Livres/BD/Mangas

La fille de Vercingetorix

Vercingétorix a une fille, mais Goscinny n’a toujours pas d’héritiers
De Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
Les éditions Albert René 2019, 48 pages, 9.99€

Lu / Vu par

Dominique Clausse
Publié le 02 nov . 2019

Recommandation

1,0BofBof

Thème

Un groupe de guerriers Arvernes a recueilli la fille de Vercingétorix après la défaite d’Alesia. Ils veulent se rendre à Londinium (Londres) avec elle, pour s’en servir comme symbole et entamer la reconquête de la Gaule. En chemin, ils s’arrêtent dans un petit village d’Armorique, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. C’est, vous l’aurez reconnu, le village d’Astérix et Obélix, les célèbres Gaulois. Les Arvernes leur confient la fille, pour aller préparer la traversée de la Manche, la pensant en sécurité auprès des irréductibles Gaulois. Mais c’est sans compter sur le caractère fugueur de la jeune adolescente, qui va perturber la vie calme du village, en y trouvant des alliés de son âge.

Après quelques aventures loin de leurs bases, Astérix et Obélix vivent cette fois une aventure à proximité du village, retrouvant ici l’alternance de scénarios chère aux créateurs. Uderzo et Goscinny excellaient dans ces allers-retours qui nous emmenaient de l’Espagne (en Hispanie) au village (la Zizanie), puis de Suisse (chez les Helvètes) au village (le Domaine des Dieux), et ainsi de suite.

Points forts

Après la déception du tome précédent, Astérix et la Transitalique, on attendait ce nouvel opus avec un zest d’inquiétude. On le verra dans les points faibles, cette inquiétude s’avère hélas justifiée. Mais reconnaissons à Ferri, après la faiblesse scénaristique de cet avant-dernier album, d’avoir retrouvé le chemin d’un scénario correct. Et côté dessin, Conrad est toujours aussi à l’aise dans le respect des codes graphiques d’Astérix. Il nous offre même quelques belles planches qui n’ont rien à envier au trait d’Uderzo.

Points faibles

Hélas, rien ne dissipe l’ennui qui nous prend très vite en tournant les pages de cet album. L’aventure est fade, les gags convenus et sans originalité, ni finesse. Adrénaline, la fille de Vercingétorix et ses compagnons adolescents, Blinix, le fils du poissonnier Ordralfabétix, et Selfix, le fils du forgeron Cétautomatix, tentent bien de donner un coup de jeune à la série, mais on tourne vite en rond. La volonté de moderniser le contexte fait flop, et alourdit même l’histoire. Les allusions écologiques sont un exemple de cette lourdeur : la malbouffe (la potion magique devient une boisson suspecte et transgressive pour les enfants), la surexploitation des ressources naturelles (la surconsommation de sangliers d’Obélix met en péril la préservation de l’espèce), la pollution des Océans (par des amphores, qui ne sont pourtant pas en plastique).

Certains comparent même l’héroïne Adrénaline à Greta Thunberg. Trop c’est trop ! Je ne sais plus qui a dit que les bons sentiments ne font pas toujours une bonne histoire, et bien, en voici la preuve dessinée.

En deux mots ...

Pour les 60 ans du petit Gaulois (et oui, la première aventure remonte à 1959), on rêvait mieux comme cadeau d’anniversaire que ce triste album. On a l’impression que Ferri et Conrad sont prisonniers des codes de la série et que cela brime toute leur imagination. Ces deux-là ont prouvé par le passé leur indéniable talent. Mais ici, ils ne trouvent pas la clé d’un revival qu’attendent tous les fans de Goscinny, comme une renaissance du petit Gaulois. Mais existe-t-elle cette clé, sinon dans les fantasmes de vieux lecteurs comme moi, qui rêveraient de retrouver un Astérix en Corse ou un Tour de Gaule ?

Alors, j’ai envie de dire à Ferri et Conrad : envoyez balader Uderzo, faites-vous plaisir en cassant les codes et arrêtez de respecter le mythe ! C’est ce qui pourrait arriver de mieux à Astérix. Regardez comme Spirou a retrouvé une seconde jeunesse avec Janry et le regretté Tome, disparu récemment, qui avaient su bousculer le mythe du petit groom belge.

Une illustration

L'auteur

De Ferri, je garde en premier le scénario du « retour à la terre », où il donnait corps aux angoisses de Manu Larcenet. Franchement, si vous ne connaissez pas, allez acheter un album tout de suite pour combler cette grave lacune. Astérix représente une aventure nouvelle pour lui qui l’éloigne un peu de la ruralité qu’il affectionne particulièrement. Il est le créateur, par exemple du mythique, et néanmoins peu connu, Aimé Lacapelle, policier du BIT (Bureau d’Investigation Tarnais).

Conrad, le dessinateur, est décidemment un homme de duos. Avant celui qu’il crée avec Ferri, tous les amateurs de BD ont en tête les albums réalisés avec son complice Yann. Citons Bob Marone, parodie du célèbre aventurier, Bob Morane, ou encore la série des « tigresse blanche » qui nous plongeait dans un exotisme fantasmé. Sa marque de fabrique était un trait vif et original, très différent de ce qu’il fait ici, en respectant les codes du dessin d’Astérix.

Commentaires

Mamie bichette
Le 09 nov. 2019
à 10h16

Je suis une inconditionnelle d'Astérix depuis des lustres...
bon ou mauvais un nouvel album fait vivre mon petit personnage préféré et pour moi ce qui compte c'est bien qu'il vive !
Alors pourquoi ne pas aider les auteurs en proposant des idées de scénario(i), des nouvelles aventures imaginées de nos lectures. Si je pouvais je suggérerais le Portugal comme nouveau terrain de jeux...
Quoi qu'il en soit je pense que critiquer est bon dans la mesure on l'on propose une solution en face !
Amitiés

jean
Le 17 nov. 2019
à 13h48

bien d'accord avec la critique. Asterix, c'est mort...

Si question graphique c'est toujours bon...quel ennui avec le scénario et encore plus les dialogues..Aucune finesse dans le dialogue, les tentatives d'humour ne sont pas drôles, à peine on sourit.Il n'y a pas la patte Goscinny, et ça se voit. Ca prend pas.

L'histoire est de plus, ennuyeuse au possible, comme à chaque nouvel album maintenant. Tout est très FADE, bien sûr rien voir avec les albums du début.

Pierrix
Le 17 nov. 2019
à 16h22

Absolument pas d’accord avec ce jugement à l’emporte-pièce! Bien meilleur et plus amusant que les précédents, j’ai bien aimé. Dire “débarrassez-vous d’Uderzo” est carrément une insulte à la mémoire de son créateur génial Goscinny!

Dominique Clausse
Le 18 nov. 2019
à 17h59

Je comprends tout-à-fait, je suis juste déçu par la baisse de qualité des aventures de nos sympathiques Gaulois. J'ai été bercé à l'humour de Goscinny et c'est difficile de l'oublier, surtout que je pense sincèrement que cette nouvelle équipe a du talent.

Sauvage
Le 26 nov. 2019
à 10h50

Il y a beaucoup à dire de cet album. Même si le thème est original, la façon de la raconter est ennuyeuse. Les 9/10 du texte est sans intérêt, y compris et surtout les calembours à la Ruquier ("c'est la montée de l'Adrénaline" : Goscinny l'aurait présentée autrement, cette blague). On fait parler le moindre des personnages sur les images mais c'est pour ne rien dire. Astérix et Obélix sont fades, Obélix a perdu toute sa drôlerie (il ne dit même plus "ils sont fous les.." mais "ils sont cinglés"). Les auteurs n'arrivent pas à les animer. Ils n'ont pas le punch d'Uderzo pour représenter une bagarre. Les Romains sont tout aussi insignifiants. C'est vraiment un livre pour les petits (comme le premier "Chez les Pictes") : les personnages parlent comme des adolescents ; l'adverbe "ne" dans les phrases négatives est supprimé (ce n'est vraiment pas là un modèle de bon français pour les jeunes). Enfin, pourquoi écrire Vercingétorix en petit ? ça n'a pas de sens. C'est Alésia qu'il fallait écrire en petit.
On voudrait que les nouveaux auteurs "cassent les codes" et "arrêtent de respecter le mythe" mais ils ont déjà commencé à le faire ! Tout ce qui est à souhaiter, c'est qu'ils arrêtent là cette triste expérience. Astérix et Obélix, c'est fini un point c'est tout, comme Blake et Mortimer, Spirou, Gaston etc.

Bernard
Le 03 déc. 2019
à 11h34

Au secours Goscinny ! Superbes dessins de Conrad tout à fait dignes d'Uderzo, c'est à s'y méprendre, pour le reste textes sans intérêt, scénario banal, et surtout humour absent mais vu le niveau c'est finalement préférable, pire on force exagérément le trait et ça devient laborieux sinon lourdingue, indigne des créateurs malicieux d'Astérix.
Pour qui a tant lu et relu les albums de la bonne époque, c'est une épreuve douloureuse, les personnages familiers que nous aimons sont maltraités, méconnaissables dans leurs réparties.
Une attention quasi exclusivement portée sur les noms des nouveaux personnages, qui peuvent parfois prêter à sourire, ne suffit pas à faire un bon Astérix.
La reprise de jeux de mots anciens est évidemment affligeante dans le principe, mais de plus ils sont amenés de façon prévisible et maladroite.
Se hisser au niveau stratosphérique de Goscinny est tout sauf facile, au fil des albums on peut penser que Ferri n'en est pas capable, il devrait de lui même, à mon avis, laisser la place.
Mais Astérix est devenu une machine à fric, et la poule aux œufs d'or n'est probablement pas facile à céder ...
Ça peut se comprendre !
Pourtant c'est ça ou la disparitions des personnages et des histoires que nous aimons.
Sauf évidemment pour ceux qui se satisfont d'apprécier les dessins, et ils sont heureusement excellents.
Espérons que l'aventure n'est pas finie, mais pour paraphraser un certain elle me paraît en état de mort cérébrale !

Michel
Le 04 déc. 2019
à 15h47

Goscinny et Uderzo avaient démontré un talent exceptionnel album après album depuis le début des aventures de nos chers Gaulois.
Mais je suis déçu par leurs successeurs.
Bien entendu je suis heureux de retrouver les personnages toujours fort bien dessinés qui m'ont accompagné depuis tant d'années.
Mais à la lecture des 4 derniers albums, les faiblesses et les facilités des scénarios, l'humour à mon avis parfois lourd et quelque peu laborieux, les réparties banales, me font penser avec tristesse que l'aventure est terminée et que je dois me résigner à relire les anciens épisodes, ce que je fais avec un immense plaisir, heureux de trouver encore des détails qui m'avaient échappé après tant de lectures.
Par contre une fois lus, en espérant chaque fois retrouver des histoires captivantes et pleines de malice du niveau de celles auxquelles Goscinny et Uderzo m'avaient habitué, je me résigne à penser que les quatre derniers albums ne seront sans doute jamais ressortis des rayons de ma bibliothèque BD.

Marc
Le 07 déc. 2019
à 22h59

J’ai terminé l’album hier et… je me suis encore fait avoir. Après avoir acheté le premier album
de Conrad et Ferri j’ai laissé la série de côté pour un temps. Là ce qui m’as attiré c’est le style
du dessin qui se rapproche assez bien de Uderzo. Mais après lecture on se rends compte qu’il n’y
a aucun enjeux majeur, c’est une coquille vide. On sent que les deux auteurs ont eu un cahier des
charges et qu’ils ont coché des cases; une bataille entre le poissonnier et le forgeron c’est fait,
une bataille avec les pirates c’est fait, etc. Le personnage de Adrénaline est bien vide et la fin de
l’histoire est bien convenue.
La couverture est très trompeuse car elle laisse entrevoir un réel danger pour les personnages…
mais il n’y en a pas vraiement. Et j’ai trouvé le début de l’histoire trop rapide; on est lancé dans
cette histoire sans réel introduction. J’aurai commencé avec les scènes (retour en arrière) de
Vercingétorix mais ça aurait sans doute fait trop référence à l’album de « Astérix le Gaulois ».
En résumé grosse déception et je suis conterné par les critiques positives de la presse en général.

Max
Le 28 déc. 2019
à 17h57

Affligeant .Humour et dialogues inexistant . A oublier au fond de la bibliotheque .

Edith
Le 06 jan. 2020
à 02h08

Ennuyeux au possible, le seul moment d'humour étant "Aznavour"! De plus en plus décevants tous les derniers album ! Quel dommage...

pascalou
Le 13 mar. 2020
à 19h30

si j'ai vraiment bien aime les 3 derniers albums, surtout le papyrus de cesar, idee juste geniale, dans la fille de vercingetorix c'est juste lamentable: aucune histoire, aucun humour, c'est nul. et les dessins souvent sur fond clair, peu de details a part idefix qui s'en sort bien. decevant.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.