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Elle marchait sur un fil

De Philippe Delerm
Edition du Seuil - 214 pages -

Lu / Vu par

Françoise Cazalis
Publié le 19 mai . 2014

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Marie, attachée de presse, de plus en plus détachée d'ailleurs, est au mitan de sa vie quand Pierre , son mari, la quitte. Vie qu'elle a vécue par procuration en incitant son fils Etienne à devenir comédien, puis en insufflant à  Léa , sa petite fille, le goût du théâtre. Marie, intense et fragile comme une violette, aurait aimé être artiste, comédienne sans doute, écrivain sûrement. La rencontre avec une troupe de jeunes comédiens réveille ce qu'elle croyait éteint en elle. Jusqu'au drame.

Points forts

-  Le roman de Philippe Delerm évoque la difficulté de savoir qui on est après le départ de l'homme aimé. A cinquante ans, si la page se tourne,  le roman reste, et une nouvelle page blanche reste à écrire. Comment la remplir?

- L'autre thème développé par l'auteur est la question de la transmission. Comment et dans quelle mesure les parents doivent-ils influencer l'avenir de leurs enfants?

- En filigrane, André, un vieil homme que la vie abandonne, traverse le roman avec la sagesse que procure l'âge. 

Points faibles

-  Philippe Delerm joue la partition de la petite musique intime avec quelques dissonances qui altèrent la cohésion de l'orchestre que forment les  personnages du roman.

- Comme souvent dans l'oeuvre de Delerm, le lecteur est un peu étourdi par le "name dropping" qui truffe le texte.

En deux mots ...

 - Le roman est agréable à lire, même si ce n'est pas le livre du siècle. Les références et anecdotes nous poussent à réfléchir sur l'équilibre précaire de la vie. Le lecteur s'attache à la fragilité de Marie qui la conduira au geste fatal. Inexorablement, la question  qui nous taraude est celle de se définir sous le regard de l'autre. L'autre qui pense nous connaître alors que nous avons tu nos aspirations.

Philippe Delerm :"Prendre le risque du bonheur est un vertige".

L'auteur

Philippe Delerm ,enseignant , auteur de recueils de nouvelles et de romans, publie en 1983 "La cinquième saison", qui rencontre l'intérêt du public. C'est avec "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules",  en 1997, qu'il connait un vrai succès populaire. Il quitte l'enseignement pour rejoindre les éditions du Seuil où il est actuellement directeur de la collection " Le goût des mots." Un essai lui est consacré qui résume son écriture: Philippe Delerm et le minimalisme positif.

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