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Winston, Comment un seul homme a fait l'histoire

De Boris Johnson
Editions Stock

Lu / Vu par

Jean-Pierre Tirouflet
Publié le 05 oct . 2015

Recommandation

3,0BonBon

Thème

A l’évidence, le personnage de Churchill, avec lequel il doit se sentir des affinités, exerce sur Boris Johnson une sorte de fascination. Quoi qu’il en soit, il livre, pour le cinquantième anniversaire de la mort du grand homme, une biographie intitulée Winston, en toute simplicité.

Points forts

- C’est enlevé, parfois drôle et d’une lecture facile.

- Boris Johnson développe la thèse, très anti-marxiste, selon laquelle ce sont les hommes qui font l’Histoire et non le déterminisme; en l’occurrence, il considère que Churchill a, seul, changé le cours de l’histoire du monde en décidant au printemps 1940, contre tous ou presque en Angleterre, de résister à l’Allemagne nazie et à ses offres de paix de compromis. Il est vrai que l’on surestime aujourd’hui la volonté de résistance du Royaume-Uni à ce moment crucial. Or “l’apaisement“ était jusqu’alors le principal axe de la politique étrangère britannique en Europe et ses partisans résolus (Halifax, Chamberlain…) occupaient encore les postes essentiels.

- Le portrait de Churchill est assez fouillé et s’attache plus aux aspects psychologiques qu’à la relation précise d’épisodes connus de la vie de Sir Winston, en Inde ou en Afrique du Sud. Même si l’on sent l’admiration de l’auteur pour son personnage, il n’en dissimule pas les côtés moins reluisants, comme son caractère brouillon, son allergie aux mathématiques, ses excès en tous genres, ses échecs, ses ridicules…
Johnson se permet des réflexions assez peu correctes politiquement, comme par exemple son appréciation très mitigée de la valeur militaire de l’armée britannique…

Points faibles

Le lecteur ressentira peut-être une fausse objectivité, tant l’auteur cherche à s’assimiler à son illustre devancier : une pincée de critiques contre un tombereau d’hagiographie…

La ficelle est parfois un peu grosse lorsque notre auteur tente de définir quelle serait la position de Churchill sur certains sujets d’actualité, comme la construction européenne, position qui, comme par hasard, recoupe assez bien la sienne.

La fin est d’ailleurs de moindre qualité que le début de l’ouvrage.

En deux mots ...

Manifestement, Boris Johnson nous offre deux portraits, celui de Winston Churchill et, en creux, celui de Boris Johnson, mais l’analogie, apparemment, serait plus marquée dans la colonne débit que dans la colonne crédit !

L'auteur

Le maire de Londres, Boris Johnson, est l’enfant terrible de la politique britannique. Journaliste de métier, il est élu membre du Parlement en 2001 sous les couleurs des conservateurs, puis, déjouant les pronostics, maire du grand Londres en 2008. Il est réélu en 2012. 
Personnage fantasque, adepte de la bicyclette, décrit par ses ennemis comme un être instable, opportuniste, paresseux, raciste… et par ses amis, comme une sorte de Falstaff truculent, drôle et charismatique, il joue au sein des Tories le rôle du trublion libéral, voire libertaire, en tous cas gaffeur et iconoclaste.

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