci exposé, l’intrigue peut alors se nouer. Dans ce roman, il faut patienter plusieurs heures avant que les deux protagonistes se rencontrent. Non, vraiment, c’est trop !
- Des personnages étonnamment plats : Balzac, pourtant maître dans l’analyse des passions humaines, peine ici à donner de l’épaisseur à ses héros. Marie de Verneuil et Montauran sont moins des êtres de chair que des figures figées, au service d’une intrigue qui sonne parfois faux. Leur histoire d’amour évoque plus le mélodrame adolescent que la tragédie balzacienne. Quelle déception de ne pas retrouver, ici, les grandes figures qui ont fait le succès de l’écrivain, le père Grandet et son avarice glacée ou le père Goriot et son amour sacrificiel !
Encore un mot...
Certains écrivains signent un coup de maître dès leur premier roman - Camus avec L’Étranger, par exemple. D’autres mettent plus de temps à trouver leur voix. Les Chouans, premier roman publié sous le nom de Balzac, appartient à cette seconde catégorie. Mais dans ce western breton, en gestation encore, on devine déjà les grandes lignes de son génie futur : la construction narrative, le regard politique, et une ambition littéraire démesurée.
Une phrase
“ Et l’on peut dire avec assurance que si la Vendée fit du brigandage une guerre, la Bretagne fit de la guerre un brigandage.”
L'auteur
Honoré de Balzac (1799–1850) est l’architecte de La Comédie humaine, fresque monumentale de plus de 90 œuvres. Il y peint avec férocité les travers d’une société dominée par l’argent, le rang et les faux-semblants. Les Chouans, roman de jeunesse, marque le point de départ d’un projet littéraire unique.
Le lecteur :
Alain Lawrence, comédien rompu aux grands rôles classiques (Rodrigue, Alceste, Ruy Blas...), offre une lecture habitée et rigoureuse. Il donne corps à la langue de Balzac sans la figer, et parvient à faire passer l’intensité d’un texte exigeant.
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