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Le Mépris civilisé

Solide mais parfois indigeste
De Carlo Strenger
Editions Belfond - 160 pages

Lu / Vu par

Jean-Noel Dibie
Publié le 03 juin . 2016

Recommandation

2,0BonBon

Thème

L’essai s’inscrit dans la continuité de « La peur de l’insignifiance nous rend fous ». Ce travail s’attache à l’installation d’Homo Globalis et à sa déstabilisation par l’Infotaitment, nouvelle pratique de communication, largement répandue par le Net, distillant la peur de l’insignifiance au détriment de l’estime de soi.

Dans l’introduction de ce second ouvrage, l’essayiste pose la problématique du droit et du devoir du « monde libre à défendre ses valeurs fondamentales ». Dés lors, il s’emploi à démontrer que la culture occidentale, affaiblie par l’idéologie du politiquement correct, ne défends plus les valeurs des Lumières, parmi lesquelles la tolérance.

Constatant que le principe du politiquement correct ne garanti pas la cohabitation harmonieuse et entrave les sociétés occidentales bafouées par le terrorisme, Carlo Strenger introduit un nouveau principe, celui duMépris civilisé. Celui-ci, fondé sur des connaissances scientifiques, est défini comme « la capacité à s’inscrire en faux contre des comportements, des crédos et des valeurs, dès lors qu’ils nous apparaissent irrationnels, immoraux, incohérents ou inhumains ». Toutefois, le principe du Mépris civilisé « ne peut servir de prétexte pour humilier les gens qui pensent autrement et limiter leurs droits humains ».

Points forts

Un plan cohérent où les références historiques, philosophiques et religieuses étayent une analyse politique fondée sur une approche psychologique et sociale.

Points faibles

La richesse du raisonnement nécessite une lecture très attentive.

Le titre, peu explicite en français, peut décourager le lecteur potentiel.

En deux mots ...

L’essai souligne, notamment, la fatuité des théories politiques et les failles d’identités collectives fondées sur des mythes. Il rappelle, également, la vocation des Lumières à protéger l’individu, non les croyances, la liberté permettant à chacun de vivre selon ses croyances.

Au quotidien, il peut être bénéfique de suivre la recommandation de l’auteur : recourir au test du médecin, dont le diagnostic, donc les soins, doit reposer, non sur des convictions, mais sur des connaissances étayées par des examens cliniques.

 Lecture recommandée à ceux qui souhaitent un peu mieux comprendre les soubresauts de nos sociétés en mutation.

Une phrase

"Le principe de tolérance énonce simplement qu'aucune instance ecclésiastique, religieuse ou étatique n'a le droit d'imposer à quiconque une croyance, et que tout être humain doit être en mesure de vivre sa vie selon ses propres convictions".

L'auteur

Carlo Strenger, né à Bâle en 1958, étudie la psychologie et la philosophe à Zurich. Universitaire, habilité professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, en 1989, il enseigne à Tel Aviv.

Scientifique, membre du conseil de la Fondation Sigmund Freud, à Vienne, il étudie les influences des mutations culturelles, sociales et économiques, dont la mondialisation, sur le psychisme des individus et des sociétés humaines.

Chroniqueur, il est considéré comme « l’une des voix les plus avisées de la gauche israélienne ».

Auteur de nombreux ouvrages, il a édité chez Belfond les traductions française de deux essais : « La peur de l’insignifiance nous rend fous : une quête du sens de la liberté au XXème siècle » (2013) et « Le mépris civilisé » (2016).

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