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Livres/BD/Mangas

Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla

Dommage qu'on ait tant de mal à y croire...
De Jean-Christophe Rufin
Editions Gallimard, 373 pages, Prix : 32 €

Lu / Vu par

Claudie Saliou
Publié le 18 juin . 2019

Recommandation

2,0BonBon

Thème

En 1958, quatre jeunes gens décident de relier Paris à Moscou dans une « Marly Simca » : début de l'aventure.

De passage dans un village d'Ukraine une jeune fille nue dans un arbre est la risée des habitants.

Edgar la regarde, la couvre d'un sac de jute... La voiture redémarre, il ne l'oubliera plus. 

Une année plus tard, il part à sa recherche, l'épouse pour la ramener en France.

L'histoire se poursuit à Paris. Elle a une voix magnifique, chante dans les églises. Elle deviendra une cantatrice célèbre dans le monde entier. 

Lui va exercer ses talents dans l'univers des « affaires » parfois louches, il va faire fortune.

Leurs chemins vont se séparer à travers l'Amérique, l'Afrique du sud, le Maroc puis se recroiser, cela pendant un demi-siècle. Ils divorceront six fois, se remarieront dans des conditions diverses mais toujours de manière spectaculaire et imprévisible.

Ils auront une fille, Ingrid, pour qui leur vie passionnelle ne sera pas de tout repos. Elle est l'épouse de l'auteur.

Il va enquêter sur leur histoire, recevoir leurs confidences jusqu'à la fin de leur vie. «  Un très joli cadeau ». 

« L'ultime rêve de Ludmilla »: retrouver Edgard et l'épouser une septième, fois pour l'éternité, devant saint Pierre. Puisse-t-il être exaucé !

Points forts

  • Jean Christophe Rufin, encore une fois, par la qualité et la magie de son écriture, nous entraîne dans une aventure un peu folle : deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer se sont aimés pendant plus d'un demi-siècle,  se réservant de multiples surprises, ainsi qu'à leur entourage, « pour le meilleur et pour le pire »

Points faibles

  • Malheureusement, l'histoire de ce couple hors du commun semble irréelle et difficile à croire. Et pourtant il s'agit des beaux parents de l'auteur. Etonnant.

En deux mots ...

« Un hymne au mariage »

Un extrait

Ou plutôt deux:

  • « Ludmilla et Edgar, Edgar et Ludmilla. Il est impossible d'imaginer ce qu'aurait été leur destin l'un sans l'autre.
    Il faut voir leur existence comme une sorte de parcours mozartien aussi peu sérieux qu'on peut l'être quand on est convaincu que la vie est une tragédie, et qu'il faut la jouer en riant »
  • "Ses yeux ... ce fut longtemps ce qu'il connut d'elle. Beaucoup croient qu'il a été séduit par sa voix et c'est naturel quand on connait la suite de l'histoire. Mais il a fallu longtemps pour qu'il en entende le timbre et déjà tout était joué. En réalité, c'est son regard qui l'a frappé au cœur. Moi qui ai rencontré Ludmilla dans son grand âge, j'ai subi la même fascination pour ce regard".

L'auteur

Jean Christophe Rufin est né le 28 juin 1952.

Médecin humanitaire, il a beaucoup voyagé. 

Il est l'auteur de plusieurs romans :

- L'abyssin

- Rouge brésil (prix Goncourt en 2001)

- Le tour du monde du roi Zibeline

- Check point

- Le suspendu de Conakry

- Et donc, Les sept mariages d'Edgard et Ludmilla

Il est membre de l'Académie française.

Commentaires

Guillaume Tétreau
Le 14 déc. 2020
à 00h31

Je viens de profiter de la sortie en édition de poche.
Au milieu de livre plus sérieux et plus difficiles à lire, celui ci a quelque chose de reposant, vaguement euphorisant pour le lecteur du week-end que je suis.

On se laisse emmener. Rien de profond, un style simple et direct. On dirait le Mozart léger des opéras (les Noces de Figaro et Cosi fan titre) qui est au répertoire de Ludmilla à ses débuts de cantatrice, Comme l’indique l’auteur dans sa postface, c’est davantage le ton du conte, même s’il essaie de donner un contexte de reportage et de réalité. À cet égard, contrairement à ce qu’écrit votre critique, ce ne sont pas les beaux parents de l’auteur mais du narrateur, ce qui est une nuance importante.
Tout conte a une morale. Après bien des péripéties, ce n’est pas qu’il faille cultiver son jardin mais plutôt approfondir son sillon.

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