Ligne de foi
Parution le 3 décembre 2025
Prix : 19 euros
Infos & réservation
Thème
Chez un auteur rompu à l’aventure maritime et au dépaysement poétique, voilà un livre qui navigue haut, entre les grandes marées du souvenir et le mince filet d’eau de la foi. Dans la chapelle de l’École militaire, Loïc Finaz assiste à la messe d’obsèques d’un de ses frères d’armes. Cet ami très cher, emporté en quelques mois par la maladie, fut un complice et aussi, depuis sa conversion, un filleul. Au pied de l’autel, tout au long d’une belle liturgie qui unit tristesse et espérance, l’auteur complète de ses propres mots chaque moment du rituel de la messe pour revivre leurs embarquements communs, réanimer leurs conversations, méditer sur la foi où ils se sont rejoints.
Points forts
Credo profond, méditation aérienne, prière mémorielle, hommage à son métier, veillée des quarts de nuit passés côte à côte, oraison mélancolique avec sa part de joie et de tristesse, ce récit à la fois envoûte, déconcerte et réconcilie.
L’Histoire venant à son secours, l’amiral endeuillé médite à livre ouvert, parcourant du regard l’épopée du roi Saint Louis dont les tableaux sont exposés, à vue d’âme, dans la grande chapelle pour l’édification des cadets de toutes les époques.
Tout se mêle dans sa mémoire, la célébration en cours, les sorties en mer et les retours au port, les lettres reçues du défunt lorsqu’il découvrait l’amour de Saba, sa reine de beauté éthiopienne, et bouclait avec elle son chemin vers Dieu. Prétexte aussi de revisiter sa vocation, ses missions, ses rencontres, le sauvetage improvisé, guidé par la chance et le Saint Esprit, d’un marin en détresse un soir de nuit profonde. Occasion enfin de revenir sur les lieux fondateurs de leurs débuts communs sur la route de l’École navale, de ressentir l’appel de la mer et les éclats des phares, de revoir les amers salvateurs, de ressusciter la houle, les marées, les coups de tabac et tous les épisodes fraternels et spirituels du métier d’homme de guerre dans le grand large.
Quelques réserves
Aucune réserve pour cette œuvre accessible à toutes les âmes, amarinées ou pas.
Encore un mot...
Chacun, croyant ou non, a pu expérimenter, sans aller aussi loin en mer, quelque chose de comparable lors d’une cérémonie - religieuse ou officielle - d’obsèques. Des sentiments mêlés où se bousculent la peine, l’émotion, le sourire rieur des bons moments, les pincements au cœur, les mots qui tremblent, les souvenirs qui pleurent ; l’inquiétude, l’angoisse du doute qui envahissent la raison des certitudes alors que l’office commence, se poursuit, s’élève, écoute de l’homélie qui réveille le défunt dans le cœur de l’assistance avant d’envoyer le mort là où il est déjà et les fidèles à leurs occupations de mortels.
Dans ce beau livre de bord, Loïc Finaz met le lecteur dans l’axe de son navire, lui fait suivre le cap de ses principaux appareillages, goûter le bonheur de ses retours à terre et partager son intime affection et sa fervente conviction.
Une phrase
“ Notre histoire est là, la tienne comme la mienne, nos credo aussi !” P. 80
“ Sur l’eau, les lumières du bâtiment au mouillage incarnaient l’appel de la mer promise.” P. 112
“ Attendre ! Serait-ce la condition du croyant : pèlerin ou croisé, ermite ou sentinelle, prélat ou roi ?” P. 125
“ Dans cet émerveillement, nos quarts deviennent matines, laudes, vêpres ou complies.” P. 145
“ Sans ton sillage. Mais pas sans ta présence. Différente mais certaine”. P. 159
L'auteur
Vice-amiral (2s) ayant « quitté le bord » à l’Ecole militaire comme directeur de l’Ecole de guerre, Loïc Finaz a mené une double vie d’écrivain de Marine, d’essayiste et de poète. Il signe avec Ligne de foi son neuvième livre après, entre autres, Echouage (La Table Ronde (1995), Que seule demeure la poésie de l'Ienisseï (Equateurs, 2014), La Liberté du commandement (Equateurs, 2020), Le goût du risque, avec Andrea Marcolongo et Patrice Franceschi (Grasset, 2023). C’est dans la chapelle de l’Ecole militaire que les lignes de sa foi se sont écrites.
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