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Le Jeune homme à la Mule

Quand Michel Orcel chausse la lorgnette de Stendhal …
De Michel Orcel
Editions Pierre Guillaume de Roux 210 p.

Lu / Vu par

Gilles Antonowicz
Publié le 14 déc . 2019

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Avec, en toile de fond, la Révolution française et le refus du Comté de Nice (propriété du royaume de Sardaigne) de se soumettre aux sans-culottes, Le Jeune homme à la mule met en scène les aventures sentimentales, guerrières et politiques de Jouan Dauthier, qui est à Michel Orcel ce que Fabrice del Dongo est à Stendhal et le hussard Angelo Pardi à Giono.

Points forts

- Le style ! L’art de la description, le sens du détail et du mot juste … Michel Orcel n’a pas son pareil pour dépeindre un personnage, faire émerger des odeurs, percevoir les couleurs, entendre les bruits ... De la littérature, de la vraie !

- Un travail documentaire remarquable. Résultat, une éblouissante leçon d’histoire permettant de découvrir un épisode peu connu de la Révolution : la résistance opposée par les patriotes sardes aux Français, résistance dans laquelle la question religieuse joue un rôle majeur. 

- Des décors somptueux : Sospel, Castellane, Puget-Théniers, Guillaumes, le col de Tende, les gorges du Cians et de Daluis … 

Points faibles

Il n’y en a pas, comme il sied à tout chef-d’œuvre, fut-il petit. 

En deux mots ...

Les amateurs de romans historiques et d’aventures picaresques se régaleront à la lecture de cette promenade sentimentale, parsemée d’intrigues et de coups de sabres.

Un extrait

« Précédé par les cris des gamins, le postillon arrêta dans un bruit de fer et de pierraille les trois chevaux trempés de sueur. La portière, peinte aux armes de Savoie, s’ouvrit. Le marchepied s’abattit ; un homme vêtu d’une longue redingote grise et d’un chapeau à bord roulé tendit la main ; et l’on vit apparaître une jeune femme élégante et vive, qui ébouriffait sa jupe avec beaucoup de grâce. Elle portait pour costume de voyage une veste aux basques courtes, du même drap zébré noir et vert que son jupon, et sur les épaules une capeline à la vénitienne. Des masses de boucles brunes frisées au petit fer s’échappaient de sous un chapeau de feutre emplumé d’un bouquet roux, qui s’inclinait coquettement sur l’oreille. Mais ce qui frappait le plus dans sa beauté, c’était, outre son teint de lait et ses pommettes hautes, des yeux extraordinairement noirs, taillés en amande. L’homme qui l’avait aidé à descendre de la voiture semblait lui témoigner un empressement tendre et respectueux. Il devait avoir quinze à vingt ans de plus qu’elle. Était-il son père, son mari, son amant ? A ce point du récit, le narrateur lui-même n’en sait rien » …

L'auteur

A Michel Orcel, romancier (Le Sentiment du fer, Grasset), essayiste (Les Larmes du traducteur, Grasset, Voyage dans l’Orient prochain, La Bibliothèque, L’Invention de l’Islam, Perrin), poète, biographe (Verdi, Grasset), immense traducteur (Le Tasse, L’Arioste, Leopardi, Dante), musicologue, éditeur (Arcades ambo), il ne manque plus qu’une épée d’académicien …

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