One Man Show

Pourquoi?

Le "petit fils" de Raymond Devos
De Michael Hirsch
Mise en scène : Ivan Calbérac
Avec Michael Hirsch

Infos & réservation

Le Lucernaire
53 Rue Notre Dame des Champs
75006 Paris
Tél. : 01 45 44 57 34
http://www.lucernaire.fr/
Mercredi au samedi à 21h30 jusqu’au 25 juin puis à Avignon du 7 au 30 juillet

Lu / Vu par

Jacques Paugam
Publié le 31 oct . 2015

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Michaël Hirsch traverse sa vie, de l'enfance ("Dis Pâpâ?") à la vieillesse, à coup de "Pourquoi ?" et sans trop savoir que faire de cette vie.

Choisir ? "Le choix, c'est une ablation d'une part de rêve".

Persuadé d'appartenir à une génération de cobayes, Michaël Hirsch préférerait, semble-t-il, vivre comme un funambule, suspendu entre le ciel et la terre.

Points forts

1 Avec ses yeux bleus, innocents et candides, il y'a quelque chose du Petit Prince chez Michaël Hirsch, mais un Petit Prince qui en  l'espace de quelques secondes peut faire vibrioner les vannes.

2 C'est décalé, intelligent, subtil.

3  Franchement, à certains moments, j'ai cru entendre Raymond Devos jouer avec les mots et leurs  sonorités, en particulier  dans un sketch sur les différentes utilisations du mot plein.

4 Trois temps particulièrement forts:

- un sketch absolument irrésistible sur l'odyssée des hommes couchés, les "homo ça pioncent".

- un poème assassin sur la "religion cathodique" et le culte de l'instant dans le nouveau monde virtuel.

- les deux minutes de fin, d'une très grande poésie, qui donne à l'ensemble du spectacle son unité, une gravité et une profondeur qu'il est rare de rencontrer dans un one man show.

Points faibles

1 Quelques très courtes longueurs, si j'ose dire.

2 Quelques jeux de mots -rares heureusement-, qui font beaucoup rire une partie du public, parce que relevant de la grosse blague mais qui ne sont pas à la hauteur du reste.

Il est vrai que certains regretteront que dans ce spectacle on sourit, presque tout le temps, plus qu'on ne rit à gorge déployée.

Mais ce sont des sourires qui comblent l'esprit...

En deux mots ...

Qui seront trois:

1 Cassandres, passez votre chemin: l'humanisme à la française n'a pas disparu dans la jeune génération, Michaël Hirsch en témoigne.

2 J'imagine le bonheur que Raymond Devos aurait pu éprouver en voyant ce spectacle.

3 En sortant je me suis dit que j'allais essayer de ne plus employer l'expression "One Man Show" mais de dire "Seul en Scène". Chiche ! Au moins huit jours...

Une phrase

"Le plus fidèle ami de l'homme, c'est son point d'interrogation".

L'auteur

Formé par celui qui restera probablement comme le meilleur professeur de théâtre des cinquante dernières années, Jean-Laurent Cochet, Michaël Hirsch reprend ici son premier spectacle, qu'il avait présenté avec un grand succès, pendant six mois, en 2014, au théâtre Les Déchargeurs.

Il le reprend avec quelques enrichissements, au niveau du texte et dans la mise en scène, grâce à la collaboration nouvelle d'Ivan Calbérac.

Ivan Calbérac, touche à tout culturel, romancier ("Venise n'est pas en Italie", cf chronique Culture-Tops du 18 juin 2015), homme de théâtre, cinéaste. Il vient ainsi d'adapter au cinéma sa pièce de théâtre, "L'Etudiante et Monsieur Henri" (cf chronique Culture-Tops du 10 octobre dernier).

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