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L’effroyable vérité, Communisme, un siècle de tragédies et de complicités

Une somme courageuse pour dénoncer les massacres d’une idéologie à laquelle nombre d’intellectuels français ont adhéré
De Bruno Riondel
L’Artilleur/Toucan, 796 pages, 25 €

Lu / Vu par

François Garçon
Publié le 03 sep . 2020

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Des crimes abominables du nazisme, nous savons aujourd’hui pratiquement tout. En revanche, sur le communisme, d’une identique abjection, l’état des lieux reste encore largement imprécis. L’effroyable vérité revient sur chacune des terres de massacres et montre que, chaque fois, ces crimes étaient inscrits dans le projet même de ses promoteurs. Quant à la France, elle tient solidement sa place, non dans les massacres mais dans la propagation et le culte de cette escroquerie meurtrière.

Points forts

L’ouvrage est un inventaire de bonne facture sur les horreurs communistes. Le pluriel est justifié tant sont nombreuses les expériences nationales qui, au nom du bien commun, de l’émancipation des hommes et de l’éradication des inégalités, tournent immédiatement aux massacres de masse, aux déportations et à l’anéantissement de toutes les libertés. Les promoteurs de cette idée folle qu’est le communisme se distinguent par leur haine du pragmatisme, leur autoritarisme centralisateur, leur arrogance, celle d’une avant-garde décidée à ne plus jamais lâcher les rênes de l’Etat, une fois celui-ci conquis.

Bruno Riondel énumère la fabuleuse productivité génocidaire du communisme, capable, sous tous les climats et tout au long du 20ème siècle, de terroriser et massacrer ses populations. En cela, le communisme est incontestablement « supérieur » au nazisme, dont la machine criminelle n’a fonctionné à plein –la solution finale-  qu’entre la conférence de Wannsee (janvier 1942) et la chute du Reich, trois ans plus tard. Malgré un bilan d’une centaine de millions de morts, le communisme poursuit sa marche folle. Il n’est que d’écouter ceux qui, dans nos médias ou dans les assemblées élues, se réclament de cette idéologie démente pour comprendre que le ventre de la bête est toujours fécond. Sinon, ajoute l’auteur, comment comprendre les juteuses trajectoires professionnelles de tous les anciens communistes ou gauchistes français, passés du lancé de pavé à la table des puissants ? Comment expliquer qu’un nomenklaturiste comme Alain Minc ne puisse s’empêcher de rappeler, chaque fois que le micro lui est tendu, que son père était communiste, et que lui en tire fierté ? L’ouvrage fait ainsi la part belle aux intellectuels et hommes politiques français qui, de Lionel Jospin à Mélenchon, célèbrent la beauté de l’idéal communiste, aveugles qu’ils sont -ou étaient- à la machine criminelle qui agit en son nom. 

Compte-tenu du petit nombre d’historiens qui, en langue française, ont osé braver l’interdit de dénoncer les crimes du communisme, cette somme est fort bienvenue.

Points faibles

Beaucoup de ce à quoi fait référence l’auteur, les massacres massifs perpétrés par les communistes avant et pendant leurs interminables exercices du pouvoir, est connu. 

Un extrait

« Le communisme fut bien l’ennemi le plus acharné à détruire les peuples qu’il prétendait libérer, et les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards, mais aussi les bourgeois, les paysans, les ouvriers, les clercs et les intellectuels furent indistinctement terrorisés, pourchassés et massivement exterminés pour créer l’arasement social nécessaire à l’établissement de l’ordre nouveau » (page 184/185)

L'auteur

Historien de formation, Bruno Riondel, qui est professeur en classes préparatoires, n’occupe pas un poste dans une université française. Parce qu’il n’a jamais eu à présenter son passeport de bonne conduite idéologique pour briguer une chaire dans l’enseignement supérieur, et donc à montrer patte blanche à un comité de pairs, il parle avec une grande liberté d’un sujet qui reste embarrassant : le communisme comme entreprise cannibale conduite par des génocidaires.

Du communisme, le père de l’auteur, fait prisonnier par les Viêt Minh après Dien Bien Phu, en expérimenta doublement la scélératesse : d’une part, en raison des traitements inhumains subis comme prisonnier de guerre dans les geôles vietnamiennes ; d’autre part, pour avoir subi les méthodes de rééducation que venaient administrer, sur place, des communistes français en mission commandée. Souvenons-nous de l’affaire Georges Boudarel, qui n’éclata qu’en 1991. L’auteur rappelle que 278 des 320 prisonniers du camp que dirigeait le communiste français seraient morts, par suite des traitements qu’il leur avait infligés.

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